SYNCOPE
conjugaison. On y trouverait beaucoup de formes qui, bien qu'ayant une syllabe de moins que les formes actuelles, n'offrent pas k proprement parler de syncope. Tel est le subjonctif si fréquent : dainst, pardoinst, pour donne, pardonne; on conjuguait : que je doigne, que tu doignes, qu'il doinst. Cette troisième personne se voit encore à la fin du xvi* siède , et même plus tard dans La Fontaine :
Mais, pour mon mieux, Dieu me doini ennemis! ptbbac. A tous époux Dieu doini pareille joie I Là font.
Le subjonctif : que je puisse fidsait k la troisième personne : qu'il puist. Au xvi* siècle cette forme avait dispam.
On voit dans Marot cueilt, à la troisième personne du présent de rindicatif. Notre forme cueille a certainement le tort d'assimiler un verbe de la deuxième conjugaison à un verbe de la première.
NOTB 9 (page 62).
Nos plus anciens poètes traitaient ce, employé absolument, comme une syllabe accentuée. On ne s'en étonnera pas si l'on se rappelle ce qui a été dit dans la note 5 , qu'on écrivait alors ço, ceo. De même , le devait se rapprocher de l'italien lo, je dejo.
Nous avons montré que primitivement on ne comptait pour rien la syllabe muette placée à la césure, en sorte qu'il y avait des alexandrins qui avaient effectivement quatorze syllabes. Il est évident qu'alors 1'^ de ce, le, je, placé après le verbe, n'était pas une muette, puisqu'on lui donnait, à cette place, la valeur d'une syllabe :
A lui lais jo* mes honneurs et mes 6eus. (rolai^.j Serveie /e* par feid et par amur. (ib.)
i. Je lui Itlssemes honneurs el met tiefs. 3. U le servait.
414 MOTBB.
Et grant Joi« de oêo qae ii enfex fa né. («60.) Jft Dé reviègne jou^ se n'i fiert de m'épée. (alburmi.) Bt quand Berlhe voit ce, si ot grant marrement. (Bum.) Pour la raison de cê qu*o moi ' Tai amenée, (ib.) Vairon, que ferai-;e, puisque vous méhaignez*. (jubuial.) Quand le varlet vit ce, si revint à Thostel... Mais cil renonce à ce, qui après se marie... Mais je maintiendrai ce dont honneur peut venir, (ib.) Iferciei-le^ voyant la baronie. (aATDON.)
Et avec rélislon omise :
Securez40 à vos espiez* tranchant, (rolaivd.) i
Adoubez-le à loi de chevalier^.
Car Cê est digne de mémoire, chiibtimb.
Pour ce ii ne doit rioter*. coquillait.
Cet ê muet conserva la même valeur jusqu'à la fin (h xr siècle ;
Et pour perception
Avoir de ce, figures fait entendre, crétin. Joint avec ce que des miens fut servi, us maibb. Et voila ce qu'écrire je te puis...
Que dirai-;e de tes gens au surplus? id. Deschassez-Zé par main gladiatoire. j. mabot. Mais avec ce si bonne grâce avoient. id.
Mais dès la même époque, un système différent s'était produit : il consistait à rendre ces finales complètement muettes, k leur retirer Taccent qu'elles avaient, et à le reporter sur le mot précédent : pource (comme source)^ au lieu de pcmr et. Ex.:
Pour ce est fol qui s'enorgueillit. (luaiifAL.) OteZ'le en sus de vous, si qu'elle n'y revienne, (ib.) Pour ce, y mit nature délit, (a. db la bosb.) Tout ce est le proufit de Tannée. ctflusTiifB.