I. Amar (édition dasdquede BoUeau
% Amar.
3. « Ces rimes sonores, mais qui se perdent en sons maigres, le battement réitéré du t sur la syllabe suivante, font entendre le carillon monotone de ces petites cloches. » (Akaiu)
4. Outre remploi de la lettre r, U y a Id rhenreux effet de rhlatus. Nous en parlerons d-après.
H, c Quand l'Imitation demande de la rudesse dans les soos, nos bons poètes savent appeler les consonnes à leur secours, et dire, pour dépdndré un monstre s indomptable taureau, etci » (Racinb le lllsi )
148 CHAPITRE Xlll.
Parmi ces tristes voix, sur le rivage sombre,
J'ai cru d'Érope eu pleurs entendre gémir l'ombre.
Dans de nombreux passages ^ Fauteur des Saisons^ Saint*Lambert , prouve une connaissance approfondie de l'art de produire ces effets :
Neptune a soulevé les plaines turbulentes : La mer tombe et bondit sur ses rives tremblantes; Elle remonte, gronde, et ses coups redoublés Font retentir Tabime et les monts ébranlés.
La mer tombe et bondit... Elle remonte, gronde. Ces deux hémistiches ne font-ils pas entendre le bruit du flot qui heurte le rivage , ou qui est refoulé vers la haute mer ^ ?
La peur, l'airain sonnant, dans les temples sacrés Font entrer à grands flots les peuples égarés... Mais des traits enflammés ont sillonné la nue, Et la foudre en grondant roule dans l'étendue ; Elle redouble, vole, éclate dans les airs. id.
Â-t-on jamais mieux rendu Teffet du tonnerre, dont le son se prolonge dans Téloignement, que dans ce vers admirable : Et la foudre en grondant ', elc.
Roucher a recherché avec affectation des imitations de ce genre; mais il offre aussi beaucoup d'exemples qui sont justifiés par le goût :
La foudre qui sous lui roule, gronde et se brise... A la voix du tonnerre, au fracas des autans... Cependant qu'à leurs pieds les flots encore errans S'étendent en marais ou roulent en torrens... A l'aspect de ces monts suspendus en arcades. Et du fleuve tombant par bruyantes cascades, Et de la sombre borreur qui noircit les forêts.
i. La Harpe {Cour$ de Littérature, U VllI , p. SU ). 3. LaBarpe(/&td.,p. 100).
HARMONIE IMITATITE. 149
Ija Harpe loue ce vers expressif du même poëte, ptirlant d'un fleuve débordé :
Il bat de tous ses flots la voûte qui l'oppresse.
Delille imite ainsi le bruit du canon :
Bt le bronze et rairain tonnant dans les combats.
Il rend par un vers heureux Timpression d'une saveur désagréable :
D'un acide piquant aiguise eneor l'aigreur.
T L'emploi de la lettre s conviendra quand le poète voudra exprimer un sifflement, un bruit aigu :
La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'offense, Fait siffler ses serpens, s'excite à la vengeance, soil. Ils viennent : je les vois; mon supplice s'apprête : Quels horribles serpens leur sifflent sur la tètel id. Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos tètes? bac
Cet art n'était pas inconnu à La Fontaine , quand il décrivait ainsi les efforts de Borée :
Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon,
Fait un vacarme de démon, Siffle, souffle, tempête...
Entendez le mulet portant Targent de la gabelle :
Il marchoit d'un pas relevé, Et faisoil sonner sa sonnette.
On trouve une semblable intention dans ce vers de la Henriade :
L'air siffle, le ciel gronde, et l'onde au loin mugit, volt.
Boileau s'est servi de la même lettre pour exprimer Timportunité d'un pédant :
Cestun pédant qu'on a toujours à ses oreilles '.
I. « Il faut remarquer, écrit J.-B. Rouiseau à Broiiette, le choix des syllabea au second hémistiche, qui font une image du aUSement Importun h la
150 CflAfITRB Xtif.
3* Nous avons dit*qu*il fallait éviter des rimes masculines et féminines présentant successivement la même consonnance. Mais si le poëte parvient à imiter un bruit par cette uniformité de désinences^ ce qui serait en général un défaut devient un mérite. On a loué ce passage de Racine :
0 mont de SinaY, conserve la mémoire, etc.
Dis-nous pourquoi ces feux et ces éclaira. Ces torrens de fumée et ce bruit dans les airSj
Ces trompettes et ce tonnerre :
Vonoit*il renverser l'ordre dee élémeiut
Sur ses antiques fondemens
Venoit-il ébranler la terre?
Cette harmonie a été imitée par Rousseau ' :
Le roi des deux et de la terre Descend an milieu des éclairs :
Sa voix, comme un bruyant tonnerre, S*est fait entendre dans les airs.
4^ La répétition consécutive de la même consonnance, que nous avons blâmée en parlant de Tharmonie en général, est quelquefois d'un heureux effet. Elle peint une action réitérée ; elle montre un à un tous les détails d'un événement ou d'un portrait :
Français, Anglais, Lorrains, que la fureur assemble. Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble.
[ yOLTAUB.
raison. Nous avons peu de vers dans notre langue, qui expriment, comme oéIaI-<d, It chose par le son. > Il y en a mi asseï grand nombre dans Bdleau.