‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 70 sur 243 · Ibid., U VI, p · texte numérisé non relu

Ibid., U VI, p

Et de tous les càiés au soleil exposé,

Six forts chevaux tiroientun coche*.

« La phrase est disposée de manière que l'œil se porte d'abord sur la montagne et sur tous les accessoires qui la rendent si rude à monter : la roideur, le sable, le soleil à plomb; on voit ensuite arriver avec peine les siœ forts chevaux^ et au bout le coche qu'ils tirent f mais de manière que le coche paraît se traîner avec le vers. Ce n'est pas tout : le poëte achève le tableau en peignant les gens de la voiture :

Femmes, moines, vieillards, tout étoit descendu; L'équipage suoit, soufQoit, étoit rendu.

c< On ne peut prononcer ces mots suait, soufflait y sans être presque essoufflé : on n'imite pas mieux avec des sons. »

Mais tout dort, et l'armée, et les vents et Neptune, bac. Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile, m.

Ainsi dans un vaisseau qu'ont agité les flots, Quand l'air n'est plus frappé des cris des matelots, On n'entend que le bruit de la proue écumante *, Qui fend d'un cours heureux la mer obéissante, volt.

Ces deux derniers vers semblent imiter, autant qu'il est possible, le mouvement et le bruit uniforme d'un vaisseau dans une mer calme '•

3^ Les poëtes rendent encore la nature en plaçant à la césure ou à la rime un mot qu'ils veulent faire ressortir; ou bien ils le mettent en saillie à l'aide d'une inversion :

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