‹ Traité de versification françaiseChapitre 41 sur 212 · Put plus est un peu rude à l'oreille. > (Voltaire · texte numérisé non relu

Put plus est un peu rude à l'oreille. > (Voltaire

DE l'hiRMUME- 127

4* Deux mots ayaat même eonsonnance qui se suiTent immédiatemeDl :

— fit tl'UD (sil vigilant épiant ma conduite, volt. ^B Tel d'un bras (oudroyani fimdant sur les rebeller, lu. ^L Dans see dessein» toujoui^ à moa i>ere votUmù-e. cukuill. ^^ Sous les coupa qu'ils crui^nuifdf voyaient tomber nusU^lei. [l« uonnoye. ;>* La versiBcation française n'admettant pas l'hiatus , il faut user sobrement des hiatus déguisés, mais réels, que nos règles auloriseot. Nous reproduirons sommairement quelques pointa développés ci-dessus. On devra éviter devant un mot commen^nt par une voyelle :

Er se prononçant é, comme papier innoo'ttl , gtiermitr intrépide j

W^n mot terminé effectivement par la mftme voyelle, après que Télision aura été faite , comme armff 'Irang'ere, nuéciiptmae, ficrfidic inouïe, rua humide;

Les voyelles nasales ', comme tyran inflembte, motion élevée;

Un mot termioé par une consonne, laquelle ne peut » lier par la prononciation i la voyelle initiale du mot suivant, comme cnuip mnemi, champ ensemencé. Tels sont encore nid, loup, drap', etc.

LA aspirée est dure dans certains cas , par exemple Jans et hors'', être hai, ta hair.

H s II fin ilu mlunir'.

M ittnrailw iviMontn» éê tutUv» i|iw Dmh coiuirillons Kt

. OMliuMMlblt*, el pearcot Sin mIoiIsc* aprei uu ri-)io>

llk>l>|Hl«leM»L.. I . Roiliorintilurïrorclllc,

L'hiatus est permis entre la fin d'an vers et le commencement du suivant. Cependant quand le sens est continu I cette rencontre de voyelles a de la dureté *.

& Le poëte pèche encore contre l'harmonie, quand il fait rimer la césure avec la fin du vers :

Sortons ; qu'en sûreté j'examine avec vous ,

Pour en venir à bout, les moyens les plus doux. corn.

Je t'ai préféré même à ceux dont les parons

Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs...

Je tiens mon ennemi, mais je n*ai plus de fils...

Pourquoi ne Tas-lu plus? ou pourquoi Ta vois-tu? in.

De Corneille t;»et7/t sais consoler Paris, boil.

Observe les guerriers, les regarde marcher, id.

Sur un de vos coursiers pompeusement orné. rac.

Ses yeux, comme e/fray^^ n'osoient se détourner, id.

Évidemment cette consonnance vicieuse a été évitée à dessein dans les vers suivants :

Car c'est ne régner pas qu'être deux à régner, cokn . Et ce sang, en tous temps utile à la patrie, Dont je n'ai qu'aujourd'hui souillé la pureté ,

peut , k plus forte raison , adresser ce reproche à ce vers de la Henriade : Et crie à haute voix : Quiconqae aime la guerre, etr.

4. Un poCte qui avait un sentiment délicat de rbarmonie, et qui en observait très-scrupuleusement les lois dans un genre qui permettait d'ailleurs une aimable négligence, Cbaulieu, nous apprend qu*il ne se permettait pas ce conflit de voyelles, c 11 n*est point de soins , dit-U , que je n'aie pris , il n'est point d'études que je ne me sois faites pour n'employer que des mots justes et choisis, qui font la délicatesse de l'expression; mais j'ai voulu encore qu'ils fussent sonores, et j'ai tout sacriûé pour tâcher à mettre du nombre et de l'hannonie dans mes vers. J'ai évité non-seulement des mots durs qui se heurtassent désagréablement les uns les autres , mais encore la coUision ou le choc des syllabes , et même des voyelles et des consonnes dont la rencontre produisoit un son désagréable ; j'ai porté la délicatesse et le scrupule jusqu^i ne pouvoir souffrir que le commencement d'un vers heurtât désagréable' ment la fin de celui qui précédait. Voilà la seule peine et le seul Ui^ail que m'ont coûté mes vers. •>

DE L HARUOniE.

N'aura coule jamais que pour la liberté, volt,

D» ses Irompeun appru le clianne empoisonneur. ib.

