IV0TE
Madame, pour un fils jusqu^où va notre amourl.. Et Dieu sait bien souvent ce qu'elle en rapporta... fil je ne réponds pas, avant la fin du jour, Que le sénat chargé des vœux de tout l*empire... Contre un amour qui plaît pourquoi tant de fierté?... Je ne sais même enoor, quoi qu'il m*ait su promettre, Sur d'autres que sur mOi si je puis m'en remettre... Tu vois, pour m'arracher du cœur de ses soldats, Qu'il va chercher sans moi les sièges, les coQibats... Je sais à son retour l'accueil qu'il me destine... Il faut de nos destins que Bajazet décide... Sait-il en ma faveur jusqu'où va ton estime... Hélas 1 si tu savois, pour garder le silence. Combien ce triste cœur s'est fait de violence... Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie.
Enfin Molière et Voltaire emploient égaleofient des cou stnictioDS que ne permettrait pas la rigueur de la prose :
Et sais-tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur? mol. Ceux de qui la conduite offre le plus à rire Sont toujours sur autrui les premiers à médire.... Sans cesse il a tout bas, pour rompre l'entretien, Un secret à vous dire, et ce secret n'est rien.... C'est ainsi des fâcheux qu'il faut qu'on se sépare.... Je songe auprès du prince à bien faire ma oour. id. Et Titus, animé d'un autre emportement, Suit contre le sénat son fier ressentiment, volt. Je sais sur son esprit ce que peut l'amitié, ib.
NOTB 22 (page 08).
l** L'inversion de la préposition dsp servant à exprimer le génitif latin , est fréquente chez nos anciens poètes, dans le cas particulier où nous l'avons déclarée condamnable.
Bornons-nous à remonter au xvi* siècle :
Après avoir par bras gladiatoire
Mis sous ses pieds de VêtUsê la gloire. Jé mabot.
Répudiant de guerre le maiiieur. lo.
Que n'ai*je pris d' Atropos le venin ? marot.
Sans lui donner de naître le loiâir...
Certes je sçay que d'ennui les alarmes
T'ont fait jeter mainte fois maintes larmes... Pour venir ci attendre, en paix, de mort le jour. id. S'il gagne, comme toi, des grands princes l'oreille, du bbllay.
2"* Une construction également commune consistmt à séparer les prépositions de leur complément. Ex. :
Ses choses ordonna, pour à Saint* Jacque aller, (jubinal.) S'un hom loue un pasteur pour ses brebis garder... Pour homme garder de dommage, (ib.)
Par, sans cesser, vers les vices nous traire, meschinot.
L'on doit mourir pour son pays défendre, j. marot.
Il ne faut rien, sinon s'évertuer
De sang épandre et faire gens tuer, lb mairb.
Pour ce corps mort conduire en sépulture* xarot.
Mais j'aurois peur de ta mère offenser...
Qu'eussé-je fait, sans de chez moi partir?...
Lui qui lendoit à son roi consoler...
François et lui viennent droit sur la rive
De Loire et Seine, afin de Paris voir. id.
Puis je voudrais en taureau blanchissant
Me transformer, pour sur mon dos la prendre, ronsard. Pour un vers allonger, que ses ongles il rogne, du bbllat. Sans d'autres argumens son poëme allonger, id. Ni pour d'un pèlerin le voyage troubler. baYp.
Bref tous souhaits vous puissent advenir,
Fors seulement d'en France revenir ! passbrat. Et pour avec éclat en retirer ma foi. rotbou. Pour d'un peuple mutin l'audace foudroyer, touvant.
S^" Rien de plus dur que Tinversion avec un réfpme indirect :
Et d'Ixion me fait égal au$ori. roksard. Qui de l'âme et du corps n'aspire qu'au plaisir. thAoph.
4* Aujourd'hui le pronom personnel doit être immédiatement suivi du verbe. Autrefois cette construction n'était pas de rigueur, comme le prouve la formule ;je soussigné, etc. Exemple :
Quant vous à cé jour ne penses, (iuboial.)
Li oeil dont je premier ■ vous vis. jobinal. Que tout maintenant dépouillé N'en soit quant il en la court entre, (ib.) Quand tu des siècles partiras, (a. de la rose. ) TUf pour savoir, pour labeur et pour seing, Jamais n'auras de bonheur un plein poing, m. lefranc.
NOTE 23 (page 110).
Je réunirai dans cette note différentes formes de notre ancien langage , différentes règles de notre ancienne grammaire dont les poètes se sont longtemps servis à titre de licences poétiques.
V Primitivement le mot amour était uniquement du féminin , ainsi que le mot honneur. Cela résultait de la règle générale qui avait permuté le genre de tous les substantifs latins de cette classe : fleur, peur, odeur, valeur, mcsurs, etc. Plus tard le mot honneur reprit son genre ; amour admit concurremment le féminin et le masculin , tant au singulier qu'au pluriel. De cette ancienne licence nous avons tiré une règle capricieuse et peu fondée en raison, par laquelle le mot amour diffère de genre suivant le nombre.
Racine a fait encore un assez fréquent usage du féminin au singulier ; mais je ne pense pas que Boileau en fournisse un seul exemple:
Crainte est obscure, amour est nette et blanche;
Crainte est servile, amour est toute franche, marot. Une plus belle amour se rendit la plus forte, malh. L'empereur qui lui montre une amour inGnie. corn. Mais toute mon amour en elle consommée, id. De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse, rac. Sur la foi d'une amour si saintement jurée... Ait pu porter ailleurs une amour qui m'est due... Ne Ta point averti de votre amour nouvelle, id.