‹ Traité de versification françaiseChapitre 172 sur 212 · I . Tels sonl les préc<k]enls · texte numérisé non relu

I . Tels sonl les préc<k]enls

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langue est bien moins fovojn^tde que le IsAin. Voici un exemple cité par Pasquier ; il es^t d/ui) po^ qûmm^ Favereau : L'âme des uqs ja<aais n*u^ de iiuit

17'' Rime inverse, -r- {^a rime invene, ou rétrograde p$r accord, a lieu quand toutes les rimes d'un eonplet sont reprises dans le suivant , ipais dans Tordre inverse. L'ifl poétique provençal en donqe qn ei^emple : je n*en ai pas trouvé dans nos poètes, quoique peiit-ôtre il en existe.

On range dans la môme classe la reproduction des mémei rimes dans un ordre invefs^ , avec cette difiërence que h consonnance qui était doqblée pu triplée devient unique, ft réciproquement. Voici un exemple de Martin Lefranc :

Se l*hoitiipe pouvoit avoir Engin pour apercevoir, Cognoislre , entendre et savoir Ce qu'il lui peut avenir, Dame Fortune, pour voir.

Ne le sauroit décevoir Pour tonner ae pour pleuvoir, No pour or faire venir.

Dans les huit vers suivants, la flnale nir est triplée, et la finale voir devient simple : cela est deux fois répété.

Cette méthode était en vogue au xv siècle. Mesohinot a composé un grand nombre do stances à douze vers qui procèdent de la même manière. Les rimes doublées dans le premier sixain sont simples dans le second, et vice versa.

IS"" Rime disjointe. — On donne ce nom à des couplets non rimes , qui ne trouvent leurs rimes que dans le couplet suivant. Il faut encore laisser aux Provençaux le douteux avantage de produire des échantillons de ce genre.

Notre Thibaut Ta pratiqué , mais non dans toute sa rigueur. H a laissé des couplets dont quatre vers, à rimes croisées, sont suivis de trois autres vers dont les rimes sont retardées ou disjointes :

Li rossignols chante tant , Que mort chiet de Tarbre jus.

Si belle mort ne \il nus,

AlfCIEIfMU RIMES. 475

Tant douce m si plaisant.

Autresi muir * en chantant à hauts cris. Et si ne puis de ma dame e&^re dis, N'elle de moi pitié avoir ne daigne^

he couplet suivant se termine par les Qiots dis, fi^Us, prègne.

19^ Vers par contrabiction. rr» C'est un jeu d'esprit qui consiste à rapprocher deux idées opposées. Il était connu des anciens qui l'avaient nommé oxijmorûn (piquante folie).

Dans plusieurs passages du Roman de la Rose , on trouve une accumulation très-fatigante de vei's par contradiction. J'en citerai un fragment :

Amour départ *, Amour assemble ; Amour rend cœurs , Amour les emble * ; Amour dépèce, Amour refait; Amour fait paix, Amour fait plaid ^; Amour fait bel , Amour fait laid, Toutes heures quant il lui plall; Amour attrait, Amour étrange"; Amour fait de privé étrange; Amour surprend , Amour emprend ; Amour reprend , Amour éprend ; Il n*08t rien que Amour ne fasse; Amour toult cœur, Amour touU grAce ; Amour délie. Amour enlace, elc.

J'abrège : il y a trente-trois vers.

Martin Lefranc a imité cette manière dans son Champion des dames :

Amours, amours , joie ennuyeuse , Amours , liesse enlangourée ; Amours, charité envieuse , Espérance désespérée ;

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