On doit coadamDer dans ce vas une simple ressemblance de sons, mfime ne constiluaut pas une rime exacte :

No* <1e<jieïns avortés, nuire haine irompce. cou».

Jusqu'au dernier loupir je veux bien te le dire. id.

Aux Siiumuise^ falan préparer des tortures, boil.

Uu Imnte est confirmée, et !e ci ime achevé, bac.

Qui ni'vse mépriser, après ai'atoir vengée, volt.

7' Les bémislicbes de deux vera ne doivent pas rimer cotre eux. Cette eonsonnance trompe l'oreille, tllui fuit croire qu'elle entend quatre vers de six ijllabea, au lieu de deux alexandrins :

De iulre Ji'jnilc soutenez mieux l'éclat :

Est-ce pour travailltr que vous (tes prélat? boil

Je prodiguai mon mrtg; tout nt place à mes armes, . .;

Je revins Iriomphanl. MAC.

Djmon, les sens Iromptun, et qui t'ont gouiernè,

Tont pivmis uu boiihfur qu'ils ne t'ont pas dooné, volt.

T«l Bourbon descendait a pas précipili^a

Ou haut des murs fumutu qu'il avait emporttîs;

Tel d'un bras foudroyant funilant sur les rebelles, etc. m.

Embrassez, mes enfam., les genoux paternels ;

U'un œil ampaliftanl reganlez l'un et l'autre;

,\ y ïoyei point mon snnj, n'y voyez que le vûlre, la mottb.

V'ullaire signale celte faute dans les deu\ vers sui- UDts :

Amoureux de la glaire et de la vérité ,

Moo eapnt ce peut ootr ' sans être révolté, etc.

130 GBAPITRB U.

8^ 11 n'est pas bien qu'une oésure offre une ooBBonnance avec une rime voisine :

Voilà jouer d'adresse et médire avec art,

Et c*est avec respect enfoncer le poignard.

Un esprit né sans fard, sans basse complaisance» etc. aon

Un fiacre, me couvrant d'un déluge de boue.

Contre le mur voisin m'écrase de sa roue;

Et voulant me tauver, des porteurs inhimaini ]

De leur maudit bAton me donnent dani les têim. A.

U a dans ces horreurs passé toute la nuil.

Enfin, las d'appeler un sommeil qui le fM,

Pour écarter de lui ces images funèbres, etc. mao.

Voltaire a au se garder de ce défaut dana le pawge «ttivant :

Et que de votre époux... Vous ne le croyei jm».

— Non , je ne le crois point, et c'est vous faire injure.

9^ Il faut encore éviter que des rimes masculines et féminines qui se suivent aient le même son» soit dans des rimes suivies, soit dans des rimes et(risée4

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix. Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix. Et qu'à vos yeux, seigneur, je montre quelque /om De voir le fils d'Achille et le vainqueur de IVote. aAC. Vous avez jusqu'ici fait parottre un vrai zèle, Un cœur si généreux , une àme si fidèle , Que par toute la Grèce on vous loue à refit>t« Mais le temps quelquefois inspire une autre envie :

Pour TAincre let esprito.

Les lecteurs amiiâés Pardonnaient, en riant D*étre désabusés.

Au naïf enjouement.

c Qu*est-c6 que tout cela? àt méchants vers dd AX SyUab» e& rUilei Msées? ou de méchants vers alexandrins à rimes plates? »

C'étaient des aleiandrins, que Voltaire a écnti da la sorte, à cause de li rlmt entra les bémbtkbes.

AI LHARMOHIB. 431

Coaime tous, Thémiâtode avait fort bien têrvi, Et dans la cour de Perte il a fini la vie» ooaii. liai prend aaz volereaux de faire les voUurê : L'exemple est un dangereux leurra.

Tous les mangeun de gens ne lont pas grands se^^fneurt : Où la guêpe a passé , le moucheron demeure, la pont.

A plus forte raison , une succession de plus de quare consonnances pareilles est-elle répréhensible^:

Considérez le prix que vous avex coûté :

Non pas qu'elle tous croie avoir trop acheté;

Des maux qu'elle a soufferts elle est trop bien payée ;

Mais une Juste peur tient ion âme effrayée.

Si, jaloux de son heur et las de commatuier.

Tous lut rendez un bien qu'elle ne peut garder, etc. oosh.

Et par respoir du gain votre muse animée,

Veôdroit au poids de l'or une once de firniée.

