‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 66 sur 243 · Et aussi par Bernard, dans un chœur de démons · texte numérisé non relu

Et aussi par Bernard, dans un chœur de démons

Brisons toat nos fers ; fibranlons la terre ; Bmbrftsons les airs ; Qu'an fon du tonnerre Le feu des enfers néelare la gverre.

Brisons tons nos fers.

La Fontaine a dit , dans sa fable da YieUlard et

l'Ane :

Il y lâche sa béte; et le grison se rue Au travers de l'herbe menue, Se vautrant, grattant et frottant»

Gambadant, chantant et broutant.

S"* Qaand on voudra peindre des objets riants , gracieux ^ on choisira des syllabes d'une prononciation coulante :

Telle qu*une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes rubis ne charge point sa tôte, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamans, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornemens. boil. Il donne aux fleurs leur aimable peinture;

Il fait nattre et mûrir les fruits;

Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fratcheur des nuits : Le champ qui les reçut les rend avec usure, rag.

Le poëte rapproche quelquefois dans le même cadre deux effets qui contrastent :

Fait des plus secs chardons des lauriers et des roses, boil.

On remarquera avec quel art la douceur du second hémistiche est opposée à la dureté du premier.

J'aime mieux un torrent qui sur la molle arène Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, boil.

Racine le fils, qui a écrit sur V Harmonie imitative, a prouvé qu'il savait joindre l'exemple au précepte. On lit dans son poëme de la Religion :

La branche en longs éclats cède au bras qui Tarrache ; Par le fer façonnée, elle allonge la hache : L'homme, avec son secours, non sans un long effort. Ébranle et fait tomber l'arbre dont elle sort ; Et, tandis qu'au fuseau la laine obéissante

Suit une main légère, une main plus pesante Frappe à coups redoublés l'enclume qui gémit. La lime* mord l'acier, et Toreille en frémit.

Ces vers présentent aussi Tharmonie iraitative du rhythme, dont nous parlerons bientôt.

Le même poëte dit, dans son ode sur l'Harmonie :

Par quel art le chantre d* Achille * Me rend-il tant de bruits divers?

Il fait partir la flèche agile, Et par ses sons sifflent les airs.

Des vents me peint-il le ravage?

Du vaisseau que brise leur rage Éclate le gémissement; Et de Tonde qui se courrouce Contre un rocher qui la repousse Ratentit le mugissement...

Par la cadence de Virgile Un coursier devance Téclair.

Souvent, prêt à suivre Camille, Comme elle je me crois en Tair.

Du bœuf tardif que rien n'étonne, Et qu'en vain son mettre aiguillonne, Tantôt je presse la lenteur ; El tantôt d'un géant énorme La masse lourde, horrible, informe, M'accable sous sa pesanteur.

Nous terminerons par un morceau célèbre que deux de nos poètes ont traduit de Pope ' :

Que le style soit doux lorsqu'un tendre zéphyre A travers les forêts s'insinue et soupire; Qu'il coule avec lenteur quand de petits ruisseaux Roulent tranquillement leurs languissantes eaux.

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