Ronfurd associe encore cognoittre et maistre
RIMB. 345
Far une belle nuit, et le voyant tel être. lAÏr.
Volontiers ces follets ont coutume de nef tre» -
Ou dans Tair élevés on les voit apparoOre. m.
Sans demander son nom, on peut le recormoftrB :
Et si ce n'est un poëte, au moins il le veut être, béonibr.
A plus forte raison trouve-t-on postérieurement des exemples analogues :
Une telle insolence ! Avoir osé paroitre
En public ! à ma vue ! Il en mourra, le traître ! corn.
Ainsi, cela soit dit pour qui veut se cannoftre.
Le plus sage est celui qui ne pense point Tètre. boil.
Je veux m'ouvrir le trône ou jamais n'y parotht.
Et quand j*y monterai, j'y veux monter en mettre, rag.
Cest lui-même. Il marchoit à côté du grand prêtre :
Mais bientôt à ma vue on Ta îdMdhparoUre. id.
La belette avait mis le nez à la fenêtre.
0 dieux hospitaliers ! que vois-je ici paroftrt. la font.
Mais, quoi qu'à chaque pas je puisse voir parottre.
En courroux, comme vous, on ne me voit point être. mol.
Sibilet dit positivement qu*on peut rimer estre avec maisire et eognoistre.
D'un autre côté , il est certain que , dans la pi*emière moitié du XVI* siècle , la bivocale oi prenait le son oé. J'ai cité deux verbes qui n'ont pas subi ce changement de prononciation. 11 faut encore excepter les imparfaits et les conditionnels, dont la prononciation, je pense, n'a jamais varié. Mais la révolution atteignit la plupart des autres mots, et principalement les substantifs.
Jacques Péletier , qui , vers 1550, entreprit de noter la prononciation, écrit damoeselle, histoere, gloere, croere. Dans les imprimés de cette époque on voit souvent : de la toele, vn coeie^; un mi rouer, le par louer, etc. Enfin le même fait est confirmé par ces vers de Régnier :
I. Cola se trouve déjà au commencement du xvi* siècle. J*al noté dans Neschinot les mots foeton, moesion, achoeton, et dans VA n det sept damft, toer, que Tauieur rectifie dans Terrata.
L'un avorte avant temps des œuvres qu'il conçùii : Ore il vous prend Macrobe, et lui donne le fouet.
Dès lors cloître ne rima plus avec paroitre. Hais, comme il arrive toujours, cette fausse rime a persisté longtemps lorsque l'oreille la condamnait , parce qu'elle avait pour elle l'approbation des yeux et l'exemple des poètes antérieurs.
Au XV* siècle, et plus tard, on trouve souvent jé vQfi$,je m'en voys, pour je vays; mais primitivement oy avait le son de ay :
Au moustier voy dont suis paroissienne, villon. Disans : Je m'en voys à l'église, coquillaet. Je voy devant, il vient après, meschinot. Je voy par nuit à l'étourdie *• Or a mon Dieu d'en haut ouï ma voix, Et misa fin l'espoir qu'en lui j'avois. Sus, suivez-moi, au temple je m'en voii. luaar.
Toutefois Je m'en vois Dire en sens Que je sens. m.
Et de même je foy s, au lieu de je fais :
Un cheval suffit à la fois.
Au roi une robe, un hostel S'il mengeue et boit ; je le foys Aussi bien que lui; j'ai los tel. meschinot. Je /bys savoir à qui le veut entendre. Rabelais.
Quand la bi vocale ai eut pris un son particulier, cette manière d'écrire vais, fais, n'était plus tolérable, et H. Estienne s'en est moqué :
N'étes-vous pas de très-grands fous De dire chouse, au lieu de chose?...
Et pour (rots mois, dire troas moas?
Pour je fay, ray, je foas, je voas?
