‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 28 sur 243 · En réponse à une pièce analogue du marquis de VUlette · texte numérisé non relu

En réponse à une pièce analogue du marquis de VUlette

SUCCESSION DBS RIMES. 77

Vos vers sensés et très-plaisans, Plus i*y vois un fonds de doctrine Tout propre à messieurs les savans, Non pas à messieurs les pédans, De qui la science chagrine Est i*éteignoir des sentimens.

Adieu : réunissez longtems La gatté, la grâce si fine De vos folâtres enjoûmens, Avec ces grands traits de bon sens Dont la clarté nous illumine.

Vous n'oubliez pas les absens :

C'est pourquoi je me détermine A vous ennuyer de mes ens.

Entrelacés avec des ine.

On retrouve daûs cette pièce toute la facilité de Voltaire'; mais il est rare que la gène imposée par ces petits tours de force ne nuise pas à la pensée.

Quelquefois le poëte s'impose Tobligation de reproduire non-seulement les mêmes rimes, mais encore les mêmes mots à la fin de chaque vers. Ainsi du Bellay a fait un sonnet , c'est-à-dire quatorze vers, qui finissent tous par Tun des deux mots vie et fnart\ Ces jeux d'esprit n'ont guère de mérite que celui de la difficulté vaincue.

11 arrive assez souvent que Tune des deux rimes seulement est redoublée. On lit dans La Fontaine une dédicace, de 22 vers, dont toutes les rimes masculines sont en is. En voici deux stances ou couplets :

Pour plaire au jeune prince' à qui la Renommée

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