Dans le Menteur
2. Dans V Indiscret, Celte rime me paraît plus défectueuse que la précédenlf, parce que le mot commun aux deux vers est accentué. Voltaire met dans la mt^me pièce :
viens çà , marquis, viens çà. Pourquoi fuis-tu d'ici ? Madame, il peut d'un tuot débrouiller tout ceci.
Mais Tadverbe ci semble perdu dans la composiUon , et la rime est admissible. C'est ainsi qu'on voit dans Boileau aucun rimant avec quelqu'un, et assez souvent dans Molière cela avec là.
3. Ces mots sont réellement les m^^mes ; mais leur emploi comme adverbes a fait oultlicr leur origine.
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id, seigneur; prenez. TOlre parti. — - Eh quoi, Èeigneiirl voua n'èles poinl fxirli'^ hactnbien pour quelques mois ddL vu flporir leur lirrr. it les vers en paiiitels se vendent à la livre.' boil. D n'esl punit Irap hràé, maiâ bs muse est trop mic. t'autroa peur do ramper, il se perd danslanup. id. Ho dit à cet t^gard que la rime des homonymes est
[4' Un substantif ne peut rimer avec son verbe.
Ainsi les rimes suivantes seraient vicieuses : une
nnnf, il i'«rwip; je soutiens, les soiilieiis. Roucher a
tu tort de mettre :
Pw eux lout se ranime et par eui loul s'enftamme : L'oiseau de Jupiter, aux prunelles de /fnmiiie ', ele. ^' L'n mot ne peut rimer avec son composé, ni deux
inra posés ensemble quand ils ont conservé une grande
^lulogie dans leur acception, comme jeter, rejeter;
P'ailmt, imprudent ; juste, injuste ; lionhenr, malheur;
'""", iurnom ; faire, défaire, refaire, etc. Ainsi l'on
i^undaninera les exemples suivants :
Que des prêtres menteurs, encor plus inliuinaiiia, Se vanljiienl d'épiii^r pnr le sang ilei Itiiinaîns. volt. Oi-lourni'i d'elle, rt Dieu, relie morl qui me suit. — Nùn, peuple, ce n'c^l poinl un dieu qui le poursii'l '. lo.
I. Li dW'Iiw rinip, /tiinimr ri rnpamme,cl tl'autrci dp cr genre? , sr iroiiirnt ntri wmi-nldatisXarul Hira auclL-iiE.elencore JaiLsHniisanl i niables i'i'tn i|aJ [nul «uuirlU nVii pn'ienteiit aucune «-mliUlile. Les lullons suni n-iiM rfièn-f 1 l'Aiiosle fall rimer fuiln, subsUiilir, ati-c tiutri , \er\y. tltrlne » IM rimrr une fnis prrniU-y garde avec je h gardf , mnh c'i^si diOTfri Flaiifitrt.
t- Lj IUr|H> ■ Rleié crue (tiule el la sultaiilr. Ailleurs II lilSiiie i<ttali'Uieiil l> rime de (hambft virr anUihambre. On s'iîloniwr» ijue Builcku , ilani. la I, M r*ii rliuer contiile «ïm détolr. Je iic sah si Je |ioii»so
Is jp n'alnie pu i vulreuriiue (uutrr Il AgnlOrallan nX la même et l'iilymolugie >1 voUliie
26 CHÀPITRB m.
Mais, puisque enfin jo louche nu rang des immortels,
Je jure par le Slyx quHine seconde aurore
Ne me trouvera pas au séjour des m/orteh, bbrnabd.
Conformément à cette règle, on évitera de faire rimer ami avec ennemi, bien qu'on en trouve quelques exemples imposants \
11 y a quelque négligence dans les rimes jours et toujourSf dieu et adieu :
Ce bonheur sans pareil, qui conserva ses jour». Ne seroit pas bonheur s*il iirrivoit toujours, corn. Le premier pas, mon fils, que Ton fait dans le monde Est celui d'où dépend le reste de nos jours : Ridicule une fois, on vous le croit toujours, volt. Adieu, prince; vivez, digne race des dieux. — Non, je ne reçois point vos funestes adieux*, rag.
G"" Mais la rime est permise si le simple et le composéy ou deux composés , ont une signification éloignée', ou si deux mots présentent une ressemblance
I. Nous ne citerons pas Marot et Saint-Odais, qui paraRralcnt iv«c nisoo (le trop faibles autorités , ni même La Fontaine ; mais l*on trouve cette riio^ Jusque dans Racine ( une seule fols à la mérité , et dans Alexandre) : Et de Rcnrir SyUa mieux que tons ses amit, Quand je lui veux partout faire des «itntmii. cotN. Ah ! que dit-on de vous , seigneur ? nos enntmit Vous comptent hautement au rang de leurs amit. rac. Je connais trop les grands : dans le malbmr amit. Ingrats dans la fortano et bientôt ennemit. volt. Et souvent deux mortels, l'un de l'autre tnnemitf S'embrassent à sa table, et retournent amit. delille.
