‹ Traité de versification françaiseChapitre 32 sur 212 · Voyez, à la fin du volume, la note · texte numérisé non relu

Voyez, à la fin du volume, la note

LICBRGIS D^OBTROGBAPHE. !)1

laoM, fur qui €la¥dê tvait Jelé les yeui. bac. >iis qui, déthéritaiit Ict fili de Clavdiu». id. MtaiMi que tocile, appuyé de Léii$, boil. oand le ciel me voulut, en rappelant Mécène, près tant de faveun, montftr un peu de haine, ooaiv. ait, tans un Méeéna$, à quoi lert un Auguste ? boil.

En voua ai vu, par un merveilleux cas,

Unis et jointe Virgile et Mécina». noma.

Faut éviter les mots qui prêteraient an ridicule, ne Bnilf, Crasse y pour Bruius, Crassus^ bien qne B*en Mit serri *.

f, iipln|< par te aiCme GomHBt, Jf^Hê, ragiinf^ pir .

oal anr Mibullulloii peu heumisc pour CûsHutg Dariui, De néBe Qpeé), qo*iM irewre dms Dnportet et Régnier; Osie (Omb), éwi Uf HR^ffécriMtdir ( Phidtei) , P^rrkê (P|rriim), dini Boamffdt N a^founThnl InadariMlMrt.

LICENCES DE CONSTRrCTION. ~ INVBBSIO!*.

Notre prose construit les mots d'une maDière fixe et uniforme, que Ton ne peut guère changer. Elle procède suivant Tordre logique, et place successivement le sujet, le verbe ^ le régime ou le complément quelconque du verbe, le complément du régime, etc. Elle ne met que rarement le sujet après le verbe, presque jamais le régime avant le verbe, jamais le complément du régime avant le verbe. Telle est la rigueur de sa construction.

Une des facilités de notre versification, et aussi un des charmes de notre poésie, consiste dans la liberté qui est donnée à celle-ci de modifier Tordre dont nous venons de parler, en d'autres termes d'employer Yinversion.

L'inversion est un des traits les plus frappants qui distinguent en français la poésie de la prose. Ce n'est effectivement qu'un reste de notre vieille langue.

1*" Il est permis de placer la préposition et son complément avant le substantif, ou Tadjectif , ou le verbe dont ils dépendent. Cette transposition est trèsfréquente. Ex. :

Que les temps sont changés! Si lot que de ce jour

La trompette sacrée annonçoit le retour,

Du temple, orné partout de festons magnifiques,

« peuple Mint en Toule iaondoit les portiiiues . WXt tous, devant Fautel avec ordre inlruduits,

Dr IraTschamps danf leurs mains porloient le= premiers fruits.

2° Lorsqu'un verbe en gouverne uu autre à Tininitif, le pronom qui est le régime du second se met légaaiment avant les deux verbes, au lieu d'être Dlercalé au milieu. On dit en prose : je feux le voir; vpoésie on dira bien : je le reiix voir. Ex. : t veux ujrner, aime-inoi sanâ me craindre, cohn. I'Cb terme est équivoque : il le Fiiut éclaircir. doil. ^IfNUl que le cruel qui m'a pu mépriser, ele. rac. irdeâoD Douveau rang, m'osc-l-il môconnollre?... boercineà mes pieds se vient humilier... le, seigneur? il la fiiul oublier...

BAh! sans doute, on s'en peut reposer sur ma foi. ro. ^B moi-roftmeje veux Caller taire sortir, jiol.

; entr'aider : c'est la loi de natuie. la font. tii. je (e vais trouver, jo lui vais uLOir. mii.t,

unanjue. Celte inversion entraîne quelquefois l'élue des deux auxiliaires :

i(f promellre un traitement plus doux, conx, eSI lorsque sur leltône il fnl voulu pldcer. iiAc.

Au lieu de : il a osé xe promettre, etc.

3* En prose , le pronom personnel joint à Timpé- ■alir se met toujours après cet impératif. En poésie, in peut le placer avant, en remplaçant moi, loi, par •ne, le. Il faut observer que cette construction n'a lieu ijoe pour UD second membre de pbrase, et après une des conjonctions el, ou. Au lieu de : ri Ifiissc-toi conduire, on peut dire ; et te lame coinhiiri'. Ex. :

Sor>du trône, et te laisse abuser comme moi. cors.

Eini 'aidez a venger celle commune injuie...

A bien, preads^n la part, et mr laisse la mienne, m.

Polissez-le sans cesse, el le repolissez, boil. Et me laissez ici le soin de ma vengeance, bac. Tu veux servir : va, sers, et me laisse en repos, id. Donnez tôt ce papier, de grâce, et nous laissez, mol. Approchons celte table, et vous mettez dessous, id.

