‹ Traité de versification françaiseChapitre 175 sur 212 · Dépenser · texte numérisé non relu

Dépenser

LICENCES. — INTERSIOlfS. 493

Sinon tas los, ma tendre cornemuse..

Nommer heureux en malheur je les ose...

Dites-le moi , car savoir ne le puis. luaoT.

Ainsi qu*on voit les bien volantes grues

Craquer aigu, quand passer il leur faut. ioi«aid.

Dessous tes lois remettre je nie veux, du billat. Ce qu*encores en vous reconnoltre je dois. id. Mais, ma foi, tout son bien enrichir ne me peut. aioNism. Quelque procès-verbal qu'entendre il me fallût, id.

Douter ne faut qu'il ne s*en entremette, la roiiT.

NOTi 21 (page 97).

Oo a peu remarqué la hardiesse de notre poésie en fait do •nspotitions : je parle des transpositions légitimes , et non e celles qui .^raient forcées. Comme elles présentent une rude Tariété, il est nécessaire d'en réunir un certain nomle d'exemples :

Qui dit, pour être «ain, qu'il faut mâcher à vide. HKONin.

Ciel, à qui voulez-vous désormniii qui* je fie

Les secrets do mon âme et les soins de ma vie? ooa:*.

Cinna dans son malheur est de ceux qu'il faut suivre. .

Mais il n'a pas laissé do me faim juger

Du choix que fait mon cœur quel sera le danger...

Je meurs, en vos discours si je puis rien comprendre, id.

Cest moi sur cet amour que Ton vient consulter 1 th. coa?f.

Ne vous enivrez pas des éloges flatteurs

Qu'un amas quelquefois de faux admirateurs

Vous donne en ces réduits, etc. boil.

Badiie surtout a un art meneilleux pour trouver des in- «niOQS hardies et naturelles. Aux exemples que nous avons )éjjk diés de lui , on ajoutirra les suivants :

LaTbessalie entière ou vaincue ou calmée, Lesbos oiêiiie conquise en attendant l'armée, Ka sont d'Achille oisif que les amusemens. Jt van de point eo point qu'il soit exécuté...

\it K0TE8.

Madamo, pour un fils jusqu'où va nMra «nonrl..

El Dieu sait bien souvent ce qu'elle en rsiiporlo...

Eljo ne ré|H)U(ls pue, avant lo fin du jour.

Que leeéimtcl)argédesvffiux de tout rsinpife...

Conlre im emour (|U! platl pouri^uoi tant de fierté?...

Je ne sais même eocor, quoi qu'il in'»il su proineUra, . Sur d'auLteâ que aur moi si }e puis m'tm remoUrv. . . f Tu VOIS, pour m'arracher du cœur de aes soldats, I Qu'il va chercher SHnsniui les sièges, les combats... 1 Je sais à son retour l'acrufil qu'il me destine... [ Il faut de nos destins que Bnjuzet décide... ['Sait-il en ma faveur jusqu'où va Ion estîtno...

Hélas! si lu savois, pour garder le silcnoe,

Coujbien ce triste cœur s'est Tait de violeoc^...

Il le fâche en ces lieux d'abandonner 1^ pruie. Enfin MoliÈre et Voltaire emploient ^gdeinent des «<>slructioQS que ne permettrait pas la rigueur do bi {inMe

Et sais-tu pas pour lui jusqu'oil va mon ardeur ?hol-

Cmii de qui la conduite offre le plus â rire

Sont toujours sur autrui les premiers à médire....

Sans cesse il a tout bas, pour rompre l'enirelitin,

Un secret à vous dire, et cesecj-fl n'est rien....

Ccst ainsi des fâclieux qu'il faul qu'on se si^pare...

Je songe auprès du prince it bien faire ma cour. fB.

Et Titus, aaimé d'un autre emportemenl.

Suit contre le sénat sun 6er ressonlimeot. volt.

Je sais sur soo esprit ce que peut l'amilié. i>.

^OTE 22 (page W).

r L'inversion de ta jui^posUioii tU, Sûrvanl ili «xprimtf I'' géiiîtîr luliu, usl fiéquentc die/, uos auck-ns poèios, daw >' cas particulier où nous l'avons déclarwi comlaïuuaUe. BornoDs-QQiis à remonter au xvr' siècle : Aprte avoir par bras gUdialAirc Alis sous ses pied:i de Voiise la gloire, t. Itépudiant de guerre lu muLtieur. U>.

