CHAP. XI. DB L HARMONIE
Potier fut toujours juste, et pourtant respecté. Souvent on l*avoit vu, par sa mâle éloquence, De leurs emportemens réprimer la licence. Et, conservant sur eux sa vieille autorité, Leur montrer la justice avec impunité, volt.
Ces taches se trouvent dans les plus grands poëtes *•
11^ Certaines rimes sont désagréables à Toreille. Tels sont les prétérits définis et les imparfaits du subjonctif: mites, reçûtes ^ vîmes ^ flattasse , reçusse.
La Harpe relève dans La Motte une foule de rimes étranges et choquantes : strophe ^ apostrophe; Zoroastre, astre f évoque, époque ; exacte , acte; enthousiasme, pléonasme; lOy Clio; secs y Grecs, etc.; et dans Favart celle de dénote et compatriote '•
Voltaire critique dans ÏOde sur la prise de Namur, par Boileau, les rimes dépiques et briques, qu'il trouve avec raison d'un effet très-désagréable.
Nous dirons la même chose de la rime sea>e et perplexe j dont s'est servi le poëte La Chaussée.
i. Dans un passage de Bajazet (1,4), pendant quatorze vers, toutes les rimes masculines sont en é.
2. « Ces rimes en ote, désagréables par ellesHnémes, le sont bien plus dans un langage sérieux où l'on veut mettre de l'Intérêt >
NOMBaB, CADENCB, BHTTBXBt AOCBNT.
Le nombre est une succession de syllabes réunies dans un petit espace de temps distinct et limité. L'ensemble des nombres d'un vers en forme la cadence, lerhythme.
]| y a dans les nombres d'un vers, comme dans ceux de la prose ^ des syllabes sonores et des syllabes sourdes, accentuées et non accentuées, des temps forts et des temps faibles.
Les vers français, comme ceux de toutes les langues modernes , exigent certains temps forts , ou , ce qui est la même chose, certains accents.
Une oreille tant soit peu exercée sent le besoin de cette harmonie , bien qu'on en ignore généralement la source.
Nous avons déjà indiqué deux accents nécessaires au vers alexandrin , celui de Thémistiche et celui de la rime. 11 en a encore deux autres, dont la place varie *.
Ces nouveaux accents se placent :
Dans le premier hémistiche, sur Tune des quatre
premières syllabes ; Dans le second, sur la septième» la huitième, la
neuvième ou la dixième.