I. J*«i trouvé le inotjuquM dans Eutebcuf ( 1. 1^ p« àO
Mais riche confort vous puet esire , Que vous morrez par ceste destn. (nur.)
Oo voit dans Crétin dextre rimant avec terrestre; dans Marot dextre Bvec/enestre et estre; dans Ronsard dextre avec tnaistre, et adextre avec champestre; dans Baîf dextre avec feneêtre, adextre avec champestre.
Raison : la glose des légistes Lourdement gâte ce beau texte.
Pour cette cause je proteste, marot.
Entre deux voyelles , l'a; se prononçait comme deux $s : on disait, et souvent on écrivait , essemple, essemplaire. Aiessandre, massime. Henri Estienne critique cette prononciation. Nous prononçons encore de la sorte les noms Auxerre, Auxonne, Bruxelles. On disait prolisse, au lieu ieproiixe :
Doncques amour ne peut être propice, Puisque du temps fait une mort prolixe, marot.
12^ A la même époque , le /> ne se prononçait pas devant le t. On dïsaii précette, au lieu de précepte. Les Italiens avaimit généralisé cette prononciation dans leur langue : ils disaient, et disent encore, precetto, scettro.
Dans le Roman de la Rose précepte rime avec faite.
Martin Lefranc fait rimer sceptre avec estre. La rime de sceptres avec ancestres se trouve dans Villon , dans J. Le Blaire, dans J. Marot ^ Ce dernier poëte a dit encore :
Vertus déchoir, mal pulluler et croistre, Et outre plus flétrir maint royal sceptre.
Et Cl. Marot:
Ains faut alors les forces redoubler De votre esprit ; et selon le précepte, Si vous voulez à Jésus ressembler, Priez qu'en tout sa volonté soit faite.
Dans le mot recette (anciennement recepté) le /) a disparu de récriture, après avoir été supprimé par la prononciation. De là encore cette rime, aujourd'hui inadmissible :
1. Voyci Génln, Des Variations du langage français, etc., p. il.
Ce seroil une grant recepte.
— Son amour, dis-tu ? je Vaccepie. maiot.
On prononçait Éçytte, pour Egypte, comme en italien Bgitto :
Envoyer un homme en Egypte, Geste dolor est plus petite, rutebbup.
Dans Christine de Pisan le même mot Egypte rime avec élite.
Le p était également muet dans éclipse. Le Roman de la Rose fait rimer ce mot avec embellisse.
13"* Le c se négligeait dans la prononciation des moisfaiet, infect, abject, etc. Les rimes suivantes , qui étaient bonnes encore au xvi* siècle , ne le sont plus depuis le milieu du xvir :
Et ne sont pas crocodiles infaicts.
Ne scorpions tortus et contrefaicts. varot.
Tout le cœur me gela, voyant ce monstre infaict;
Et lors je m*écriai, pensant qu'il nous eût faict, etc. ionsaid.
Pour moi, je sens ma verve aimer les grands subjects;
Je cède le comique à des esprits abjects, dbsmaebts.
Et ne dédaigner pas l'illustre et rare object
D*une rare valeur qui part d'un sang abject, gorn .
Ainsi , de deux mots ayant la même étymologie , il est arrivé que l'un a perdu dans la prononciation une lettre que l'autre a conservée.
On s'étonne de trouver encore dans Voltaire :
Par cent rapports honteux, par cent détours abjects. Trafiquent avec lui du sang de vos sujets.
La Harpe déclare cette rime insuffisante.
Nous disons 9 comme nous écrivons, délecter. Au xvi* siècle , c se rencontrant dans un mot avant la lettre /, perdait sa valeur, et venait renforcer ce t. Cette allitération existe cbei les Italiens, qui disent atto, diletto. Ex. :
Je te promets n'être point des derniers
A te louer : ains soudain ma musette
Je reprendrai, en quoi tant me délecte, marot.
Et si l'aller par les champs vous détecte,
A chacun pas croit une violette. SAiNT-ftiLÀis.