LICENCI^H. INVERSIONS.

Que u'ai-je pris d'Alropos le venin j miioT. Sun» lui (lunner de oallie lu luisir...

Ci^rU.'B je Eç.iy que d'ennui les utarmes T'ont fiiit jeter mainto fois maintes larmes... Pour venir ci attendre, en paix, du mort le jour. id. S'il gu^oe, comme t«i, des grands prinoee l'oreille. ouaiLLLAV. 2° Utm construcliou également commune consistait à séarer les prépositions de leur complément. Ex. :

SfS choses onlonna.four a Saint'Jacque aller- (il'BIiSAL.) S'un liom loue un postcur fiour ses brebis garder... L^ Pour liomme garrler de dommage, (ib.)

H> Par, snns (M«ser. vers lea vices nous traire. ) ^^ L'on doit mourir pour son pays défmidre. i. luiior. ^p II ne (aM ri«n, suion s'évertuer H De SBDg Ëpuudre tl faire gend tuer, lb MAins,

H^ Tour ce corps mort conduire en sépulture, haiot. ^^ Hais j'aurois peur de la mère olfenser... ^K Qu'eussé-je fiiit, sans de chez mui partir?... ^F Lui qui tendciït à son roi consoler... F François et lui viennent droit sur la rive De Loire et Seine, afin de Paris voir. m. Puis je vmiilrois en taureau blanchissant Hfl transformer, pour sur mon dos la prendru. no» Pour un ven allonger, que ses ongles il ro^ne. ou bella Sans d'autres argumens son poëme allonger, i». Ni pour d'us pèlerin le vof a^e troubler, baïf. Bref tous soubaile vous puissent advenir, Fors seulement d'en France revenir ! i'as^Bat. Et pour avec i^lat en retirer ma loi. rotbol'. Pour d'un jieuple mutin l'audace foudroyer. TomANT. 3" Rien de plus dur que l'inversion avec un régimo inlirect :

Eldlïion me fuit égal amtuH. bonsarr.

Qui de i'imeel do corps n'aspire iju';iu plaisir, tbbowi. "t" Aujuuni'hiii le pronom personnil doit *>tro imniédi:il«ment suivi du verbe. Autrefois celle construction n'était pas de rigueur, comme le prouve la l'ormule : je sovmgnr, tic. Exemple ■

Quant ixnu à ce jour ne p^niet, (iUBimfc.]

Li œil dont je premier' vous vis. jubdul. Que tout maintenant dépouillé N'en soit quant il en la court entre. (».} Quand tu des siècles partiras, (r. db la bosb. ) Tu, pour savoir, pour labeur et pour seing, Jamais n'auras de bonheur un plein poing, m. lbrusic.

NOTB 23 (page 110).

Je réunirai dans cette note différentes formes de notre ancien langage , différentes règles de notre ancienne grammaire dont les poètes se sont longtemps servis à titre de licences poétiques.

l"" Primitivement le mot amour était uniquement du féminin , ainsi que le mot honneur. Cela résultait de la rè^e générale qui avait permuté le genre de tous les substantif latins de cette classe : fleur, peur, odeur, valeur, mœurs, etc. Plus tard le mot honneur reprit son genre ; amour admit concurremment le féminin et le masculin , tant au singulier qu'an pluriel. De cette ancienne licence nous avons tiré une règle capricieuse et peu fondée en raison , par laquelle le mot amour diffère de genre suivant le nombre.

Racine a fait encore un assez fréquent usage du féminin au singulier ; mais je ne pense pas que Boileau en fournisse un seul exemple :

Crainte est obscure, amour est nette et blanche;

Crainte est servile, amour est toute franche, mabot. Une plus belle amour se rendit la plus forte, malu. L'empereur qui lui montre une amour inûnie. coen. Mais toute mon amour en elle consommée, id. De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse, bac. Sur la foi d'une amour si saintement jurée... Ait pu porter ailleurs une amour qui m'est due... Ne Ta point averti de votre amour nouvelle, id.

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