VERS DE SEPT SYLLABES
Ces vers sont piani, excepté le troisième et le septième, qui sont tronchi, et conséquemment n*ont que sept syllabes. Le même mètre a neuf syllabes quand il est sdrucdolo :
Quando l'alba in oriente
L'almo sol s'appresta a scorgere,
Giù dal mar la veggiam sorgere ,
Cinta in gonna rilucente,
Onde lampi si diffondono,
Cbe le slelle in cielo ascondono. chubrera.
Voitonario a son accent intérieur sur la troisième syllabe. En français cette position de l'accent est fréquente , sans être de rigueur. Scoppa observe que le vers italien est plus harmonieux si , outre Taccent sur la troisième syllabe , il en a un autre sur la cinquième. On peut dire qu*il en est de même en français :
Je cherchais en vain le reste.
Les vers précités de Métastase , avec leur accent fixe, sont très favorables à la musique. De même en français, pour qu'un chant s'adaptât bien à des vers de sept syllabes, il faudrait que l'accent intérieur fût invariable. Qu'on essaye, par exemple, de mettre sur un air bien rhythmé le quatrain suivant :
J*ai vu mes tristes journées Décliner vers leur penchant; Au midi de mes années Je louchais à mon couchant, rovs.
On trouvera que le premer vers fait disparate : un temps fort de la musique tombera sur un temps faible du vers, le possessif i7}^5> et l'on ne parviendra à éviter cet inconvénient qu'aux dépens de la phrase musicale. Nos poètes lyriques n'ont pas assez égard à l'accent : cependant son importance est telle qu'il vaut mieux souvent lui sacrifier la symétrie. Ainsi , dans le passage précité, un vers de huit syllabes , jeté au milieu de vers qui n'en ont que sept, satisferait mieux le rhythme mélodique , si celui-ci y trouvait son repos obligé :
Je voyais mes tristes journées.
J'ai vu le temps de mes journées.
La syllabe superflue qui se trouve dans la seconde partie da premier vers, et dans la première du second, recevra une note musicale sans importance , et le rhy thaïe ne sera pas altéré.
Cette observation est applicable au vers de huit syllabes et à la plupart des autres mètres.
ROTE 31 (page 193).
Tous les petits mètres dont il nous reste à parler sont anciens : les trouvères les employaient dans leurs chansons, en les mélangeant d'ordinaire avec des mètres plus longs.
Voici le vers de six syllabes :
Vous orrez chose étrange D'un folâtre bien fait, Qui se disoit élre ange ; Mais quand ce vint au fait^ Voulut monter en gloire, Volant comme un pluvier, II mit trop haut son loire ', Si chust en un vivier, (de grot.)
Voici quelques vers d'une pièce également du xv* siècle (Heures de Nostre-Dame) :
Esjouy-toi, Marie, Vierge et verge fleurie, Qui seule as en ce monde Abattu hérésie, etc.
Au XVI» siècle , ce vers était assez en usage. On en trouve quelques exemples dans J. Marot :
S'on ne veut vous aimer, Devez-vous diffamer La dame qui se garde ?
Quand son œil vous regarde, En est-il à blâmer? etc.