‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 61 sur 243 · Voyei la note à U fin dn volume · texte numérisé non relu

Voyei la note à U fin dn volume

DE LÀ CÀDEMGE. 141

Cher enfant? Eai-iu fils de quelque saint prophète? aac.

Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir,

Peuple ingrat? Quoil toujours les plus grandes merveilles...

Mourez donc, et gardez un silence inhumain...

Juste ciel! tout mon sang dans mes veines se glace, id.

Repos aprèa qaatre syllabes :

Voici notre heure : allons célébrer ce grand jour. bac. Non, je ne puis : tu vois mon trouble et mon effroi... Je suis prête : je sais une secrète issue... Rassure^vous : le ciel a voulu voua le rendre... Où laissé-je égarer mes vœux et mon esprit? Je iai perdu ; les dieux m'en ont ravi Tusage. id.

Ces nouvelles césures , et d'autres encore , que Ton place dans le second hémistiche , sont plus ordinairement employées pour produire quelque effet d'harmonie imitative. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.

Caj)engb de la période. — La cadence se fait sentir non-seulement dans un vers, mais encore dans une suite de vers. Rien ne serait plus monotone que les vers alexandrins , si chacun isolément renfermait une idée , ou s'ils tombaient deux à deux. L'art consiste à faire disparaître la monotonie , en donnant plus ou moins d'étendue à la phrase poétique.

(c 11 faut, dit Voltaire, que les vers ne marchent pas toujours deux à deux ^ mais que tantôt une pen* sée soit exprimée en un vers, tantôt en deux ou trois, quelquefois dans un seul hémistiche : on peut étendre une image dans une phrase de cinq ou six

4. Il 8*e8t moqué quelque part de cette saccessioo de repos uoUbrmei t

De deux aleitodrios cftte à c6te loarchant, L'un aerre pour U line ei l'autre pour le séné.

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vers, ensuite on en renferme une dans un ou deux : il faut souvent finir un sens par une rime, et commencer un autre sens par la rime correspondante. » Cette harmonie savante et variée, cette connaissance profonde de tous les effets du rbythme n'appartient qu'aux grands écrivains.

Notre poésie admet les périodes riches et nombreuses. Racine est le meilleur modèle pour enseigner à les distribuer :

Faut-il le transporter aux plus affreux déserts?

Je suis prête : je sais une secrète issue

Par où , sans qu'on le voie , ei sans être aperçue»

De Cédron avec lui traversant le torrent,

rirai dans ce désert où jadis en pleurant,

Et cherchant comme nous son salut dans la fuite,

David d'un fils rebelle évita la poursuite.

Voici un autre exemple qui est également extrait

A*Athalie :

Jéhu, qu'avoit choisi sa sagesse profonde , Jébu , sur qui je vois que votre espoir se fondo» D*un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits : Jéhu laisse d*Achab TalTreuse fille en paix , Suit des rois d'Israël les profanes exemples, Du vil dieu de TÉgypte a conservé les temples^ Jéhu sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souflHr, N'a , pour servir sa causa et venger ses injures, Ni le cœur assez droit ni les mains assez pures.

Dans les vers à rimes mêlées , il y a un art particulier de prolonger la période d'une manière harmonieuse. On le reconnaît notamment dans Gresset. Témoin ce passage de la Chartreuse :

Sur cette montagne ampestée Où la bel» longowseioltéa

DR LA CADEmE. 443

Trtiiê MHS came et sans npoi, Vers ces demeures odieuses Ou régnent les longs argumens Et les harangues ennuyeuses, Loin du séjour des agrémens; EoOo pour ûxer voire vue»

Dans cette pédanlesque rue Où trente fuquins d'imprimeurs, Avec un air de conséquence, Doooent froidement audienea A cent faméliques auteurs, Il est un édiûce immense Où, dans un loisir studieux, Les doctes arU forment Tenfanos Des fils des héros et des dieux :

Là , du loit d'un cinquième éiaf»

Qui domine avec avantage Tout le climat grammairien, S*élève un antre aérien, Uo astrologique ermitage.

Qui paratt mieux, dans le lointain « Le nid de quelque oiseau sauvage Que la retraite d'un humain.

C'est pourtant dans cette guérite, Cest dans ce céleste tombeau , Que votre ami , nouveau StylilOi A la lueur d'un noir flambeau , Penché sur un Ut sans rideau i Dans un déshabillé d'ermite, Vous griffonne aujourd'hui sans fardi Et peut-être sans trop de suite, Ces vers enfilés au hasard ; Et tandis que pour vous je veille Longtemps avant l'aube vermeille, Empaqueté comme un Lapon, Cinquante rats à mon oreille Ronflent encore eniaux-bourdon.

Cette période, qui est très-étendue , marche sans la moindre gène : Tharmonie en est variée, les re-

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