I. Voyei, à la fin du volume, la note
S. Béranger a compoeë une chanson de sept couplets , dont chacun repixH duit les rimes suivantes et dans cet ordre : dievalier, ^Up geôlier, tou" relie, chevalier,
%» Le duc de Bourgoane.
7B Gnii»iTR8 y II.
Destine un temple en mes écrite.
Gomment compoeerai-Je une fable nommée Le Chat et la Sùim$?
Dois-je représenter dans ces vers^une belle, Qui, bonne en apparence, et toutefois cruelle, Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris, Gomme le chat de la nourisf
Madame Deshoulières a fait, pour remplir un défi, plusieurs pièces dont les rimes féminines sont en ailles, en cilles^ en ille, en ouille. Voici le commencement de Tune :
Si ma voix avoit les doux sons
Des Malherbes et des Corneilles^ Louis serait toujours Tobjet de mes chansons.
Quel plus beau sujet de mes veilles,
Qu*an grand roi de qui tous les jours
Ne sont qu'un tissu de merveilles.
Et de qui Tair et les discours Pont entrer dans les cœurs un million d^amours
Par les yeux et par les oreilles?
5** On trouve même des pièces monorimes ', c'est-àdire dans lesquelles il n'a été fait usage que d'une seule rime* Cette manière d^accumuler ainsi la même oonsonnancefinaleremonteàune époque très-reculée : c'est le système de nos anciens poëmes héroïques '•
Rarement, dans une pièce à rimes mêlées, l'auteur entame une tirade de vers monorimes. En voici un exemple extrait du Voyage de Chapelle et Bachaumont :
S«r4e-«hamp, au lieu de se taire,
h Oêttet,^9MVAca<ltaiie ii*i pas encore reconmi, est ftdnris dus tous les IMlâlspéQlMX et par tons les crHIques. B est nécessaire et fonné solrant l'analogie {monorhythme).
)* Voyei la note à la fin du volume^
8UGGE66I0K BËB HIMES. 79
Plus haut encore on murmura.
Le dieu lors en Airiê entra ; Son trident par trois fois serra, Et trois fois parle Styx jura * c Quoi donc! ici l'on osera Dire * hautement ce qu'on voudra !
Chaque petit dieu glosera Sur ce que Neptune ferai Per Dio, questononsarà*.
Chacun d'eux s'en repentira, Et pareil traitement aura ; Car deux fois par jour on verra Qu'à sa source on retournera, Et deux fois mon courroux fuira; Mais plus loin que pas un, ira Celui qui, pour son malheur, a Causé tout ce désordre^à; Et cet exemple durera Tant que Neptune régnera. »
Ordinairement ce système est conservé dans une pièce entière.
Le Franc de Pompignan a inséré dans son Voyage de Languedoc et de Provence un morceau sur le château d'If y dont tous les vers sont terminés en if:
Nous ftkmee donc au château d'If.
C'est un lieu peu récréatif.
Défendu par le fer oisif De plus d'un aoldat maladif, Qui, de guerrier jadis actif, Est devenu garde passif.
Sur ce roc taillé dans le vif, Par bon ordre on retient eapCif Dans reMethte d'un mur Esprit libertin, cœur rétif Au salutaire oorreetif
i. L*^ aspirée rend le ven Qnix.
Si Par Dieu, cela ne im paa.
90 CHAPITRE Vil.
D'ua parent peu persuasif.
Le pauvre prisonnier pensif, A la triste lueur du suif, Jouit, pour seul soporatif, Du murmure non lénilif Dont rélément rébarbatif Frappe son organe atlentif.
Or, pour être mémoratif De ce domicile afflictif, Je jurai d'un ton expressif De vous le peindre en rime en if.
Ce fait, du roc désolatif Nous sortîmes d'un pas hâtif.
Et rentrâmes dans notre esquif, En répétant d'un ton plaintif :
Dieu nous garde du château d'If !
Ces rimes sont accolées par force, et amènent des mots presque barbares : l'auteur montre qu'il est à
la torture.
Mais voici une petite pièce de Collin d'Harleville , qu'on trouvera pleine de facilité, de correction et de grâce. Elle a pour titre : la Bonne Journée :
Un pauvre clerc du parlement, Arraché du lit brusquement, Cîomme il dormait profondément, Gagne l'étude tristement; Y griffonne un appointement.
Qu'il ose interrompre un moment, Pour déjeuner sommairement; En revanche écrit longuement, Dîne à trois heures sobrement, Sort au dessert discrètement.
Reprend la plume promptement Jusqu'à dix heures... seulement; Lors va souper légèrement, Grimpe, et se couche froidement Dans un lit fait négligemment, Dort, et n'est heureux qu'en dormant.
Ahl pauvre clerc du parlement l