‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 150 sur 243 · Mot Italien · texte numérisé non relu

Mot Italien

2. Génln, DesTariationM du Iw^gage, etc., p. M; Tsbourot, p. S.

RIMB. 376

textes remplacent ordinairement par une i. On prononçait Ali^ phéni, et non Alix, phénix :

Car il ert ses parons prochains et ses amis : Ses messages envoie^ si a mandé Félii. (albxandhb.) Preudes femmes, par saint Denis, Autant an est que dephénis, (a. ra la aosB.)

Villon fait rimer Alis avec lis, et Marat, Alix ou Alii avec lits. La Fontaine écrit encore Alis, qu'il rime avec paradis.

Dans Villon le mot six rime avec rassis, et dans Marot avec assis.

Au lieu de perplexe^ on écriy sAi perplex, et l'on prononçait perplé. Crétin fait rimer perplex avec pledz.

19^ Pareillement le t final ne se faisait pas sentir.

Sept rime avec il scet {il sait) dans Coquillart et Marot. Huit rime avec bruit dans Villon ; antechrist avec écrit dans Marot.

20° U en était de même du b final :

Dieu m'a fait compagnon à Job, Qu'il m'a tolu à un seul oop

Quaoque j'avoie. rutebkuf.

Jacob rime avec trop dans Villon » et Job avec trop dans Coquillart.

2V Le d final était également insonore. On disait Davi, au lieu de David :

Jusqu'en Gales à saint Davi, Bt là oltre la mer fini, (brut.)

22'' P final était traité de même. On prononçait julé, au lieu dejulep, et souvent même le p n'était pas écrit :

Or ce que me laissa

Mon larroneau, long temps a^ Tai vendu» Et en sirops et julez dépendu, marot.

On voit ici le mot sirop, dont le p est resté muet.

23® S ne sonnait pas, comme aujourd'hui, à la fin des mots grecs et latins : Paphos, Perdiccas, Turmta, Cérès, etc.

376 NOT^s.

Dans TAlexandre, Abpdos rime avec pavots, Perdiecas avec Nicolas et pas. Voici d'autres exemples :

Mais prendre la devoit Tumus; De Toscane ert sires et dus. (brut.) D*alier au chemin de m/u...

Tu es la maison Dédalu, (jubinal.)

Et bien plus tard :

Quefist Cérès, Que fist Isis, Que fist Araigneî L'une les bléz.

L'autre courtilz, L'autre la laine, i. marot.

Reims ou Reins rime avec Lorrains dans Marot ; avec reins dans Coquillart et dans ces vers de Marot :

Au départir de la ville de Reims, Faute d'argent me rend foible de reins.

Sentis, Lorris^ avaient également Vs finale muette :

Et Hébert, li quens de Saint-Liz :

Gens chevaliers*, proz et hardis, bbmoist.

Dans deux vers à rime équivoque de Meschinot, précédemment cités (p. 346), on voit Vhostel rimer avec tas tel; ce qui montre que los se prononçait /o. Cela est confirmé par ce passage de la farce de Pathelin :

Au mains (moins) en avez- vous le hs.

— Si ont ceux qui de camelos Sont vêtus et de camocas.

Le xvu* siècle, qui a réformé la prononciation des rimes devenues fausses, a conservé à tort celle de Titus avec vertns,

24*" Les mots hébreux et latins terminés eu m ou n , sui-

4. Ti'Ue est encore la prononciation dans ce canton trè»-peu fréquenté. Un paysan, à qui je demandais le chemin de Loties, ne me comprit pas; U finit par deviner que Je demandais Ldri. Cette prononciation est analogique : le latin lauriacum donne régulièrement taury ou tory*

% Gentil cheTalier.

vaient la prononciation française : Abraham (àbrahan), fialaam^, Jérusalem ( Jérusalan) , amen, pettem :

N'y avoit tache ni maian :

N'y eut jusqu'en Jérusalem

Femme qui si beau col portât, (a. db la bobb.)

Quand ainsi parles d'Abraham,

Des anciens Eve et Adam, guillbvillb.

BaronSf or faites paix, pour Dieu le tout puissant, Que Jésus-Christ de gloire, qui dedans BethléarU Volt naître de la Vierge, pour nous faire garant. Baudouin.

Assez ai perdu tout cet an :

Dieu le veuille pourvoir 1 Amên, viixon. La garde est prête en moins de dix amen : Et, ce jour, vint faire entrée le roi Dedans la ville et le lieu Felicen. j. mabot. Doutant beaucoup être attrapé cet an :

Ici me tiens, et prends contra pestem. cairiN.

Mais comment se porte Tànesse

Que tu sais de Jérusalem?

S'elle veut mordre, garde l'en, mabot.

Le même Marot a fait rimer Balaam avec ahan, et La Fontaine a conservé la rime d* Abraham avec an. One trace de cette ancienne prononciation se retrouve dans le mot francisé quidam, La Fontaine met en rime quidam et accident.

On prononçait de même te Deum (té Déon) :

Tant et plus bois bohum vinwn charum,

Qu'arons* pour vrai; doncques sans longue attente. mabot.

Les mois factum, factotum, ont longtemps sonné facton, faetoton. Le mot diet&n (latin dietum) a reçu le droit de bourgeoisie en adoptant le costume moderne.

Aujourd'hui tous ces mots ne riment bien qu'avec des mots analogues. On approuve dans Rousseau Jérusalem rimant avec regem.

25* Gne 8*est prononcé ne; nous avons encore un reste de

I. Voyei Génin, Des Variations du langage français, etc., p. 6Î. % Que noua aurons. Ici le mot qu,*aronM doU être un écho de la finale c/iarum.

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