‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 39 sur 243 · Voyez la fin du chapiUre suivant · texte numérisé non relu

Voyez la fin du chapiUre suivant

7"* Très-rarement aujourd'hui noire langue transpose le régime direct, c'est-à-dire le place avant le verbe*. Nous disons bien : Le bruit quoj^ entends, je la vois, pour tout dire, sans rien omettre j à pierre fendre; mais la poésie n'a point, à cet égard, d'autres privilèges que la prose. On ne mettrait plus, avec Malherbe :

Un courage élevé toute peine surmonte.

Cette inversion se voit encore sous Louis XIII. Elle s'est conservée dans le genre marotique^.

Remarque. Autrefois on pouvait, au prétérit indéfini, placer le régime direct entre Tauxiliaire et le participe : alors le participe s'accordait avec le régime qui précédait. Nous disons encore : l'ai tout vu y je n'ai rien entendu; mais nous ne dirions plus : J'ai la maison vue, au lieu de, j'ai vu la maison. Rien de plus fréquent, jusqu'à Boileau et Racine, que la première de ces deux constructions' :

Ont aux vaines fureurs leurs armes arrachéez. malh. Il est de tout son sang comptable à la patrie; Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie, corn. Mais vous avez cent fois notre encens refxtëé. la font.

Elle n'est plus permise aujourd'hui.

8"" Une épithète, simple ou complexe, régie par un verbe, peut, en poésie , se placer avant ce verbe, pourvu que cette transposition ne produise pas d'ambiguïté :

Que, semblable à Vénus, on Testime sa sœur, rkgnier. Et, qtMique tout meurtri ^ mon àme encor Tadore. rotrou.

Page 1