I. Votre Jeunesse
). Celait par imitation du latin, qui omet généralement id devani quod.
Italiens par le simple ^ti^ : la raison en est claire; ce que produirait une amphibologie perpétuelle. Je crois que vous pensez est fort différent de, Je crois ce que vous pensez. Je vois que vous aimez, et, 7e vois ce que vous aimez, ne sont pas la même chose. »
14"^ Jadis Tellipse du pronom était perpétuelle. Les exemples donnés ci-dessus (p. 1 15 et suiv.) nous paraissent suffire.
Nous signalerons particulièrement la suppression du pronom il devant les verbes impersonnels :
Las ! trop 8*en faul qu'il se veuille cacher, maaot. Et ne faut s'enquérir s'il est bien ou mal fait, du bellay. Mon prélat mprt aussi, de ma richesse Ne me resta qu^un petit de jeunesse, id. A tels périls ne faut qu*on Tabandonnne. la font. Qu'ainsi ne soit! Un fat apprivoisé, etc. rouss. Et ne me chault que sa voix théâtrale M'ait de Sénèque épuisé la morale, id.
Le peuple dit encore : faut croire, ne faut pas dire, Marot prodigue Tellipse des pronoms; Ronsard la condamne.
1 5"* Autrefois on disait , en supprimant la négative ne : Sa vez-vouspas ? Dois-je pas ? au lieu de, Ne savez^vous pas, etc.
Vaut-il pas mieux avecquo lui lutter? mol. Voyez-vous point, amis, dedans mes yeux, etc. stgelais. Mais je te pry, dis-moi, est-ce point le dieu Mars? ronsabd.
Ce dernier exemple montre que la suppression de ne était dans les habitudes de la langue ; car la mesure permettait aussi bien de àm n'est-ce point.
Sont ce pas des effets que même en Arcadie, etc. malii. Mais la naïveté
Ciot-elle pas la bouche à leur impiété? id.
Faut-il pas qu'on se persuade, etc. matnard.
Désavoueras-tu pas ces honteux caractères? mairbt.
Sans eux suffit-il pas que le roi vous pardonne? rotrou.
Est-il pas naturel de prendre sa revanche? BSNSfiRAOE. Vous semble-t-il pas bien injuste Que sous Tombrage des lauriers, etc. voiturb.
Mais vous souvient-il pas de cette loi si dure? brébbcp.
510 MOTBS.
Cette manière de s'exprimer avait vieilli du tempa de Louis XIV. Cependant on Vy trouve encore , surtout dans le
style familier :
T'ai-jù pas là-dessus ouvert oent fois mon oosur? MOii. Dis-tu pas qu'on t'a dit qu'il s'appelle Valère? id. Seront-ils point traités par vous de téoiiraires? la font Eh bien! lui cria-t-elle, avais-je pas raison? id. Esther, que craignez-vous? suis-je pas votre frère? bàg. Les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre? ... Sais-je pas que mon sang, par ses mains répandu, etc. m.
C'est encore là une des licences du style marotique que les poètes ont conservée :
Serait-ce pas Apollon delphien? aouss.
Serait-ce point la nymphe de cette onde? volt. Viendra-t-ii pas me demander sa grâce? w.
16* Autrefois le verbe plaire prenait après lui l'infinitif, sans qu'il fût nécessaire d'intercaler la préposition de. Nous avons un reste de cette construction dans la formule judiciaire : Plaise à la cour nC octroyer. Au xvi* siècle cette ellipse était encore d'un usage général :
Et d'une peine au feu toute contraire Lui platt iMer. m arot.
Un cas y a dont te plaira me croire, rabblais. 11 me déplaît par trop vous avoir fait attendre, ptbiuic.
Plus anciennement le régime indirect de plaire se construisait sans la préposition à, et l'on disait : Plaise-vous, c'est-àdire qu'il vous plaise. Ex. :
Enoor les en verrai , si Dex plaist, repentir, (aou.) Plaise-toi par dessus nous mettre Ton œil de grâce et de pitié '.
Aux paroles que je veux dire Plaise-toi l'oreille prêter, marot.
Une foule d'autres verbes se construisaient pareillement avec l'infinitif sans préposition. Voici les principaux : prier, supplier, permettre, commander, convenir, entreprendre, s'ef-