Il dit ailleurs : a Quant à quelques autres mots qui sont
4. Traduction de VÀmphitryon de Plaute, par l'auteur de VAn i$$ sep damet.
bons de soy , mais qu'on gaste par quelques lettres qu'on y met au lieu d'autres, ou bien qu*on y adjoute ou oste, il amena pour exemple quand on dit : /e m'en y voy, pour je m'en yvay. Car je voy c'est video, comme je vay c'est vado. »
La Monnoye fait une remarque sur ces mots dans son édition des Contes de Bonaventure des Périers. Or, dormes tout votre saoul; je m'en vois (t. 11, p. 50). « Je m'en vois. A l'antique , pour je m'en vais. Ceux qui disent je m'en vas tiennent de la prononciation de ceux dont se moque H. Estienne, lesquels pour je fais, je vais, disent je foas, je voas, »
Sans prétendre deviner la prononciation de Marot, nous nous contenterons d'établir que la fausse rime du son oi et du son ai est fréquente dans ses poésies. Ainsi il associe les suivantes : prendroit, endroit; faudroit, droit, je voudrois, trois; faimois, mois; il suivoit, il voit; je songeois, joie.
On trouve dans Ronsard : voix avec je pouvois, voit avec pleuvoit, carquois avec sentois, françois (prononcé français) avec lois et rois ;
Dans Régnier : faudroit, adroit ; accordois, doigts ; voulais, lois ;
Dans Malherbe : François (Français), sois.
Cette rime devient plus rare dans les grands poètes du xvir siècle. Les exemples en sont encore trop nombreux , puisqu'alors elle était certainement vicieuse. 11 ne peut y avoir aucun doute à cet égard. On lit dans Port-Royal (1663): « Mais il faut remarquer que les pluriels des imparfaits, comme ils aimoient, ils combattoient, n'ont pas la rime féminine, parce que l'e ne se prononce pas seul, mais ne fait qu'une même syllabe avec Voi, qui doit se prononcer (pour le dire ici en passant) comme ai : aimoient, comme si on écrivoit aimaient; et au singulier de même, aimoit comme aimait, » C'est donc une erreur de croire que ces rimes étaient bonnes du temps de Boileau et de Racine.
Et, sMIavoit affaire à quelque maladroit,
Le piège est bien tendu : sans doute il le perdrait, corn.
Si je le vis jamais et si je le connoi,
— Ne viens-je pas de voir son père avecque toi?...
Vous me parlez en vain de ce que je connoi ;
Je vous ai vu combattre et commander bous moi. cor.'y.
Durant les premiers ans du Parnasse françai$.
Le caprice tout seul fai>oit toutes les lois. boil.
Qu'il s'en prenne à sa muse allemande enfrançoit.
Mais laissons Chapelain pour la dernière fois...
L'honneur et la vertu n'osèrent ^XM^parotirt ;
La piété chercha les déserts et le cloître, id.
Ma colère revient, et je me rtconnois :
Immolons en partant trois ingrats à la fois. hac.
Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit.
— Gomment, c'est un exploit que ma fille lisoit?,.. Va, je t'achèterai le praticien français.
Mais diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits...
Et que plus d'une fois Elle arrêta la Paix, toute prête à descendre
Sur l'empire français *. id.
Il est de done Ignés, à ce que je connoi?
— Oui, je m'en réjouis et pour vous et pour moi. mol. S'il ne songeoit à lui, que Ton le surprendrait ;
Que l'on couchoit en joue et de plus d'un endroit... Tu sais qu'en pareil cas ce seroit avec joie Que je te le rendrois en la même monnoie, n>.
Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois :
C'est proprement le mal français, la font. Mère écrevisse un jour à sa fille disait : Comme tu vas! bon Dieu! ne peux-tu marcher droit?.. Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit
S'amassoit d'une ou d'autre sorte.
L'homme en avoit sa part, et sa bourse en souffrait...
En a, comme on dit, la monnoie.
Pourvu que j'aie cette joie...
Claque des dents, et meurt quasi de froid : Le pèlerin, qui le tout olmwait, etc. id.
Voltaire a souvent critiqué cette rime , et il en a pris Voccasion de justifier son orthographe. Nous approuvons sa critique, sans admettre son explication.