se trouve dans le 31* rondeau
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Ces mots finis^ demours mon semblant Triste, transi, tout terni, tout tremblant. Sombre, songeant, sans sûre soutenance.
Dur d*esperit, dénué d'espérance.
Mélancolie, morne, marri, musant, Pâle, perplei, peureux, pensif, pesant, elc«
Remarque. On trouve des jeux de mots qui ne répondent pas tout à fait aux exigeaces de la rime senée. Oa lit dsDs Marot :
Faites fortqne où puiser on puisse eau... Qui a perdu, par fière mort iipmonda»
Tante et attente et entente et liesse.
II y avait autrefois sur la porte di4 cimetière de Saînt-Severio une inscription composée dans ce système :
Passant, penses- tu pas passer par ce passage
Où pensant j'ai passé?
Si tu n*y penses pas, passant, tu n'es pas sage; Car en n*y pensant pas, tu te verras passé.
C'était défigurer par une misérable recherche des idée» convenables.
Le grave de Pybrao a lui-même cédé une fois à ce bui goût , quand il a écrit :
Pense un peu quels pensers tu pensois en enfance ,
Et quels pensers depuis d'âge en âge tu as :
En pensant ces pensers, pensif lu penseras
Que, pour penser à Dieu, tout est vain ce qu'on pense.
Celte rime est appelée rime dérivative par les Provençaux. Il y est fait usage de la figure que les anciens nommaient poltjptote.
13° Un autre tour de force consistait à terminer par la môme lettre tous les vers d'une pièce. Dans une ballade de Marot tous les vers finissent par un e. En voici quelques-uns :
Or est Noè'l venu son petit trac :
Sus donc aux champs, bergères de respec;
Prenons chacun panetière et bissac,
Flûte, flageol, cornemuse et rebec :
Ore n'est plus temps de elore le bec, etc.
ANClENliSS RIMES. 474
Dans une autre ballade , le même poète a mis à ia fin de chaque vers une syllabe muette ou rime féminine, tant au singulier qu'au pluriel. Voici les premières rimes :
Cessez, acteurs, d^écrire en éloquence D'armes, d'amours, de fables et sornettes : Venez dicter, sous piteuse Ipquence, Livres plaintifs de tristes ahanaaaaettes; N'écrivez d'or, mais de couleurs br-uneties, etc.
Je ne trouve pas de nom assigné à ce genre.
M"* Vers monosyllabiques. — Tabourot a composé une longue pièce en vers de cette espèce. Elle cpnimence ainsi :
Mon cœur, mon heur, tout mon gf§nçl ^ien, A qui je suis tien plus que mie()^ Près quoi je ne vois sous les cieui^ Rien plus beau ni cher à m^ yeux ; Mon cœur, qui seul fais que je suis.
Qui fais qu'en un grand heur je vis.
Mon cœur, que Dieu pour mon bien fit.
Mais de qui le nom ne se dit, Fou qi|e tu es mon cœMr, mon heuf , Et je suis le spiq de ce cœur, etc.
1$** Vias uicRois&ANTS. — Dans ces vers les n)Q|s vont en diminuant successivement d'une syllabe :
Mignonne, plusieurs fois Très-heureux Tautre mois.
Les anciens appelaient rhopalîqxie un vers composé d'une suite de mots dont chacun avait une syllabe, de plus que le précédent. En voici deux d'Ausone :
Spes Deus aeternae stationis conciliator. Si castis precibus veniales invigilemus, etc.
16* Rime airROGRADE. — Il y av^it différentes rimes réirogrades, dont TArt poétique provençf^) HQt^s donne le détail : rimes rétrogrades par vers, ou par mots, ou par lettres.
Rime rétrograde par vers, — On conçoit facilement ce qu'elle devait être. Je n*en trouve pas d'exeAipIes dans nos auteurs.
Eime rétrograde pçtr mots. — £n voici un exen^pl^ :
Triomphamment cherchez honneur et prix, Désolés cœurs, méchans, infortunés.
Terriblement êtes moqués et pris.
Ces vers, lus à rebours, offrent encore un seiis^ la tntsm et ia rime :
Prix cl honneur cherchez triomphammeni.
Infortunés, méchans cœurs, désolés, Pris et moqués êtes terriblemenl.
Christine de Pisan a fait une pièce dans ce genre * :
Douçour, bonté, gentillesse, Noblesse, beauté, grant honoour.
Valeur, maintien et sagesse, Humblesse en doux plaisant atour,
Conforteresse en savour, Deuil angoisseux et secourable.
Accueil bel et agréable.
Ces vers étant retournés nous donnent :
Gentillesse, bonté, douçour , Honneur, grant beauté, noblesse, etc.
Voici des stances qu*on est libre de lire en commençant par la fin. On pourrait les nommer rimes à l'écrernsse, terme usité en musique dans un cas semblable. Elles sont d'un poêtf du Uii* siècle, Baudoin de Condé :
Amours est vie glorieuse :
Tenir fait ordre gracieuse, Maintenir veut courtoises meurs (mœurs).
En commençant par le dernier mot, nous voyons :
Meurs courtoises veut maintenir, Gracieuse ordre fait tenir.
Glorieuse vie est amours.
Rémi Belleau avait fait trois sonnets dans le genre rétrograde, qu'il a supprimés de ses œuvres. Voici deux ve^ conservés par E. Pasquier :
I. En voici la rubrique : Ballade rétrogade qui te dit à droite et à •''hourt. Cette copie a été faite du vivant d*» Tauteur.
a:«ciennes rimes. 473
Avoir tu veux bien souverain, Savoir, vertu, châteaux, corps sain.
En lisant dans Tordre inverse, on trouve :
Corps sain, châteaux, vertu, savoir, Souverain bien veux-tu avoir?
Tabourot fait la remarque, qu'il y a des vers rétrogrades par mois qui ont le même sens à l'endroit qu'à l'envers • , et d'autres qui ont un sens contraire. Il cite pour exemple de ce dernier cas :
Bien fait, non dol, los, non faveur T'a fait gagner très-grand honneur.
En retournant ces vers on a :
Honneur très-grand gagner t'a fait Faveur, non los, dol, non bien fait.
Enfin Pasquier lui-même , voulant lutter en ce genre avec les Latins , a composé buit vers , dont voici les quatre premiers :
Ton ris, non ton caquet, la beauté, non ton fard , Ton œil, non ton venin, ta faveur, non tes lacj(, Ton accueil, non ton art, tes traits, non les appast. Surpris et navré m'ont le cœur de part en part.
Lus à rebours, ces vers deviennent :
De part en pari le cœur m'ont navré et surpris Tes appas, non tes traits, Ion art, non ton accueil, Tes lacs, non la faveur, ton venin, non ton œil, Ton fard, non la beauté, ton caquet, non Ion ris.
Au XVI* siècle cette rime était déjà très-déconsidérée. Marot n'en a pas fait usage. Voici ce qu'en dit Sibilet : «< Rétrograde est aussi de vieille mode et peu usitée aujourd'hui entre ceux qui ont le nez mouché... Je te renvoyerai aux vieux échiquiers pour en trouver exemple» pour ce qu'il semble que je te ferois tort de t'en em|>lir le papier. »
Rimes rétrogrades par lettres, — Là est le comble de la difficulté. Les Provençaux disent que, pour les faire, leur