‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 203 sur 243 · Éloigne · texte numérisé non relu

Éloigne

Amours, couleur décolorée, Ris pleurant, enfer glorieux , Félicité très-malheureuse , Paradis méiancolieux, etc.

Mellin de Saint-Gelais a fait aussi dans ce genre une description de Tamour :

C'est un portier qui ouvre sa maison Aux ennemis, et aux amis la ferme, Faisant les sens gouverneurs de raison.

Cest un refus qui assure et afferme, Un affermer qui désassure et nie, Rendant le cœur et inconstance ferme.

Cest un jeûner qui patt et rassasie, Un dévorer qui ne fait qu'affamer, Un être * sain en fièvre et frénésie.

C'est un tromper qui , sous le nom d'aimer, Tient tout en guerre, et tout réconcilie, Sachant guérir ensemble et entamer, etc.

Marot vient clore la liste de ces poètes froidement subtils :

En espérant, espoir me désespère, Tant que la mort m'est vie très prospère , Me tourmentant de ce qui me contente, Me contentant de ce qui me tourmente Pour la douleur du soûlas que j'espère , etc.

Ce faux goût cessa déQnitivement à la fin du règne de Louis XIII. Molière lui a porté le dernier coup avec son fiimeux sonnet, qui semble fait pour l'exemple de Marot :

Belle Philis, on dése-^père Alors qu'on espère toujours.

20* Vers a réponse. — J'en trouve un exemple dans Christine de Pisan ' :

Mon doux ami. — Ma chère dame. — Raconte-moi. — Très volontiers. —

i. Cest le verbe être à rinfinltlf.

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