I. Cette humeur
Il est extrêmement rare de trouver des pièces procédant successivement par trois rimes semblables'.
Deuxième remarque. Quelquefois on voit se succéder plusieurs rimes masculines ou féminines diffé* rentes. Cela se rencontre dans quelques pièces de peu d'étendue, comme des épigrammes^ des impromptu, des chansons :
Qu'on parle mal ou bien du fameux cardinal, Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien : Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal; Il m'a fait trop de mal pour en dire du bien. cobn.
Malherbe a composé des stances destinées à être mises en chant % dont toutes les rimes sont masculines. Voici la première :
Objet divin des âmes et des yeux,
Reine, le chef-d'œuvre des deux, Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer?
Les poètes de cette époque faisaient souvent, pour la musique , des vers uniquement à rime masculine, et Ton trouverait des couplets sur ce modèle dans des auteurs plus modernes'. Quoique les rimes masculines offrent quelque avantage à la musique, elle s'accommode aussi du mélange des rimes, moyennant quelques précautions. On doit donc rester fidèle à la règle générale.
Malherbe a fait une chanson toute en rimes féminines :