‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 50 sur 243 · Berceau · texte numérisé non relu

Berceau

2. On pourra en \o\r U'autrt'S à la fin du loluuie , uole 2Zi

En son giron jadis me nourrissoit Douce fortune.

Certainement si bien ferme vous n'êtes... La terre encor du soc on verra fendre ; Villes et bourg& de murailles défendre.

Il Bupprime fréquemment les pronoms personnels :

S'ainsi étoit, pour Taller voir seulette,

Souvent ferais de ma lance houlette ;

Et conduirois, en lieu de grans armées,

Brebis aux champs côtoyés de ramées :

Lors la verrais séant sur la verdure;

Si lui dirais la peine que j'endure

Pour son amour...

Si recevez un plaisir , je le sens...

Car si de joie ensemble jouissons...

En son giron jadis me nourrissoit

Douce fortune , et tant me chérissait ^

Qu'à plein souhait me faisait délivrance

Des hauts honneurs et grands trésors de France...

Las ! trop s'en faut qu'il se veuille cacher.

Pour, je ferais, etc., vous recevez, now5 jouissons^ elle chérissait , etc

Il se sert des adverbes doncques ou doncque, adonC" qiies et adoncy oncques, ores ou ore^ las, lors, /a, etc.

La tournure naïve de Marot a paru assez séduisante pour qu'on empruntât son langage^ depuis longtemps vieilli.

Le marotisme, employé avec choix et sobriété dans les genres qui le comportent, tels que le conte, V6^ pigramme, Tépître badine, et tout ce qui tient au genre familier, contribue à donner au style de la naïveté et de la précision. La Fontaine en a fait usage avec succès dans ses contes, et Ta judicieusement exclu de ses fables, où la morale et la raison n admettent point cette bigarrure, et où les animaux qu'il

introduit devaient parier la même langue. Voltaire s* en est servi de mémei avec ce goût exquis qui savait distinguer les nuances propres à chaque sujet. Le style marotique permet de retrancher les articles et les pronoms, comme on les retranchait au temps de Marot, ce qui donne à la phrase un tour plus vif. Il permet une espèce d'inversion qui ne va pas au style sérieux y et quelques constructions anciennes que notre langue empruntait du latin, avant qu*elle eût une syntaxe régulière. Ces formes vieillies ont l'avantage de nous rappeler le premier caractère de notre langue, qui était la naïveté; et d'ailleurs, tout ce qui est ancien prend à nos yeux un air de simplicité, parce que Télégance est moderne'.

La Fontaine est peut-être Tauteur qui a le plus contribué à ressusciter la langue de Marot*. Rousseau et Voltaire ont suivi ses traces.

Voici quelques constructions empruntées à la langue de Marot :

Inversion du sujet :

A peine fut cette scéfie achevée, la font. Or est le ccls allé d'autre façon, id.

Vous à qui donnèrent les dieux

Tant de lumières naturelles, volt.

One n'avait vu le vrai poh'chitielU Semblables tours, nouss.

Inversion de l'attribut :

A sa Judith Boyer par aventure Ètoit assis près d'un riche caissier :

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