‹ Traité de versification françaiseChapitre 123 sur 212 · I. Mot Italien · texte numérisé non relu

I. Mot Italien

t. Génin, PesVariations du langage, etc., p. &6; Tabourot, p. 8.

RiiiB. 375

textes raniplacent ordinairement par une i. On prononçait AU, phéni, et non Alix, phénix :

Car il ert ses parens prochains et seeamiB : Ses messages envoie, si a mandé Félis. (ALixAifDRB.) Preudes femmes, par saint Denis, Autant en est que dep^»«. (a. db la iosb.)

Villon fait rimer Alis avec lis, et Marot, Alix ou Ali$ BVec lits. La Fontaine écrit encore Alis» qu'il rime avec paradis.

Dans Villon le mot six rime avec rassis, et dans Marot avec assis.

Au lieu de perplexe y on écrivait perplex, et Ton prononçait perplé. Crétin foit rimer perplex avec pledz.

10* Pareillement le t final ne se faisait pas sentir.

Sept rime avec il scet {il sait) dans Coquillart et Marot. Huit rime avec bruit dans Villon; antechrist avec écrit dans Marot.

20* U en était de même du b final :

Dieu m'a fait compagnon à Job, Qu'il m*a tolu à un seul cop

Quanque j'avoie. rutbbeuf.

Jacob rime avec trop dans Villon , et Job avec trt^ dan« Coquillart.

21 « Le d final était également insonore. On disait Davi, au lieu de David :

Jusqu'en Gales à saint Dat)i, Et là oltre la mer fini, (brut.)

22* P final était traité de même. On prononçait julé, au lieu dejulep, et souvent même le p n'était pas écrit :

Or ce que me laissa

Mon larroneau, long temps a, l'ai vendu, Et en sirops et julez dépendu, marot.

On voit ici le mot sirop, dont le p est resté muet.

23* S ne sonnait pas, comme aujourd'hui, à la fin des mots grecs et latins : Paphos, Perdiccas, Tumus, Cérès, etc.

376 MMis.

Dans rAlexandre , Abydos rime avec pavots, Perdiecûi vm Nicolas et pas. Voici d'autres exemples :

Mais prendre ladevoit Tumus; De Toscane ert sires et dus. (aairr.) D*aller au chemin de so/u...

Tu es la maison Dédaiu. (iubinal.)

Et bien plus tard :

Que fist Cérès, Que fist Isis, Que fist Âraigne?

L'une les bUz, L'autre courtilz, L'autre la laine, j. maiot.

Reims ou Reins rime avec Lorrains dans M arot ; avec mas dans Coquillart et dans ces vers de Marot :

Au départir de la ville de Beims, Faute d'argent me rend foible de reins.

Sentis, Lorris^ avaient également Vs finale muette :

Et Hébert, U quens de Saint-Liz :

Gens chevaliers*, proz et hardis, bbnoist.

Dans deux vers à rime équivoque de Meschinot, précédemment cités (p. 346), on voit l'hostel rimer avec tos tel; ce qui montre que los se prononçait la. Cela est confirmé par ce passage de la farce de Pathelin :

Au mains (moins) en avez- vous le los.

— Si ont ceux qui de camelos Sont vêtus et de camocas.

Le XVII* siècle , qui a réformé la prononciation des rimes devenues fausses, a conservé à tort celle de Titus avec vertus.

' 24<' Les mots hébreux et latins terminés en m ou n , sui-

I. Telle est encore la prononciation dans ce canton très-peu fréquenté, tn paysan, à qui Je demandais le chemin de LoHce, ne me comprit pas; il finit par deviner que Je demandais Lôri, Cette pronondaUon est «nalogkiue : le laUn Lauriacum donne rëgulièremont Laury ou lofy.

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