V Les adverbes pas, plus, points construits avec un infinitif, et assez , joint à un adjectif , se transposent quelquefois en poésie, e*est-à-dire se placeot après Tinfinitif ou Tadjectif. Celte inversion a d^i un peu vieilli. Ex. :

Qu'en dis-tu, ma raison? crois-tu qu'il soit possible D'avoir du jugement, et de ne Taimer pas? halh. Je devois vous connottre, et ne m'engager pas Aux trompeuses douceurs de vos cruels appas, botbou. Car c'est ne régner pas qu'être deux à régner, coen. Auroitpu vous connoitre, et ne vous chérir fias... Mais je vous tiens ensemble heureux au dernier point D'être né d'un tel père, et de n'en rougir jx)in<... D'un Romain lâche assez pour servir sous un roi. id. Mais qu'il me soit permis de ne le savoir pas, mol. Aux menaces d'un fourbe on doit ne dormir point, id. Et que tout l'univers apprenne avec terreur A ne confondre plus * mon fils et l'empereur, bac. En m'arracha nt mon fils, m'aurait punie assez, volt.

Ajoutez le mot rien :

J'ai tort de craindre rien sous la loi de Cassandre. botbou. Je verrai Bajazel. Je ne puis dire rien Sans savoir si son cœur s'accorde avec le mien. bac. Et jamais tous ses soins ne peuvent m'offrir rien. mol.

5^ Nous avons dit que la prose met quelquefois le sujet après le verbe, comme dans les phrases suivantes : Vienne le temps , les dépenses qu'a occasionn

I. L'inversion de plus, avec uu verbe à un temps personnel , u*cst aduiisi.* que dans le style qu'on noiuuie maro tique : Ambassadeurs par le peuple pigeon Fareol chuiais , et ai bien travaillèrent / Que les vautours plut ne ce chamaillèrent, la fom .

nwT voire laxe, le xihle où vivait César, etc. Ces Îdversions sont, bien entendu, admises dans la poésie :

ÉCeuï qu engage av«; nous f«««ulU(fn du pays... i^r le repos qu'enfin a retrouvé mon âme... ^Conmenl s'est terminé cf pompeux nacrifiet? id. Os yeuK que n'ont émus m* soupirs ni terreur, rac. PlulÂl que dans mes mains par Joad suit livre Cet enfant qu'à son Dieu Juad a consacre... Où te garde caché, loin des profanes yeux,

(Cl formidable ama» de lances et d'épées. . . Triste objet où des dieux triomphe la cofrrr, Si que nwconnoltroit l'aiil même de son père. ii>. Tgmbent sur moi du ciel fcs p/u.« yraiulx cluUimeHs! mol. Songe que dans tesmaitiâe^t le .<urrde Ion maître, volt. Dans ses yem brille un* daucear perfidf. rouss. Chez eux logea l'amitié gteovralÀe. w.

fi° Dans l'ancien langage français , la transposition du SDJet était fréquente. Jusqu'à Boileau, la poésie profita de celte liberté de construction ', quelle a perdue aujourd hui presque absolument.

Les exemples snivants, qui séloignent de l'ordre de la prose, ont déjà pour nous quelque chose d'ôtraoge:

m Rome à qui vient Ion brut, d'immoler mon amant, cobn. ^1 Pour qui tient .4(i..H..n tous ses trésors ouverts, uoil.

RLMnversioa de l'attribut est généralement proscrite, comme celle du sujet*.

L'inversion du sujet et de l'attribut est admise dans

^Blyle maroti(jw\ . Eu*

W'tojti U noie t b On di

Bm (on *rn* iHuI , kumicUie poiM lu

i. VofciU Ah du cbdpltrc «utiiuL

7'' Très-rarement aujourd'hui noire langue transpose le régime direct, c'est-à-dire le place avant le verbe ^ Nous disons bien : Le bruit que f entends, je la voiSf pour tout dire^ sans rien omettre, à pierre fendre; mais la poésie n'a point, à cet égard, d'autres privilèges que la prose. On ne mettrait plus, avec Malherbe :

Un courage élevé toute peine surmonte.

Cette inversion se voit encore sous Louis XIII. Elle s'est conservée dans le genre marotique*.

Remarque, Autrefois on pouvait, au prétérit Iddèûni, placer le régime direct entre l'auxiliaire et le participe : alors le participe s'accordait avec le régime qui précédait. Nous disons encore : J'ai tout vu,jf n'ai rien entendu ; mais nous ne dirions plus : fat k maison vue, au lieu de, jai vu la maison. Rien de plus fréquent y jusqu'à Boileau et Racine, que la première de ces deux constructions' :

Ont aux vaines fureurs leurs armes arrachées, malh. 11 est de tout son sang comptable à la patrie; Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie, corn. Mais vous avez cent fois notre encens refusé, la font.

Elle n'est plus permise aujourd'hui.

8*" Une épilhète, simple ou complexe, régie par un verbe, peut, en poésie , se placer avant ce verbe, pourvu que cette transposition ne produise pas d'ambiguïté :

Que, semblable à Vénus, on l'estime sa sœur, régmer. Et, quoique tout meurtri, mon Ame encor Tadore. rotrou.

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