ET SUSPENSIONS
1"" Un mot placé à la césure S et habilement détaché du reste de la phrase i peut faire image :
L*onde approche, se brise, et vomit à nos yeux Parmi dea fk>ta d'écume un monstre furieux, rao.
L'effet disparattnût si ces mots ; l'owU ê^roche^ se br\se, formaient le second hémistiobe.
Vers Pari^ella vol$, et d*una audace lainta, etc. aoa.
Le coursier, l'œil éteint et l'oreille baissée,
Distillant lentement une sueur glacée,
Languit, chancelle, tombe, et se débat en vain, ublil^b.
n prie, et le taureau, frappé d'un coup mortel,
Meugle, chancelle et tombe aux marches de TautçL ^ouçaftR.
2"^ Quelquefois plusieurs petits membres Ibrment une phrase brisée, qui semble mettre sous les yeux tous les traits d'un tableau ' :
La Discorde, à ces mots, succombant sousTeffort, Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s^endort. boil. Le sacristain, bouillant de zèle et de courage, Le prend, se cache, approche, et droit entre les yeux, etc... Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, H fuit. id. Mais du haut de la porte enfin bous l'afons vue,
4. Comme nous l'ayons fait iusq^'lçi,, iKQDia appelons citUfX^ U cé«ire exigée, le repos de rhémlstiche dans le grand vers. Qui déalg^o qu«lw#M par ce mot tous les endroits où le vers est coupé : nous avons voulu éviter la confusion, en prenant le terme eétur$ <}ans son açoA U^ plua restreint et le plus ordinaire.
3« Voyes ci-dessus, p. 160.
HARMOHIK miTATIVE. 163
Un poignard à la main» aur Pyrrhus ae eonrbtr, Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber '. bac.
S"* Quoique, en général, une phrase ae termine avec un vers, quelquefois un repos complet est placé à la césure, et le second hémistiche commence une idée nouvelle.
Cette coupe, plus rare, rend Topposition plus sensible :
Fleuret ce sang, pleure^z; ou plutôt sans pâlir Considères l'honneur qui doit en rejaillir, bac. Je vois que rinjustica en secret vous irrite, Que vous avez encore un cœur israëUte : Le ciel en eoit bénit Mais ce secret courroux, Cette oisive vertu, vous en contentez-vous?... Je prodiguai mon sang; tout fit place à mes armes; Je revins triomphani. Mais le sang et les larmes Ne me suffisoieni pat pour mériter ses vttox. ïd. Terminons mes forfaits, mon désespoir, ma vie» Votre opprobre et le mien. Mais si dans les combats J'avais suivi la trace où m'ont conduit vos pas, etc. voLi.
La suspension de Tidée sur Thémistiche exprime aussi la rapidité d'une action .
Une église, un prélat m'engage en sa querelle.
n faut partir, j'y cours. Dissipe tes douleurs, aou*
Tout s'empresse, tout part, La seule Iphigénie,
Dans ce commun bonheur, pleure son ennemie» bac.
Et, laissant faire au sort, courons où la valeur
Nous promet un destin aussi grand que le leur :
Cest à Troie, etfy cùurs ; et, quoi qu'on me prédise, etc. ift.
n y vole, il est pris : ce blé couvroit d'un lacs
Les menteurs et traîtres appâts. Lk font. Il crut que dans son corps eDe avait un trésor ; H Us tua, Vouvrit, et la trouva semblable, etc. n>.
f . Chapelain , dans son poème épique , ottn un exemple de cet effet i
Chioûn baiue et décroît,
S'éloigne, se blanchit, s'eflkoe et dlipêrolt.
BeUoau n*a pas dédaigné de riodter*
i6A CHAPITRE Xlll.
Elle sert encore à rendre une grande image sur laquelle le poëte veut arrêter Timagination :
Une effroyable nuit, sur ses yeux répandue,
Déroba tout à coup ces objets à ma vue ;
La mort seule y parut,,. Le vaste sein des mers
Nous entr*ouvrit cent fois la route des enfers, crébill.
La Harpe trouve cet hémistiche admirable.
V Une suspension y un repos dans Tun des deux hémistiches fixe Tesprit sur cette partie du vers ainsi isolée. Cette coupe est propre à peindre un objet physique suspendu , ou une chute soudaine , ou une action interrompue tout à coup^ ou un fait consommé en un instant.
Coupes dans le premier hémistiche.
COUPS APRÈS DEUX ftTLLABBS.
Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte,
Que dans Tétemité j'aurois lieu de bénir,
La mort; et c*estde vous que je puis Toblenir.coRN.
Tout fuit, et sans s'armer d'un courage inutile.
Dans le temple voisin chacun cherche un asile, rac.
Tentre. Le peuple fuit, le sacrifice cesse, id.
Henri vole à leur tète et monte le premier :
// monte; il a déjà de ses mains triomphantes
Arboré de ses lis les enseignes flottantes, volt.
Malgré ses sifQemens, malgré son fier courroux,
Frappe : déjà sa tète est cachée à tes coups, delille.
Voyez-vous le taureau, fumant sous Taiguiilon,
D*un sang méléd*écume inonder son sillon?
n meurt : l'autre affligé de la mort de son frère, etc. m.
Elle* gagne le bord haletante, courbée,
Se dresse, et secouant les flots de sa toison, etc. rouchri.