‹ Traité de versification françaiseChapitre 33 sur 212 · Voyez ) à la fin du volume, la note · texte numérisé non relu

Voyez ) à la fin du volume, la note

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y \a poésie 86 permet encore dea ioversions plus lardies et qui dérogent eatiêremeot ù la rigueur de la irose, saus toutefois nuire à lu clarté :

Je sais des gens de cour qiifllt esl la politique, cors. PfMseâseur d'un trésor doot je neluis pas digne, Soulfrez avant ma mort que je vous le résigne... Quelque tacbe en mon sang ijue laissent mes ana^lres. m C'est ainsi devers Caeo que tout Normand raisonne, boil. .Mais un auteur malin , qui rit et qui fait rire , Dans ses plaisans accès quî ae croit tout permis.,. ^Wps D'est piis quelquefuis qu'une muse un peu Bno ^Bhrnnmot, en passant, ne joue et ne badine, m. ^nfnn trdne qui m'est du fuul-il que l'un mo chasse, ^Tid'un prince étranger (/"c je brigue la place? bac. Je ne Tais contre moi que vous donner des annes... Je refuse « l'aïUel <le lui servir de guide, ..

^DBas un lAche sommeil rrwt-hi qutnsfveli Achille aura pour elle impunément pâli?... Tu sais depuis leur mort quelle févere loi Béfend a tous les Grecs de soupirer pour moi,.. l'Ignore contre Dieu çiiel projet on médite,.. NéroD devant sa mère a permis le premier Qa'im porMt des Taiscesui couronnés de laurier... yest-il de son pouvoir que le dépositaire?... Jr sais sur ma conduite et contre ma puissance itaqu'tM de leurs discours ils portent la licence. ID.

Ou voit que Racine, qui n'est guère cité pour sa bïrdiesse, savait forcer noire langue de se prêtera

98 CHAFITRB IZ.

DÉFAUTS DB L*|!VYKEnOlf.

ce Le véritable génie, dit La Harpe en louant Blalherbe , a été de débarrasser la langue des inversions qui ne sont pas naturelles. » 11 ne faut qu'ouvrir les poëtes antérieurs à Malherbe , pour voir combien une réforme sur ce point était nécessaire. Il la tenta et l'obtint. Cet auteur si sévère a pourtant laissé échapper le vers suivant :

Mais mon âme qu'à vous * ne peut être asservie.

Nous allons essayer de classer les principaux yices de l'inversion.

r Nous avons montré , par beaucoup d'exemples, que la poésie transpose fréquemment le complément précédé d'une préposition. Cependant il faut avoir soin de ne pas rapprocher deux substantifs dans le même hémistiche. Ainsi l'inversion suivante, qui est perpétuelle dans les anciens poëtes V n'est plus permise aujourd'hui :

Et écoulons du rossignol le chant, marot. Qu'il assemble en festin au renard la cigogne, râgioib. Elle prit de ses jours le printemps pour l'automne, eagan. Sa bonté qui transforme en merveille l'envie, motin.

La Harpe critique ce vers de Florian :

Ceux qui louaient le plus de son chant l'harmonie.

(c Les règles de la construction poétique, senties par les oreilles délicates et exercées , exigeraient que Ton mît :

Tous ceux qui de son chant admiraient l'harmonie.

i . c Cette transposiUon , dit Ménage , n'est pas supportable. > 2. Voyez la note ik la fin du \oluuie.

LICENCES. — IXVtilKSIOX. 99

" De cette manière, l'inversion est bien placée; an lieu que deux substantifs rapprochés forment un hémistiche d'une dureté choquante. »

Baileau a dit :

[œilez de ilarot l'élégaat badinage.

L'inversion suivante serait défectueuse : Imitez »ïec soin de .Vurol ie langa[;e

De même ce vers :

11 donnait de ton aTi les cliarmant«s \e<;ùns. hoil.

deviendrait mauvais si Von mettait :

Il donnait duns ses vers de- son art les leçons '.

2* Quand deux complémeols, dépendants l'un de l'autre, sont précédés tous deux d"une préposition, ils doivent être placés à la suite et dans l'ordre logique.

Voltaire a dit dans l'Orphelin de la Chine : Je D'ai pu de nMn fiU consentir u la mon.

B Inversion dure et forcée, dit La Harpe, étrangère au génie de notre langue. Observez , comme principe général, qoe l'inversion, dont le but est de varier notre versification sans dénaturer les procédés du laagoge, est naturelle au n6lre dans le régime direct, et qu'elle y répugne dans le régime indirect, quand il y a concours des deux particules de et à. AioBi l'on dira très-bien :

J» n'ii pa de mofl fiii envis^er la mort.

I . Boilcau «lait » dâlul «o (ait d')nvers]i>n , qu'il blime U sutiinU i

Mkli » H grtd Mm |»rcill<

tIAil d« mon4* I* iMrtilUe.

• Ctftu tmwposlllon , tSl-ll , ni? p«ut »« MulTrlr. •

(( Mais Ton aura tort de dire :

Je n*ai pu de mon fils consentir à la mort.

(c Pourquoi? C'est que l'inversion est en quelque sorte double. Non-seulement tous mettez la particule relative île avant la mort, qui doit la régir, mais vous la mettez avant une autre particule qui doit naturellement la précéder , avant à : l'oreille alors est trop déroutée. En voulez-vous la preuve? c'est que vous diriez sans aucun embarras :

A la mort de mon fils je n'ai pu consentir.

(c Vous n'avez fait ici que mettre le régime avant le verbe, ce que noire poésie permet; mais dans aucun cas vous ne diriez : De mon fils à la inorO, etc. »

L'exemple suivant présente la même faute :

On 8*étonne de voir qu'un homme tel qu'Oihon Daigne d'un Vinnius se réduire à la fille, corn.

3" On ne peut rien mettre entre la préposition et un infinitif qui lui sert de complément. Il n'est plus permis de construire , comme on le faisait autrefois': saiis de toi me plaindre, pour à loi plaire, malgré de mon père la rigueur ^ etc. Ex. :

Pour à plaisir ensemble deviser, marot.

Quelques exemples semblables se trouvent encore dans Corneille :

Pour de ce grand dessein * assurer lo succès.

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