‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 211 sur 243 · BewriêétNêstre^Déme · texte numérisé non relu

BewriêétNêstre^Déme

LICENCES m GRAMMAIRE. 514

forcer, craindre^ jurer, permettre, commencer, etc. Je ne remonte qu'à J. Marot :

Ont entrepris faire telle vengeance, j. marot.

Ainsi craignant perdre d'honneur le les...

Jurèrent lors garder en tous endroits, id.

Me conviendra lui livrer les aasaute. marot.

Vous suppliant l'avoir pour excusée...

Et il permet mes brebis venir paître...

Et leurs chevaux leur commande atteler...

Contraignit lors toutes 8*ea retourner...

Aucunes fois Loyse s'avisoit

Les faire seoir, id.

Commande au temps, père de vérité,

Découvrir tout, pu bellat.

Je vous délaisse , et promets ne sentir

Dorénavant un autre repentir...

A la oour de bonne heure il convient oommeocer. ». Puis des mains, et des pieds, et des veines s'eflforoe Le retirer sur l'eau, ronsaad.

Cet archaïsme est passé dans quelques vers du xvir siècle :

Attends de ma bonté qu'il me plaise tout dire. coui. Je ne crains point faillir, quoi que ma muse die. théopu. Mais que lui sert? il convient tout payer, la font.

IT"" Notre ancienne langue pouvait supprimer de, lorsque cette préposition , placée entre deux substantifs, fait la fonction du génitif latin. Les traces de cette ellipse se retrouvent dans de vieilles locutions : l'Hétel-Dieu, le Cours^la-Reine, rue des Fossés Monsieur le Prince, etc. Ex. :

Ou ert à VHostsl'Dieu porté, (a. de la rosb.) Par le sang Dieu, je ne sais comme. (PATBBLiff.) Née de Pinorérie, 6Ue le roi Guias. (alexanorb.) Mais le mari la dame, qui s'en étoil allé, (jubinal.)

Robes y or et argent pour l'amour Dieu donnèrent, (ib.)

On trouve bien peu d'exemples de cette ellipse au xvi« siècle :

Jadis conçue au cerveau Jupiter, j. marot. Et trop plus furieuse que la masse Hercules*, id.

I, La masMie d'Hercule.

Toute semblable aux filles Jupiter, uAnor. Que je prenois en la maison mon père, id.

NOTE 24 (page 127).

L'abbé d'Olivet, traitant un point de la question, celui des voyelles nasales , contient un passage trop précieux pour que je ne le cite pas presque en entier :

« Il me reste à parler de Teifet que font certaines terminaisons sourdes ou nasales, lorsqu'elles se trouvent devant un mot qui commence par une voyelle , comme dans ce vers :

Ah 1 j'attendrai longtemps, la nuit est loin encore.

• Je commence par dire que cette observation ne regarde pas ceux qui écrivent en prose ; car la prose souffre les hiatus, pourvu qu'ils ne soient ni trop rudes ni trop fréquens... Mais il s'agit ici de ce qui doit être permis dans les vers. C'est aux poètes à examiner si , dans le choc des syllabes dont nous parlons, il n'y a pas cette sorte de cacophonie que l'on doit appeler hiatus , puisqu'elle ne peut être sauvée ni par l'élision, ni par l'aspiration. Je vais donc leur remettre sous les yeux ce que feu M. l'abbé de Dangeau , excellent académicien , a parfaitement bien remarqué dans son Discours des voyelles, savoir : que nos cinq terminaisons an, en, in, on, un, sont des sons simples, et de véritables voyelles, dont pair conséquent la rencontre avec d'autres voyelles fait des bàillemens qui ne sont pas supportables dans le vers.

« Remarquez, dit-il, ce qui arrive à ceux qui récitent sur «( le théâtre ou qui veulent chanter. Quand un musicien vou- « dra chanter ce vers :

Ahl j'attendrai longtemps, la nuit est loin encore. « il fera tout ce qu'il pourra pour éviter le bâillement : ou il « prendra une prononciation normande , et dira , La nuit est « loin-n-^ncore ; ou il mettra un petit jr après loin, et dira, « La nuit est loing encore; ou il fera une petite pause entre

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