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Se Je tel ne poii ftiire, ne déprieez mon livre. Car qui à Irouver n'a ioutil coer et délivre, Bi Ikmimeté veut partout aoonauivre, Moult souvent entrelefit ce qu'il devroit enauirre.
Eq6q noue lisons ces vers dans une traduction anonyme df la Consolation de Boëce (commencement du xv* aiède) :
Cy fine le livre premier Qu'ai voulu en rimes croiaier :
Lequel contient en toutes choses Sept mètres et aveuc six proses.
Les quatre autres ferai en rime Ou consonam ou léonimes * .
Si ces exemples pouvaient laisser quelque doute sur le se» de rime léonime, voici qui trancherait la question. La Bibliothèque nationale pos-sède un très-beau manuscrit des poésies de Christine de Pisan , écrit du vivant de l'auteur (de 1399 à 1402). On y voit une pièce qui a pour titre : Lay de deux cent soixante-deux vers léonins. Ce sont des vers monorimes de huit syllabes y genre dont Christine ne se sert pas ailleurs. Voici le début :
Amours, plaisant nourriture»
Très sade* et douce pâture»
Pleine de bonne aventure ,
Du vrai cuer loyal jointure, etc.
Telle est d'ailleurs l'opinion de Fauchet, qui conclut en disant que la rime léonime est celle qui a dix y vingt et trenU vers d'une lisière,
2° La rime de goret est une rime imparfaite , une simple assonance, comme pampre avec entre, coûté (coude) avec couche, » La rithme de goret ou de bouteehougne, dit Fabri, garde mesure en syllabes , mais en la rithme a peu ou point de convenance; laquelle n'est approuvée que entre ruraux et ignorans. » Il cite les vers suivants, de grant Guillaume :
4. P. Paris, Les Manuscrits français. \. V, p. 54. J*ai t^crit les qnatrf autres, au Heu de les autres quatre, i. Douce, agréable.
ANCIENNES RIMRS.
C'wt bel ouvrage que rie plAire.
Qunnd on la tait bien mettre à point
C'esl dommage quand on le gâte :
C'esl bel ouvrage que de [ilAire,
Le boiiisel en vaut lUmi-pliujut,
Et ne l'auroit-on point à moins.
C'efil be! ouvrage que de plâtre,
Quand on le sait bien mettre â point, Je rappellerai que l'auteur de l'An des sept dames nomme rime de goret cA\e de chauffer avec fer'. Il dit, au contraire, que maison et Amphitryon ne forme pus une rime de goret, puisque ta demi^rf syllabe sonne tout unff. Ailleurs ' il se fait nn mérite lî'avoir évité les mauvaises rimes :
Je crois que pas n'y Irouverei ,
Si bien l'cxnininet au net,
Nul m otâ contraints, diminués.
Ne nulle rime 'h goret.
Ce que les rêveurs Hu temps passé, dit Sibilet, ont appelé rime fie goret, et que j'appelle rime de village , ne mérite d'être nombre parmi les espèces de rimes , non plus qu'elle est usurpée entre gens d'esprit. "
Jusqu'ici il n'est question que de la rime proprementdite, ou de la coDSonnance finale. On distinguait Jadis d'autres rimes, qui exigeaient dos sons pareils ailleurs qu'à la terminaison , ou qui imposaient it la versification d'autres entraves. On verra que plusieurs de ces jeux d'esprit n'ont aucun rap- I»ort avec les consonnances. C'est que le mol rime , qu'on écrivait rhijthme, était d'abord synonyme de vers'.
Ces sortes de casse-léte poétiques ont été, sinon inventés, du moins affectionnés par les poêles de In langue d'oe; les l>lns anciens auteurs de la langue d'oil n'offrent rien de pa- I •il. Que si , à une époque de mauvais goût, au xiv* et au
tLl'draiils, p. iW.
Xttus iiiv Ôroiion à Soilrt-tiom'.