‹ Traité de versification françaiseChapitre 137 sur 212 · SYNCOPE · texte numérisé non relu

SYNCOPE

conjugaison. On y trouverait beaucoup de formes qui, bien qu'ayant une syllabe de moins que les formes actuelles, n'offrent pas k proprement parler de syncope. Tel est le subjonctif si fréquent : dainst, pardoinst, pour donne, pardonne; on conjuguait : que je doigne, que tu doignes, qu'il doinst. Cette troisième personne se voit encore à la fin du xvi* siède , et même plus tard dans La Fontaine :

Mais, pour mon mieux, Dieu me doini ennemis! ptbbac. A tous époux Dieu doini pareille joie I Là font.

Le subjonctif : que je puisse fidsait k la troisième personne : qu'il puist. Au xvi* siècle cette forme avait dispam.

On voit dans Marot cueilt, à la troisième personne du présent de rindicatif. Notre forme cueille a certainement le tort d'assimiler un verbe de la deuxième conjugaison à un verbe de la première.

NOTB 9 (page 62).

Nos plus anciens poètes traitaient ce, employé absolument, comme une syllabe accentuée. On ne s'en étonnera pas si l'on se rappelle ce qui a été dit dans la note 5 , qu'on écrivait alors ço, ceo. De même , le devait se rapprocher de l'italien lo, je dejo.

Nous avons montré que primitivement on ne comptait pour rien la syllabe muette placée à la césure, en sorte qu'il y avait des alexandrins qui avaient effectivement quatorze syllabes. Il est évident qu'alors 1'^ de ce, le, je, placé après le verbe, n'était pas une muette, puisqu'on lui donnait, à cette place, la valeur d'une syllabe :

A lui lais jo* mes honneurs et mes 6eus. (rolai^.j Serveie /e* par feid et par amur. (ib.)

i. Je lui Itlssemes honneurs el met tiefs. 3. U le servait.

414 MOTBB.

Et grant Joi« de oêo qae ii enfex fa né. («60.) Jft Dé reviègne jou^ se n'i fiert de m'épée. (alburmi.) Bt quand Berlhe voit ce, si ot grant marrement. (Bum.) Pour la raison de cê qu*o moi ' Tai amenée, (ib.) Vairon, que ferai-;e, puisque vous méhaignez*. (jubuial.) Quand le varlet vit ce, si revint à Thostel... Mais cil renonce à ce, qui après se marie... Mais je maintiendrai ce dont honneur peut venir, (ib.) Iferciei-le^ voyant la baronie. (aATDON.)

Et avec rélislon omise :

Securez40 à vos espiez* tranchant, (rolaivd.) i

Adoubez-le à loi de chevalier^.

Car Cê est digne de mémoire, chiibtimb.

Pour ce ii ne doit rioter*. coquillait.

Cet ê muet conserva la même valeur jusqu'à la fin (h xr siècle ;

Et pour perception

Avoir de ce, figures fait entendre, crétin. Joint avec ce que des miens fut servi, us maibb. Et voila ce qu'écrire je te puis...

Que dirai-;e de tes gens au surplus? id. Deschassez-Zé par main gladiatoire. j. mabot. Mais avec ce si bonne grâce avoient. id.

Mais dès la même époque, un système différent s'était produit : il consistait à rendre ces finales complètement muettes, k leur retirer Taccent qu'elles avaient, et à le reporter sur le mot précédent : pource (comme source)^ au lieu de pcmr et. Ex.:

Pour ce est fol qui s'enorgueillit. (luaiifAL.) OteZ'le en sus de vous, si qu'elle n'y revienne, (ib.) Pour ce, y mit nature délit, (a. db la bosb.) Tout ce est le proufit de Tannée. ctflusTiifB.

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