Guinguené la condamne , avec tous les critiques : « On ne doit pas metur 4 la rime deux compostas du même mot. Ainsi , amis et ennemis ne rimcit pas bien , non plus que prudence ci imprudence, hienreillanee eliiMi'' reiUance,eic, »
S. Cette rime ne se trouve que deux fois dans Racine. Une seule fols il * fait rimer être a\-ec peut-être,
3. Malherbe, qui a rendu d'immenses services à notre poésie , n'a pu r^o*^ sir à lui imposer toutes les entraves quMl acceptait pour lui-même. Ainsi , il ne se permettait Jamais la rime du simple a\ec le composé , ni de deux cofl^ posés easemble. Heureusement son autorité n*a pas fait loi sur ce point
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fortuite de lettres, eanB que Tun soit dérivé de Tautre.
Ainsi Too pourra bien faire rimer ensemble : garder,
reyarder; conserver, observer; courir, secourir; séparé,
préparé; fait, effet, parfait; permettre, promettre, sou-
mettre^ commettre; fort, effort; front, affront; nais-
umcf, reconnaissance, etc. Ex.:
Hait il me but te perdre, après Tavoir perdu ;
El pour mieux tourmenter mon esprit éperêu \ etc. coaif.
Ne crains pas toutefois que j*éclate en ir^ums ;
Mais o'espere non plus m'éblouir de parjure», m.
Lj »tir6 ne sert qu*â rendre un fat illustre;
Ci'yi une ombre au tableau, qui lui donne du lustre. aoiL.
Njr fHi genoux iremblans il tombe à cet aspect,
Li donnée la frayeur ce qu*il doit au respect, m.
ie vous abuserois si J*osois vous prontettre
(.KiVntre vos mains, seigneur, il voulût la refnettre. rac.
Madame, â vous servir je vais tout disposer :
î^n* \f>tre appartement allez vous reposer...
NI colrre, après tout, n*a ripn qui me sttrprenne ;
<■ <**! a ^oijs. c'est à moi qu'il faut quo je m'en prenne...
î *<i> 1. en pronnni mon amilié pour gfuje,
r> i}*ie peiii une foi que nul serment fi enffage. id.
K^runniur. On trouve quelquefois en rime deux •'îUtantif* romposi'8 et dériv(^8 du grec, dont Télémnjt final est exartement le m^me. Ainsi Boileau a fit rimor rpilof/ue avec prologue^ hypothèque avec *'''i fh^u^^ f»t Rousseau, paradoxe avec orthodo.re.
• I iM'iliplitliun^uo rime bien avec une finale écrite •!*• nit'iiii* vX i\v nifnu* consonnanre, mais qui forme
t v-,irr? . r«rc3rH> tt«- 1' \ratloitilr, a%ait fait mi«ï r<»inirqu* : « Perdu ri '. • ; • .V |r u»- 1)1 riin* r, à r4ii%r (|ii«* l'un rsi k Milipl** cl Tauln» k com- '* » \ H s.:* r« ji II»»! : ♦^ l'erdii vt tprr'iii siKitiliaiil «I«mi\ rhcMW'A âltMilu- *" ':fl'r^n* « . b:%vn« aiit |>(>» ir% la libcrt«* il** fain* riiiifr ces moK II * M ;mi «.^ « t|«> riif»t-% fLin« l«' Krnr«* iioMr |ioiir en diiiiiiiiicr riKon* li*
Via**'. .
deux syllabes, comme dieux, odùeuœ; grouh
tifi-er; bien, li-en; oui, éblou-i, etc. Ex.:
El de quelque façon que le courroux des cieux
Me prive d'un ami qui m*est si préci-eux, goen.
Je vais près de Phocas essayer la pri-ère ;
Et si je n*en obtiens la grâce tout entière, etc. id.
Des superbes mortels le plusaflfreui li^en.
N'en doutons point, Arnauld, c'est la bonté du 6tefi. •<
Je Tobservois bier, et je voyois ses yeux
Lancer sur le lieu saint des regards furi-eux, bac.
Bientôt de Jézabel la G lie meurtrière,
Instruite que Joas voit encor la lumière,,.
Tu l'aimes? ciel ! Mais non, TartiGce est grossier :
Tu te feins criminel pour te jastifi-er, id.
8** Les finales en e, er, ée, doivent rimer cl( sonne qui les précède, c'est-à-dire de toute lation. Bonté ne rime pas avec donné, mais ri chanté, charité ^
Les finales en ié, ter, iée, demandent une te ou yé, ter ou yer, etc.
