‹ Traité de versification françaiseChapitre 116 sur 212 · I . J*al transcrit Ici tous les exemples de R«r(ne · texte numérisé non relu

I . J*al transcrit Ici tous les exemples de R«r(ne

« On prononçait alors connoi comme on récrivait \ et on le faisait rimer avec moi, toi. Aujourd'hui on prononce connais, et cependant Tusage a prévalu d'écrire connais; c'est une inconséquence, ou je suis trompé, d'écrire d'une façon,

et de prononcer de l'autre On s'est déjà aperçu combien

il est ridicule d'écrire de la même manière les François, qu'on prononce Français, et saint François, qu'on prononce François. Comment un étranger, en lisant anglois et danois, devinera-t-il qu'on prononce danois avec un o et anglais avec un a ? Mais il faut du temps pour corriger un abus introduit par le temps. — Voilà encore connois ou connoi qui rime avec toi. Voilà une nouvelle preuve qu'on prononçait je connois, ou bien je connoi en retranchant la lettre s, comme nous prononçons 7'a/^rçoi5, je vois, loi, roi, tous les oi prononcés conmie écrits avec l'o. Aujourd'hui qu'on prononce, je eonr nais, je parais, je verrais, j'aimerais, il est clair qu'il faut un o. — Rois et Jrançois {français). On prononçait alors /ronçois, anglois, ce qui était très-dur n l'oreille. On dit aujourd'hui anglais, français ; mais les imprimeurs ne se sont pas encore défaits du ridicule usage d'imprimer avec o ce qui se prononce avec a. — Moi, je connoi. On prononce je connais, et du temps même de Corneille, cette dîphlhongue oi était toujours prononcée at dans tous les imparfaits, /avra»^ je ferais; auparavant on la prononçait comme toi, soi, loi. »

On aurait pu croire qu'une rime qui faisait déjà disparate au xvii« siècle , ne se serait pas maintenue au xviii*. Cependant elle y reparaît encore quelquefois :

Nerwinde, où ses efforts guidèrent nos exploits, Éternisent sa vie, aussi bien que la gloire De l'empire français, rouss.

Je la fis en ce même endroit : Je chantois, La Fare écrivait...

Que riliade est un conte plus froid Que Cendrillon, Peau-d'Âne et Barbe-Bleue. Maître Houdard, peut-être on vous croirait, id.

I. VolUirt dit plus bis le contraire, %i avec plut de ralioo.

Ainsi, par la bienveillance

De ce grand roi des Françci»,

Qui déjà dessous tes lois

Avoit remis la Provence, chauliiu.

Qui, toujours entouré d'anchois Pendant sa podagre passée, D'un grand fromage polonois, etc. id.

Rousseau, conduit par Polymnie, Fit passer dans nos vers français Ces sons nombreux, cette harmonie Qui donne la vie et la voix, etc. bernis. Trop resserré dans les bornes d'un cloître. Un tel mérite au loin se fait cotmoUre. gresset.

Voltaire lui-même a fait rimer saint François avec de Charolois, et Lamotte /rawçoîs {français) avec rois.

L'ancienne prononciation , ou du moins la trace de cette prononciation, reparaît dans les rimes suivantes, où la diphthongue oi est accouplée fautivement à un é ou à son équivalent :

Alloit au branle', et, maudit sois-je.

Il étoit aussi blanc que neige, saint-gelais. C'est par un cœur que du mien j'ai fait maître. Voyant en lui toutes vertus occro/fre. marot. Je sais que sais notre flamme telle être. Qu'elle ne peut davantage s'accroitre. baïf. Ce seul espoir adoucit mon angoisse.

Il faut qu'il cesse ou que je prenne cesse, desportbs. Il sera, par l'effort d'une main toujours droite. Libre dans sa prison, vainqueur dans sa défaite, lbvoini. D'abord j'appréhendois que cette ardeur secrète Ne fût du noir esprit une surprise adroite, mol. Par comparaison donc, mon maître, s'il vous plaît, Quand on voit que la mer par l'orage s'accroit,.. Ho, ho! les grands talens que votre esprit possède! Dirait-on qu'elle y touche, avec sa mine froide? id. Quel plaisir d'élever un enfant, qu'on voit croitre Non plus comme un esclave élevé pour son maître, bac.

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