Mais es vain, direz-vous, je pense vous tenter

Far rédat d'un fardeau trop pesant à porter.

Tout chantre ne peut pas, sur le ton d'un Orphée,

Eolooner en grands vers la Discorde étouffée, aon*.

40* Dans les rimes plates*, la même consonnance le doit pas reparattre deux fois de suite à une rime naseuline, ou aune rime féminine:

Que ses ressenttmens doivent être effacés ; Qu'en lui Isiisant mon fils, c'est l'estimer assez. Fats coonottre à mon fils les héros de sa race; AuLBot que tu pourras , conduis-le sur leur trace : Dis-lui par quels exploits leurs noms ont édaté, Plutôt ce qu'ils ont fait que ce qu'ils ont iti, lAC. Soudain Potier se lève , et demande audience : Chacun , a son aspect, garde un profond silence. Dans ce temps malheureux , par le crime infecté.

I. Mfnf I blâoié MalberlM d'arolr fait les deux quitnlns d*nn sonnet pve en rtacs de coMOonancf analofue t adorée, admirer, demeurer, du* Hii êtimêfH, préférer, désespérer, désirée.

1 MiH tas wt à riaMs aêléis sdnettMt ta redoubtaaiettt dts rtaMS. VffViSi^Hns, p. 74 tisalv»

132 chàp. xu •» db l'harxonie.

Potier fut toujours juste, et pourtant retpeeié. Souvent on l'avoit vu, par sa mâle éloquence. De leurs emportemens réprimer la licence, Et, conservant sur eux sa vieille autorité, Leur montrer la justice avec impunité, volt.

Ces taches se trouvent dans les plus grands poètes^

11"* Certaines rimes sont désagréables à Toreille. Tels sont les prétérits définis et les imparfaits du subjonctif: mUes^ reçûtes ^ vîmes ^ flattasse , reçusse.

La Harpe relève dans La Moite une foule de rimes étranges et choquantes : strophe y apostrophe ^ Zaroastre, astre ^ éooque, époque ^ exacte , acte; enthour siasine, pléonasme; lo, Clio; secs^ Grecs, etc.; et dans Favart celle de déjiote et compatriote*.

Voltaire critique dans ÏOde sur la prise de Naniuff par Boileau, les rimes dépiques et briques, quil trouve avec raison d'u7i effet très-désagréable.

Nous dirons la même chose de la rime sea)e ei perplexe , dont s'est servi le poêle La Chaussée.

4. Dans un passage de Bajaxet (1,4), pendant quatorxe vers, toutes les rimes masculines sont en é,

2. « Ces rimes en ote, désagréables par eUe»-mémes, le sont bien pitis dans un langage sérieux où Ton veut mettre de IMntérét »

NOHBHB, CAT1S\CK, nnTTnHB, ACCENT.

■ le nombre est une euccession de syllabes réunies r dins un petit espace de temps distinct et limité. L'ensemble des nombres d'un vers en forme lu caimre, le rhylhmc

II y a dans les nombres d'un vers, comme dans ceux de la prose» des syllabes sonores cl des syllabes sourdes, accentuées et non accentuées, des temps Torts et des temps faibles.

Les vers français, comme ceux de toutes les lan<;ues modernes, exif^ent certains temps forts, ou, ce qui est la même chose, certains arceiils.

Une oreille tant soit peu exercée sent le besoin de cette harmonie, bien qu'on en ignore généralement U source.

Nous avons déjà indiqué deux accents nécessaires ID ver» alexandrin , celui de l'hémistiche et celui de la rime. Il en a encore deux autres, dont la place ïarie'.

Ces nouveaux accents se placent :

Dans le premier hémistiche, sur l'une des quatre premières syllabes;

Dans le second, sur la septjème, la hujlième, la neuvième ou la dixième.

|. Vvret b BOtr I b Ba du lolnme.

134 CHAPITRE Xll.

Les accents sur la seconde oa la troisième syllabe, sur la huitième ou la neuvième , sont les plus fréquents :

A peine nous sortionê des portes de Trézéne. rac. Il étoit sur son ehor; set (gardes BSÙigés... L'œil morne maintenant et la t^te baissa... Séléve à gros bouillons une montagne humûfe... Us ne connoiMent/>2t«s ni le frein ni la voico,.. Portent de ses cbevtuo? les dépouilles san^^fantet... Où la vertu respire un air empoisonna... Cieuœ, écoutez ma vmx ; terre , prête VoreiUe. m.