Première remarque. Quand la finale en é, t est précédée de deux consonnes, dont la sec une liquide, / ou r, comme blé^ bré, plé, pré, met de ne faire entrer dans la rime que la des deux consonnes. La même faculté est i pour la finale gner, qu'on peut faire rimer a
I. Racine a p<5clié une fois contre cette règle : cVst dans m pre
Ifs Frères ennemis :
Elle s'en est, seigneur, moriellenicnl frappée , Et dans son sang, hélas ! elle est soudain tombée.
On trouve une semblable Inadvertance ou n(^gligence dans a de Quinault :
C'est trop Toir ma douleur unie avec Orphée . Tandis qnc dans mon sein ma flamme renfennée. t\c. La Fontaine s'cht souvent affranchi de cette obligation.
Tortaiteiie lettres, sans que l'un soitdérivé de l'autre. \iiisi l'un [luiirra bien faire rimer ensemble : i/anivi-, tfyurdfr; cunserver, observer; courir, secourir; séparr-, frfjiarr; fait, effrl, pnrfail ; permettre, promettre, soumrllre, commettre; fort, effort; front, affront; naistBucf, reconnaissance, etc. Ex.:
Util f! in« hut le perdre, nprès t'avotr /jenfu ;
El pour mieux tourmenter moncspril éperén', etc. corn.
S'e crains pus toutf rois que j'iiclnie en injurtf ;
Mail n'espi-re non plus m'éblonir dtfiarjurrn. id.
La satire ne sert qu'à rentfre un Tut illusln:
Cal aac ombre au lablcBU, qui lui donne du liuflre. boil.
Sur if3 genoux Irembians il tombe à r«t i)'p(ct.
Etdociaeik In frayeur ce qu'il doit du rra/iecf. m.
Je tous abuseroJa à j'owie vuu* proamlfre
Qutnlnt vofi main», seigneur, il voulût la remeltrt. bac.
Uailomp, A vous îorvir Je vais tout dhpoxrr :
DiDS votre appnrli'menl allez vous rrpvuer...
Sacolére, après tout, n'a rien qui nie MTjirtmni' ;
Cetl à vous, c'est à moi (|u'il Taul quo je m'en prenne...
EdMyi'E, en prennnt mon amitié pour <t<i'jf.
Ce que prul une foi que nul serment nmifarf. id.
liemnrque. On trouve quelquefois en rime deux îtibslantifs eomposés et dérivi^s du grec, dont l'tilé- Dent linnl est exactement le mémo. Ainsi Buileau a fait rimer ^filhipie avec prologue, hypothhiue avec ii*(iWA^«c, et RiiUBsesD, paradoxe avec orlhodoTC.
7' lîne dipbllionguo rime bien avec une finale écrite de miîme et de même consonnance, mais qui forme
I' .^nnVrr . orxine de l'Acailemlp, avait Ul cette r«oiir(|iw i • 1 *fiv ne pputval rlmrr, tt aiitt i(U<> Pun rst Ui itrapir. ri l'autre r*^. t ïniulrr riipunj : > pentu ri /perd» sîgiitriani ànn tkom "ni Mrtvnin , laiiuun» aii> pMUn la llbrrli) ùe Tilrc riaicr en ■'f > p*i «El ilr rlnm dini ïr parc nolilr pour en illmlnufr r
1 0"" La finale en i doit rimer de l'articulation banni j fini; sorti, parti, etc. Quand Vi n*est pas com biné avec une consonne^ il peut rimer avec un t qu se détachera de la même manière : trahi, obéi. Dani trahis et pays, qui forment une rime légitime, il n'y : de commun pour Tœil qu'une lettre muette.
1 1 "" Les finales en u doivent rimer de Tarticulation : abattu, vertu; rendu, perdu, etc. Cependant^s Tun des deux mots est monosyllabe, la rime peu n'exister qu'entre les voyelles, et par conséquent n'être que d'une lettre :
Dès que je prends ia piume, Apollon éperdu Semble me dire : Arrête, insensé ; que fB\s4u/ Boa. Cherenfanty que le ciel m*avoiten vain rendu, Hélas! pour vour servir j*ai fait ce que j*ai pu. rac. Mais cet enfant fatal, Abner, vous l'avez vu : Quel est-il ? de quel sang? et de quelle tribu? id.
1 2^ La finale ment veut pour rime une finale sea blable: tourment, clément, longuement, charmante
Comme les mots terminés par ant ou ont sont trèi nombreux dans notre langue, il est beaucoup mieu qu'ils riment de l'articulation : brûlant, étincelont confident^ imprudent; mourant, parent; éclatant, in
i. « On voit peu dVxeinples, dans les bons portes du temps de BoUeau de Racine, de rimes aussi négligées que celles d'aimant et constant. » (ia