‹ Traité de versification françaiseChapitre 3 sur 212 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

i donner unt noavelle édition de cet ouvrage, j*ai voulu qu'il s'adressât à un plus grand nombre de lecteurs. Tout en conservant la partie didactique, j'ai msîsté davantage sur ce que je n'avais d'abord qu'iudiqné dans les notas, et j'ai traité à fond des questions neuves, qui n'ont paru capables d'intéresser la classe si nombreuse des gens qui aiment la littérature, et particulièrement de ceux qui recherchent eorieiisement les origines de notre langue.

La versification française fut bornée d'abord à un petit nombre de règles, qui se multiplièrent à mesure que la langue devint plus poGe et le sentiment de l'harmonie plus délicat. J'ai suivi pas à pas cei différentes phases, depuis les premiers essais de notre poésie. On îcrra toutes les modifications qu'elle a subies sous le rapport de la qvantité syllabique, de la rime, de la césure, etc. On verra les chan- Cenents qui ont eu lieu dans la prononciation, et combien la poésie Wre cette intéressante question de grammaire. On verra comment loi vieux poëtes ont groupé les vers, à quelles époques remontent vi stances modernes, quels types anciens ont été abandonnés, à iKsoreque l'oreille devenait plus exigeante. J'ai souvent rapproché la poéne française de ses deux sœurs, la poésie provençale et l'italienne.

Les nombreux textes publiés depuis trente ans, précieuses archives de notre langue, attendent que le grammairien s'en saisisse, pour y retrouver les fondements véritables et jusqu'ici inconnus de la science graounaticale. J'ai tâché d'en tirer tout ce qu'ils contenaient d'en- Kignements pour l'histoire de notre versification, et j'ai présenté dans Tonke chronologique l'exposé des variations que j'avais â constater, ^li mis à contribution tous les trésors qui m'étaient offerts. Bien des citations puisées dans des ouvrages très-rares ou dans des manuscrits ioédits, pourront, je crois, piquer la curiosité des hommes qui font ne étude assidue de nos vieux textes.

OnigncN'e généralement le rôle que joue l'accent tonique dans notre ^y^lème de versification : je me suis attaché è le faire ressortir. Cette Pirtie, qui avait déjà valu à mon premier travail de nombreux et intposaots suffrages, a été forliûée par de nouveaux arguments et de KHiTeaux exemples. J'espère qu'il ne se trouvera plus personne pour soutenir que la langue française, seule de toutes les langues de l'Europe, ne tient aucun compte de l'accent dans sa poésie.

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