Le rhythme est sensible dans tous ces vers. La mobilité des deux accents que nous pouvons appeler secondaires , fait éviter la monotonie qui résulterait de nombres uniformes.

Dans un morceau suivi nous allons retrouver ces

divers accents ^ :

Ce dieu, mattre absolu de la terre et des cieuœ,

N*est point tel que l'erreur le ûgure à vos yeucD :

VÈtemel est son nom ; le monde est son ouvrage :

U entend les souptrt de TAumble qu'on oulro^,

Juge tous les morte/s avec d'égales lois.

Et du haut de son trâne interroge les roti :

Des plus /armes états la chute épouvantoM,

Quand il veut, n'est qu'un jeu de sa fnain redou(a6i#. baq.

Boileau recommande ce genre d*harmonie :

Ayez pour la cadence une oreille sévère.

4. n arrirera quelquefois qu'on ne sera pas d*accord sur It place des accents ; on le sera toujours sur leur nombre. Ainsi l'on peut dédanerdedm manières le vert suivant :

Oui, je viens dans son temple adorer l^Êternel. RAC. Oui, je tiens dans son temple, etc.

Hais personne ne le récitera de manière à mettre trois accents dans le premier hémistiche :

Qui, Je vient dans son temple ,«le.

DE LA CABEKCB. 135

Voici quelques obserratieoe qui aideront 4 Tob* tenir.

Un vers alexandrin eet mal cadencé quand Taecent final (celui de la rime), ou Taccent médial (celui de lliémistiche), sont trop peu marqués; quand il a plus ou moins de quatre accents, quand deux accents se suirent immédiatement.

Passons successivement en revue ces différentes hypothèses.

1 * L'accent de la rime est le plus important. On reflace quand on met à la fin du vers un mot qui i*nnit par le sens et par la prononciation au mot laivant :

Vrai fils de is Ttleur de tes pères, qui foui

(Pmbfû^ des leuriers qui oouroDoeBt leur fhmt. BÉsmtB.

Faut-il donc maintenant t'élonner si je fini

£fic/iii à des humeurs qu'éviter je ne puis, w*

l\ m*a dû, m'attaquent, oonnottre tout entière,

Et M voir que Tbonneur m'étoit sensible au pot'fil

!ffn coosenrer l'injure et ne pardonner point. neTBor.

Quintitien en fait un précepte... «— La p€$$$

Sl,*! du causeur! ^ Et dit U-dessus doctement *. mol.

2* Nous avons donné ci-deuus' plusieurs exemples de vers qui ont i la césure un repos insuffisant , ao accent trop peu sensible.

Nous ajouterons seulement des exemples, dans lesquels le poëte a contrarié d*une manière peu agréable les accents de la prose :

Ua fmi quelquefois 9uvrt un arii imporfaiil. loiL.

( jraod» fiioii que Pradon cntil des termn de ehiffiie. m.

t. ^««vj.êteSadavehmM,liBQ««lt.

La prononciation régulière demanderait que les accents fussent distribués de la manière suivante:

Un fat quelque/bis ouvre un Bvis impor/ont.. l

Grands mots que Pradon croit des termes de chifnte. i.

Le poëte a donc forcé Taccentuation. La cadence ' serait rétablie si Ton mettait :

Un fat ouvre par/bts un avis, etc.

Ces grands mots que Vrsdon croit tonnes de chimie.

Les accents sont bien placés dans ce vers de Molière :

L'amour qui voit pour lui franchir un tel obstacle.

Le vers perdrait sa cadence si Ton transposait ainsi :

L*amour qui pour lui voit franchir un tel obstacle.

S** Un hémistiche a moins de deux accents quand il renferme un grand mot de quatre , de cinq ou de six syllabes :

Je donne par devoir à son affection

Tout ce que Tautre avoit par inclination, corn.

« Affection, inclination, dit Voltaire , ne terminent pas heureusement un vers. »

Imaginations ! — Célestes vérités ! corn.

Se peut-il qu'en ce temps de désolation..,? volt.

La Harpe ' dit, à propos de ce dernier vers : « En

i. Le même critique reprend dans Roucher remploi des grands mots. •«'C*est, dit-ll, avec la môme naïveté quMi croit bonnement ressusciter notre poésie par d*autrcs moyens du même genre , et qui ne coûtent pas davantage : par exemple, avec des hémistiches adverbes ou des adverbes hémistiches, comme on voudra, c'est-^-dlre en faisant d*un adverbe de six syUabes la moiUé d*un vers alexandrin :

Mélnncoh'qu^mnit le long de ce rivage... Le« biches aitcndaicni âilencieusemeni.

