Pasquirr, les Rcclicrches delà tyanec, i. I, p, <»Ki
VERS MOiNORIMES. VVJ
Malherbe, qui les remirent en honneur. La proscription dont il fut longtemps frappé vient certainement de ce qu'on s*imaginait qu'il demandait essentiellement une succession mono* rime. Ce préjugé ne pesait pas sur le vers de dix syllabes , qui régna concurremment avec celui de huit.
E. Pasquier a noté ces phases de l'alexandrin ' : « Et quant aux vers de douze syllabes, que nous appelons alexandrins, combien qu'ils proviennent d'une longue ancienneté , toutesfois nous en avions perdu l'usage. Car lorsque Marot en insère quelques-uns dedans ses Ëpigrammes ou Tombeaux , c'est avec cette suscription : Vers alexandrins, comme si c'eust esté chose nouvelle et inaccoustumée d'en user, parce qu'à toutes les autres, il ne baille point ceste touche. Le premier des nostres qui les remit en crédit, futBaïf en ses Amours de Francine, suivy depuis par Du Bellay au livre de ses Regrets, et par Ronsard en ses Hymnes , et finalement par Du Bartas , qui semble l'avoir voulu renvier sur tous les autres en ses deux Semaines. »
C'est par exception , et dans des morceaux peu étendus , que le système monorime fut appliqué au vers de huit syllabes. On trouve en ce genre des chansons dans le Romancero français et dans le Recueil de M. Le Roux de Lincy.
Cela avait lieu surtout au xv** siècle. Alain Chartier a composé une pièce de vingt-trois octosyllabes monorimes, intitulée Espérance, dont voici quelques-uns :
Homme qui est né sur la terre Foible comme un vaisseau de terre, Naît et vit, et travaille et erre, Pour sa bienheurelé acquère; Qui est mis au monde en grant serre, Ainsi qu*en ces lices de guerre ; La chair Témeut et si Tenferre, etc.
L Eslrif de fortune et raison, par Martin Lefranc , contient sept strophes monorimes. J'en citerai une :