‹ Traité de versification françaiseChapitre 170 sur 212 · D^hire · texte numérisé non relu

D^hire

ANClENIfES RIMES. 469

Pasquier cite avec une complaisance paternelle un sonnet en vers brisés fait par Estienne Pasquier, son petit-fils. J*en citerai quatre vers , en les découpant aussi par forme éFanatomie : 0 amour I 0 penser ! 0 désir plein de flamme !

Ton trait Ton fol appas La vigueur que je sens,

Me blesse Me nourrit Conduit mes jeunes ans

A la mort Aux douleurs Au profond d'une larme*.

Quand on lit de haut en bas, chacune de ces subdivisions fonne un sens.

Assez souvent les fragments de vers ainsi rapprochés ont UD sens opposé à celui du vers entier. Ex. :

Je n'aimai onc, Anne, ton accointance* ; A te déplaire }e quiers incessamment; Je ne veux onc à toi prendre alliance ; Ennui te faire est tout mon pensement *,

La Motte a proposé , et rempli plusieurs fois lui-même des bavis-rimés qui ont de Tanalogie avec la rime brisée, avec cette différence toutefois que ce sont les mots de la fin du vers qui , placés à la suite, forment un sens. Les finales de ces vers sont les mots suivants : voilà Isabelle la belle ; déjà étincelle sapru^ nelle, etc. Ici le tour de force a de plus les entraves du sonnet.

12* Rime senée. — La rime senée (c'est-à-dire sensée , ingé- DÎeuse) a lieu lorsque dans un vers ou une suite de vers tous les mots commencent par la même lettre :

Ardent amour, adorable Angélique.

On nomme aussi ces vers tautogrammes.

Voici un exemple de Marot cité par Sibilet ^ :

C c'est Clément, contre chagrin cloué,

E est Estienne, éveillé, enjoué.

Dans une pièce de longue haleine , le même Marot intercale sept vers qui ont chacun tous leurs mots commençant par la même lettre :

I. Ici \9A fragments de vers ne sont pas rimes. t. Ta société.

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