Dulard
4. Il faut dire simplement en général, parce qu'on U-ouve aussi quelques
vers monosyllabiques fort coulants :
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. rac. Mon fils n'a plus de père, elle jour n'est pas loin. ro.
Ah 1 ce n'est pas ses soins que je veux qu'on me die *. coin. Soit qu'elle eût même en lui vu je ne sais quel charme, hac. Un feu qui de mes sens est même encor le mattre. volt.
Les mots tirés de langues étrangères qui ont leur désinence en em, am, us, asj es, is, os, etc.^ et qui se prononcent comme s'ils étaient terminés par un e muet, tels que Jérusalem, Brutus, Cérhs, Paris, Minos, ont quelque dureté lorsqu'ils sont suivis d'une consonne : Jérusalem sera, Bruius croit. Ex. ;
J'ai cru q\i*AnHochus les tenoit éloignés, corn. Tout le peuple en murmure , et FiSix s'en offenso. lo. Et suivant de Bgcchus les auspices sacrés, boil. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille, hac. ifinos juge aux enfers tous les pâles humains... Burrhus conduit son cœur, Sénèque son esprit... Mais moi, qui de ce soin sur Calchas me repose, m. Laï'u» qui connaissait son zèle et sa prudence, volt.
Suivis d'une voyelle , ils deviennent doux, parce qu'alors il se fait une espèce d'élision :
Et si Flaminius en- est le capitaine, corn. Et de David éteint. rallumer le flambeau, bac. Ses peuples dans vos fers , Priam à vos genoux... Dieu fit choix de Cyrw, avant qu'il vit le jour... Les dieux ont à Calchas amené sa victime... Vous que mon bras vengeoit dans Lesbos enflHmmé<». . De Jacob avec Dieu confirmer l'alliance. id. L'ombre du grand LaUus a paru parmi nous. volt.
La SeîDe, au pied des monts que son flot vient laver, boil. Pour me plaindre à la cour qu'on ne fait rien pour moi. mol.
Du reste, en parlant ci-après de T Accent, nous dirons d*où vient précisément la dureté des vers monosyllabiques , que déjà Ronsard avait conseillé d'éviter.
i. Voltaire critique avec raison ce vers du même poète : Car Je crois que tu sais que quand l'aigle romaine.
« Tout écrivain, dit-il, doit éviter cet amas de monosyllabes qui se heurtent, car, que, quand, »
DE L HÀRlf01<IIK. 125
Qoelquetbis un seul mot est choquant à Toreille ' :
Ne perds- je pas assez, sans doubler l'infortune ? cobn. S*il les txitfic^ s'il parvient où son désir aspire, id.
Tout ce que je sens Je Texprime;
^esens-je plus rien? je finis, la mottk.
Et jamais elle n'est plus pure
Ou*où le travail a moins de part. m.
La Harpe blâme quelque part l'emploi en vers des prétérits définis brisâtes, remplîtes,
2" La répétition de la même lettre dans une suite de mots:
Mais quoi? de quelque soin qu'incessamment il veille, malu.
Que quelque amour qu'elle ait, et qu'elle ait pu donner, corn
On n'a tous deux qu'un cœur qui sent mêmes traverses...
Et cesse de devoir, quand la dette est d'un rang...
Mon cœur te résistoit, et tu l'as combattu, id.
Qui changeant sur ce plat et d'état et de nom. boil.
Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie. id.
De toutes parts pressé par un puissant voisin, bac
De ceux que ceint Téthys et l'Océan encore, la font.
Mon fouet étoit usé; j'en retrouve un fort bon...
Quand il en auroit eu, ç'auroil été tout un. id.
Pourquoi ce roi du monde , et si libre et si sage .
Subit-il si souvent un si dur esclavage ? volt.
Ingrat à tes bontés, ingrat à ton amour...
La nature félonne et ne t'attendrit pas...
Tout art t'est étranger : combattre est ton partage...
Qu'il commande à sa fille, et force enfin son choix*, id.
Travail toujours trop peu vanté, la mottk.
Jusqu'en quel climat la boussole...
1. « /e rouir ot ne se dit plus... Pourquoi rinfiniur ouïr «st-ll reste, H le présent est-il proscrit? La syntaxe est toujours fondée sur la raison : Tusage et Tabolltlon des mots dépendent quelquefois du caprice ; mais on |)eut dire que cet usage tend toujours & la douceur de la prononciation. Je Poit, foit, est sec et rude : on s'en est défait insensiblement. • (Voltaibf. )