Berceau
2. On pourra en \o\r U'autrt'S à la fin du loluuie , uole 2Zi
En son giron jadis me nourrissoit Douce fortune.
Certainement si bien ferme vous n'êtes... La terre encor du soc on verra fendre ; Villes et bourg& de murailles défendre.
Il Bupprime fréquemment les pronoms personnels :
S'ainsi étoit, pour Taller voir seulette,
Souvent ferais de ma lance houlette ;
Et conduirois, en lieu de grans armées,
Brebis aux champs côtoyés de ramées :
Lors la verrais séant sur la verdure;
Si lui dirais la peine que j'endure
Pour son amour...
Si recevez un plaisir , je le sens...
Car si de joie ensemble jouissons...
En son giron jadis me nourrissoit
Douce fortune , et tant me chérissait ^
Qu'à plein souhait me faisait délivrance
Des hauts honneurs et grands trésors de France...
Las ! trop s'en faut qu'il se veuille cacher.
Pour, je ferais, etc., vous recevez, now5 jouissons^ elle chérissait , etc
Il se sert des adverbes doncques ou doncque, adonC" qiies et adoncy oncques, ores ou ore^ las, lors, /a, etc.
La tournure naïve de Marot a paru assez séduisante pour qu'on empruntât son langage^ depuis longtemps vieilli.
Le marotisme, employé avec choix et sobriété dans les genres qui le comportent, tels que le conte, V6^ pigramme, Tépître badine, et tout ce qui tient au genre familier, contribue à donner au style de la naïveté et de la précision. La Fontaine en a fait usage avec succès dans ses contes, et Ta judicieusement exclu de ses fables, où la morale et la raison n admettent point cette bigarrure, et où les animaux qu'il
introduit devaient parier la même langue. Voltaire s* en est servi de mémei avec ce goût exquis qui savait distinguer les nuances propres à chaque sujet. Le style marotique permet de retrancher les articles et les pronoms, comme on les retranchait au temps de Marot, ce qui donne à la phrase un tour plus vif. Il permet une espèce d'inversion qui ne va pas au style sérieux y et quelques constructions anciennes que notre langue empruntait du latin, avant qu*elle eût une syntaxe régulière. Ces formes vieillies ont l'avantage de nous rappeler le premier caractère de notre langue, qui était la naïveté; et d'ailleurs, tout ce qui est ancien prend à nos yeux un air de simplicité, parce que Télégance est moderne'.
La Fontaine est peut-être Tauteur qui a le plus contribué à ressusciter la langue de Marot*. Rousseau et Voltaire ont suivi ses traces.
Voici quelques constructions empruntées à la langue de Marot :
Inversion du sujet :
A peine fut cette scéfie achevée, la font. Or est le ccls allé d'autre façon, id.
Vous à qui donnèrent les dieux
Tant de lumières naturelles, volt.
One n'avait vu le vrai poh'chitielU Semblables tours, nouss.
Inversion de l'attribut :
A sa Judith Boyer par aventure Ètoit assis près d'un riche caissier :