‹ Traité de versification françaiseChapitre 19 sur 212 · I. Voici deux vers de Roucber · texte numérisé non relu

I. Voici deux vers de Roucber

D'oh U Sicile au loin , m>us trois fronU t'éUndant, Oppose un triple écueil à l'abime grondant^

sur lesquels La Harpe fait cette remarque : « Ces participes à la Un d*UB

vers, i'étendant, grondant, sont du goût le plus faux; ils renpltsaeot b

bouche , mais font peur à roreille. Vous ne trouverez Jamais dans nos bons

versificateurs des participes ainsi accouplés. » Cette critique nous suggérera

deux obser\ations : d'abord dans le second vers , grondant est une épitlièle,

qui peut être admise comme toute autre épitiiète. En second lieu , la raison

qui fait proscrire le particl|)o de la rime est moins , selon nous , une raison

d'Iiarmonie qu'une raison de logique : un mot formant phrase incidente ne

m<^rite pas d'être mis à une place où il frappera rœil , roreille et Tintelii-

gcnce.

Parmi les rimes qu*on doit éviter, comme trop ewnmiiQes , il faut compter les suivantes : larmes , alarmez; famille, fille; prince^ province; poudre, fou-dre; juste, auguste; illustre, lustre; marque, monarque; songe, mensonge; sombre, ombre; hommes, nous smmmes; dieu y adieu, lieu\ etc.

5* Un mot qui vient d*ètre placé à la rime n*y doit pas reparaître avant une quinzaine de vers. Ainsi le retour du substantif eaux se trouve à une distance insuffisante dans Texemnle suivant .*

hd cygne moarant chantoit aa bord des eaux Toraw paresseux dort parmi les roseaux.

Taolôc je ?ous parfois du soin des bei^ries; ie Toui montrois quelle herbe infecte les prairies; Et oonme les pasteurs partagent aux troupeaux L'ombrage, le soleil, les herbes et les anix. sambasin.

On remarquera le même défaut dans ce passage de Voltaire :

s il «c eacor l'aimer, j'ai prumis son trépas :

Je taesdraî ma parole, et tu n>n doutes /xw.

— Mèleriez-voos du sang aux pleurs qu*on va répandre,

Aux flammes du bûcher, à cette auguste cendre?

Frappés d'un saint respect, sachez que vos soldats

Secuîeront d'horreur^ et ne vous suivront /mis *.

I ^•4tjirr »'rl^«> Miu^rnt ronlir tv% timcs, « Il est tri»l<*, tUiw notre \ ^or fon^r fasMc touJ4»urs attrndiT mentongt. — \^ p<*u (ie limrs dr ■gar fiÉI quf*. pour rimrr A hummet, on fait %rnir comnif on peut tê»tMi0 #« «mu gommtt. L'étal où noui tommft, Toum tant que noH$ "■■!>■. 1^ tntk rrwonrtt r»t dV^itrr, il Ton peut, ces malheureuses 'ymf%. tt 4ê pTitMlre un autre tour. ~ t>s w\arqaeif pour rimer à monat' fvi, ru»— ml wmvrnt, ri ne ilol^enl jamai» paraître dans notre poésie, à ^mm far tt§ uuyrçu^j ne ftigniSe qurU|ue rlKMe. 1^ plus grande de toute» n 4/^nÊ»tf% rtl 4e faire leUeweot les ^ ers que le lecteur n*aper^i e pa» qu'on è t%r I i^ii et la riae. •

2. '% p^M rr^arfler roniMe le m^me mot un Mljertif employé au mami*

46 CHàPITRE III.

Mais le retour du même mot en rime est quelquefois exigé; par exemple, quand on veut répondrai quelqu'un, et qu'on répète ses propres paroles:

Malheureux Polyeucte 1 et la loi des àhréiiens T'ordooDe-t-elle ainsi d'abandonner les tiens? — Je ne hais point la vie, et j'en aime Tusage, Mais sans attachement qui sente Fesclavage, Toujours prêt à la rendre au Dieu dont je la tient. La raison me Tordonne, et la loi desc^r^'eiu.

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