VERS DE SEPT SYLLABES
Le vers de sept syllabes, ou de trois pieds et demi, convient, comme le précédent, à Tépître familière, au conte, à Tode, à la chanson '•
La Fontaine a fait plusieurs fables en vers de sept syllabes. Voici le commencement de celle qui a pour titre : Jupiter et les Tonnerres :
Jupiter, voyant nos fauteg^ Dit un jour du haut des airs :
« Remplissons de nouveaux hôtes Les cantons de T univers Habités par cette race Qui m'importune et me lasse.
Va-t'en, Mercure, aux enfers; Amène-moi la Furie La plus cruelle des trois.
Race que j*ai trop chérie, Tu périras cette fois 1 »
Jupiter ne tarda guère
f . Par exemple :
Il lui est permis qu'il se voue Du tout àioi, et qu'il se loue. . .
Cinq, six, sey t heures et demie L'ef4reliendrai, voire dix ans. . .
Au moins leurs bras ils emploieront A fort piquer, mais ils croiront, eic
1 Voyez la note k la fin du volume.
A modérer son transport.
0 vous, rois, qu'il voulut faire Arbitres de notre sort, Laissez, entre la colère BtToragequilasuit, Uintervalle d'une nuit.
Chaulieu a su mettre dans ce vers, comme dans celui de quatre pieds , Télégance et Tharmonie :
Mais où suis-je? quelle ivresse Hors de moi m'a transporté !
Quel bruit l quel cri d'allégresse, Sur l'aile des vents porté, Vient de frapper mon oreille !
Je vois du port de Marseille Tout le pompeux appareil, Et nos galères parées Faire briller au soleil
Leurs magnifiques livrées.
J'entends ces reines des mers
Des cris de mille coupables
Et de ces voix misérables
Former de charmans concerts.
Je le vois : sur sa galère
Ce général ' est monté :
Déjà son humanité
Dans le sein de la misère
Fait renaître la gaité.
Ce demi-dieu secourable
Vient, dans un séjour affreux,
D'un arrêt irrévocable
Consoler les malheureux,
Sûrs que son cœur pitoyable
De leurs maux se touchera,
Et que, sensible à leurs peines, Ne pouvant briser leurs chaînes, Sa main les relâchera.