370 NOTEt.
Cette assimilation du c et da f a produit une faute très-fréquente dans les manuscrits et les imprimés de ce temps, la- (}uelle consiste à écrire mectre, remectre, au lieu de metirey remettre.
14"^ Par suite de la même tendance , on prononçait contenue au lieu de contemne, hynne (ital. inno) au lieu de hymne, drame au lieu de dragme {drachme) :
Vous, Anne, aussi, reine très-chrétienne,
Est-il besoin à prier vous induire?
Certes nenni, car votre esprit contemnc, etc. i. mamot.
D*amour ( tu) parlois, parlant de ta Corinne :
Quant est de moi, je ne veux chanter hymne, marot.
Que de douleur ne sentions quelque dragme.
Par ainsi semble impossible d'avoir
Santé au corps et paradis à Tâme. id.
IS"* Je passe aux consonnes finales.
Une r^le générale prescrivait d'éteindre le c à la fin des mots. On prononçait , non pas le duc, mais le du, qu'on écrivait dus : rien de plus fréquent dans les romans de gestes. On lit dans la Chanson de Roland les Turs, prononciation qu'on trouvera encore au xvi* siècle.
Nous avons retenu cette prononciation dans estomac, les lacs (filets), broc, croc, escroc, porc, etc. Mais plus généralement nous faisons sentir \qc : lac, sac. Cognac, sec, bec, public, soc, caduc.
La persistance et l'abandon partiels de l'ancienne prononciation engendrèrent de fausses rimes. Ainsi dans Rutebeuf , adonc rime avec don; dans Coquiliart, boucs avec genoux; dans Cl. Marot, Grès (Grecs) avec regrets et indiscrets. Meschinot associe les quatre mots : roc, croc, soc, broc. Voici d'autres exemples analogues :
J*ai grand peur que, devant brefs jours, Par faute d'argent et de draps.
Ne soyons tous vêtus de sacs. coQunjJiBT. Garnis de traits, accoustrés de bons arcs, Françoià adonc déployoient étendards, i. marot. Aussi le soir, que les troupeaux épars
Éioiont ficrréfl) et remis dans leurs parcs, mabot. Ce ne sont pas mortifères aspics; Mais ce sont bien serpens qui valent pis. lo. Voyant Hector saillir contre les Grecs ; Car cotte dame a, sous iamens discrets, Trop plus souffert qu'onques ne souffrit femme, j. marot. Passant, ci-gtt Rapin, la gloire de son âge, Superbe honneur du Pinde et de ses beaux secrets, Qui vivant surpassa les Latins et les Grecs\ régniea. Je vous rencontre bec à bec Deux ou trois ribauds de sergens Qui me mènent au Châtelet. coquillabt.
Vénitiens, Marranes*, Mores, Turcs, Juifis, Mameluz, trop obstinés et durs, le maibb.
Dans les exemples précédents les rimes sont devenues fautives parce qu'on y fait muet un c que nous prononçons. Réciproquement la rime suivante a le tort de donner de la valeur à un c insonore (croc) :
Bonne chasse, dit*il, qui l'auroit à son croc/
Eh ! que n'es-tu mouton 1 car tu me serois hoc. la pont.
16* Anciennement Vf finale était muette.* Quand elle était précédée d'un e, il prenait le son de Vé fenné. On prononçait ehé, pour chef, comme nous prononçons chef-d'œuvre, comme nous prononçons clé, et non clèfe. Et même cette /est omise dans les très-vieux textes. On lit dans la Chanson de Roland, les clez, les fiez (fiefs); dans Alexandre, Wace, Benoist de Sainte-More et autres , les sers (serfs) , les nés (neCs) :
Tanz chés* fendus en deux meitiez. benoist.
Pour faire mal ne pour rober ,
Les nés^ faisoit plonger souvent
En la mer par enchantement. (FLORiMoirr.)
Le mot serfs rime avec revers dans Christine de Pisan , et
I. La mCmc rime se trouve dans Du. Bellay. S. Descendants des Maures eu Espagne.