Espèce de renoncule
AFOCOPE. 405
On écrivait Proté, Téré, au lieu de Protée, Térée, qu'on trouve également :
Ou l'oiseau qui maudit Téré sur son épine, eonsard. Le matin vers Bore ses longs rayons dardoit. baïp. Et rasoit de Céphé les flamboyans cheveux, id. Je t'invoque, ô Proté ; cet aulel je t'adresse, desportss.
8* On disait anciennement gard ou gart, pour garde, au subjonctif de garder. Cette désinence s*est longtemps conservée dans la formule : Dieu gard. Dieu gard de mal! Ex. :
Godefroy et Baudouin, que Dieu gart de tourment! iaudouin.
Dieu vous gart de vilaine mort! (jubinal.)
Ou, du trait d'un plaisant regard,
Ou du refus, dont Dieu vous gart! alain ghaatikii.
Là menra Charles, que Dieu gart! cheistinb. Dieu gard sans fin le rosier et la branche Dont est sortie une tant belle rose ; Dieu gard la main qui pour croître l'arrose! marot. Saint brandon, Dieu te gard; Dieu te gard, torche sainte! oaiin. Dieu gard de mal celles qu'en cas semblable, etc. la font. Que Dieu vous gard d'un pareil logement ! volt.
Cammant ou command, pour commande (recommande) ; detnani ou demand, pour demande :
Ço dit li rei : Seigneurs, jo vos cumant. ( roland.) Je vous commant l'enseigne saint Denis. ( garin.) Puis dist : Franc châtelain, pour Dieu merci demant. (jubimal.) Non ferez, ço dist Rou, ço ne vos commant mie. (rou.) Cel te proient *, et je te mant Que firanchement d'or en avant Puissent vivre là où ils sont, (brut.) Â Dieu commant le monnoyer. (méon.) Je ne demant ne plus ne moins. ( id.) Mais qu'elle pas ne li demant. (r. de la rosb.) A Dieu command* votre beauté, marot.
Dolet admet encore, à titre de licence poétique, recommand' pour recommande.
I, Dtt«prltQt,
406 MOTlf.
Dan9 Im vieux textes ^ eonmant, eom$Hanz eet substantif, qui signifie commandement, commandêmmiê.
Aim ou ain, au lieu de aime, rimant avec tous les moto a ain, est encore un cas assez fréquent. Ex. :
Seignors barons, Je vos aim, si vos crei. (eolaiii».) Car je n'aim mie autant à véoir Jésus-Christ. Baudouin. Venez parler à moi, je vousatfh de cuer fin. (/uaiNAt.) Je ne dis pas que nous aim follement. Thibaut* Gentillesse est noble, et si Vain, Qu'el n'entre mie en cuer vilain, (a. de la bok.)
Le même temps, dans les autres verbes de la première conjugaison, jouissait du même privilège. On pouvait dire, dout, propos, vani, chant, présent, lais, mérit, pour dauU, propose, vante, chante, présente, laisse^ mérite. Ex. :
S'ils aveient poor, noient ne m'en meroeil. (bou.) Je ne voil mie que le garson s'en vaiU, Qae il me toile valissant un besant. (o. bb tiarb.) La Joie de ce mont ne pris * mie une obole, (albxanbbb.) Jo, qui ceste geste vous cha$U, Veuil que la fin voist amendant. (pABTBiimin.) Jo en ceste aise le vos lais, (ib.) Or sais-je bien, je n'en doui pas. (nnmiAL.) Qu'il croit que Dieu lors 11 présent.
Quand il laira l'exil présent, (r. de la bosb.) Ceste amour que ci te propos N'est pas contraire à mon propos, (n.)
9» Pri onpry, suppli ou supply, Tpour prie, supplie :
Je vousprt^ sur la foi que vous m'avei donnée, (bebtbb.)
Porte m'enseigne de bon cœur, je te pri. (oabix.) Encor vous pri, seigneur, que uq peu m'écoutez. (lUBniAL.) En soyent honorés ; pour Dieu je vous en pri, baudouiic. Et que vous demourez ici :
Venez vous en, je vous en pri, (iiio5.) Si pry Dieu qu'il mette ea courage. CHBlsrcff.
Cette manière d'écrire s*est conservée , à titre de liciMt