‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 75 sur 243 · COUPS APRÈS QUATRE SYLLABES · texte numérisé non relu

COUPS APRÈS QUATRE SYLLABES

As-tu VU quelle joie a paru dans ses yeux?

Combien il est sorti satisfait de ma haine?

Que de mépris ' / th. corn.

Eh &ten, allez, sous lui fléchissez les genoux, boil.

Je meurs plus tard. Voilà tout le prix de ma feinte, rac

I. « 11 y a (dans Ariane) beaucoup de vers dignes de Racine; ceux-ci, par exemple.... Cette césure Interrompue au second pied, c'est'-A-dlre au bout de quatre syllabes, fait un effet charmant sur TorelUe et sur le cœur. Ces finesses de l'art furent introduites par Racine , et 11 n*y a que les connaisseurs qui en sentent le prix. » (Voltaire.)

166 CHAPITRB XIII.

Que les peuples entière dans le sang soient noyés ;

Je veux qu'on dise un jour aux peuples effirayés :

Jl fut des JuiftI.,,

Si ma fille une fois met le pied en Aulide,

EUe êêt morte : Calchas, qui l'attend en ces lieux,

Fera taire nos pleurs, fera parler les dieux, baq.

De deux fils que j'aimai les dieux m'avaient fait père ;

J'ai perdu l'un : que dis-je? Ahl malheureux TituSi

Parle, ai-je encor un fils? volt*

71 veut parkr : sa voix expire dans sa bouche, it.

Coupes dans k second hémisUchê.

OOUPI mJtS hk NKUVikMB STIiLABB.

Pour m'en éclairdr donc, fen demande ; et d'abord Un laquais eflironté m'apporte un rouge-bord. boil. Cependant le prélat, l'œil au ciel, la main nue, Bénit trois fois les noms, et trois fois les remue. D tourne le bonnet, V enfant Ure *, et Brontin Est le premier des noms qu'amène le destin, to. Chacun peut à son choix disposer de son ftme : La vôtre étoit à vous, fespérois ; mais enfin Vous l'avei pu donner sans me faire un larcin, bac. Le ciol brille d'éclaire, s'enin^wme, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous... Achevés votre hymen, fy eonsene; mais du moins Ne forces pas mes yeux d'en être les témoins... Il se lève, il l'embrasse, on se iait ; et soudain César prend le premier une coupe à la main... Je l'ai trouvé couvert d'une affireuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle; mais son gbîI Conservoit sous la cendre encor le mémo orgueil, id.

Tout pâh : la prononciation même vous arrête sur la pâleur, et en même temps le vers remonte par ces mots y mais son œil, et vous porte naturellement

i. « L'action est marquée par ce moaveineot, qui suspend le yen. » (La Babpb.)

HÀRMONIB IMITATIVE. 167

à Fautre vers. Cet art est familier à tous les bons versificateurs ^

La Fontaine', qui connaît si bien toutes les ressources de rharmonie imitative , a fait un beufeux usage de celle-ci :

Je me dévouehii dOnC) B*il hpÊiU; mais je petne Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi. . •

A ses côtés sa femme

Lui crioit : Attends-moi ; je te suis, et mon àme, Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler... Poulets, poules, chapons, toul dormoi^. Le fermier,

Laissant ouvert son poulailler, etc...

Mes jours sont en tes mains , tranche-les ; ta j ustice Cest ton utilité, ton plaisir, ton caprice... Quatre corps étendus! Quê de bienê ! mais pourtant Il faut les ménager; ces rencontres sontrgres.

Voltaire a employé la même coupe avec sUoeis :

Rome remportera , je le sais; mais enfin Je ne puis séparer TuUieetmon destin...

Je pressai son départ , il partit ; et depuis Mes lettres chaque jour ont nourri ses ennuis... Murmurez , plaignez-vous, plaignet-moi ; maispartei... Hélas ! quel est le prix des vertus ? la souflhince.

Ce genre d*e£Fet convient particulièrement dans les narrations et les descriptions :

Tantôt un vaste amas d'effroyables nuages

S'élève, s'épaissit, se déchire, et soudain

La pluie à flots pressés s'échappe de son sein, dililu.

Alors son œil s'enflamme, il gémit; son haleine

De ses flancs palpitans ne s'échappe qu'à peine, m.

Elle ' a percé la nue, elle coule ; un doux bruit

A peine dans les bois de sa chute m'instruit. neuoBBB.

Le peuple et le soldat , tout fuyait. Une femme

S'élance; et d'une voix que la colère enflamme, etc. m.

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