« Avec ces belles inventions , renouvelées de Chapelain , on peut faire quantité de poésie imitative ftans pede in uno, comme dit Horace :

Ce grand roi s'avançait raajestueusemem .

DE LA CADEKCE. 137

général, il faut être sobre de ces sortes de mots de cinq gyllabes, difficiles à bien placer dans nos vers, et particulièrement ceux qui TinisseRt en ion. \\s sont Irèa-rares dans Racine. »

Dans ce cas, pourrétablir un rhyllime dont l'oreille a besoin, il arrive qu'où donne deux accents aux mots trop longs ' :

Se peut-il qu'en re temps doàéwlalum. volt.

Avec Briranriieiu je me réconrifre. bac.

Font j nseniil)! trm«nt à mon Jni'midV

Succéder... Je seroTS sen:4ib!e à la pitié? to. Nous verrons, dans le chapitre suivant, qu'on peut quelquefois employer les grands mots d'une manière fort heureuse.

k 4* L'acceat est détruit par une suite d> muets :

PK Vous te mieux r^v^ler qu'il ne me le n^vèle. cork.

L'oreille délicate de Voltaire a été choquée de qu'il ne me le. Il n'a pas expliqué d'où venait celle dureté ; c'est qu'il manque un accent dans cet hémistiche.

Voici d'autres exemples qui présentent le mÊoie défaut :

Caque je vais vous être et M ^y« vous iiuis. cous. (Jutje te h fendrois en la même monnoc. vol. [temam j'ordonnerai ce que je le demaaûe. volt. Mais le pronom /c, qui, placé après un impéralîf, a son e muet accentué, oiïre un son distinct et suf-

Llurric i« gli.uU liiiivnvplIMviiii'iii. • Dui ion Tmiiif de la jio^nr iiatienni' [pav 113;, Scoppa atlrlbiw iii-mrai dirui iceriil* aui frand» mots. Alntf cp \vn : Ccn ir* bu-die fmilnarnmli Utta. Diitn,

□d im acuiit «ir La ilxltme RjlUbe, oo-nl'iummtt.

13$ CflAflTU W.

fiwot poQ? U oadenoe; il faot atair loiQ^ danser caa, de ne pas le faire précéder d*un e moet ^ :

Quoi qu'il ait bit pour vous, traîtei^lt coibiim tel. coaii. II m'en reste encore un ; conservez4e pour elle, lo. Laissez-le respirer, et souffrez qu'un moment, etc. mol.

5* Uq hémistiche qui a plus de deux accents, choque Toreille par sa marche saccadée :

Mol-même, Amauld, ici qui te prêche en ces rimes, boil. Labourer^ couper^ tondre, aplanir, palisser, id. Calc^s^ dit-on^ prépara un pompeux sacrifice. lAc. Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, mol. Sublime, familier, solide^ enjouée, tendre, lamottb.

En général, beaucoup de petits membres de phrase, une accumulation de verbes ou d'épithètes , produis sent ce défaut.

A plus forte raison, des monosyllabes coupés par des repos , en créant une foule d'accents , font-ils des vers rocailleux *• Tel est le suivant :

Buis, prés, fontotnes , fleurs, qui voyez mon teint blême, mol.

6* Quand les accents mobiles sont immédiatement avant Thémisliche ou avant la rime, en sorte que deux accents se suivent, ce rapprochement nuit à Tharmonie :

Ainsi que la naissance, ils ont les esprits bas. ooBif.

1. Voltaire trouve avec raison de la dureté dans cet hémlstlcbe de Cor-

aeiUe :

Si tu peux en douter, ;uge-/« par la crainte, etc. Voyez, sur ce et le, les notes 2 et 0.

2. Dans une traducUon du Paradit perdu par Beaulaton (177S), on lit ces vers :

Td Satan à travers vaux , monts , roes , bois , lacs, prés , Fait route de la tète , et des maiia et d«a pieds.

C'est 14 substituer, comme dit un poète.

Au rhythme peétique «b* pcoso Mais.

DB L« C1.DERCE.

• Oa lit dsDB la tragédie à'Horaee :

Je suis Romaioe, hélasl puisque Horace est Romain, coiin Il y avait dans la première édition :

Je suis RoniBine, htMas! puisque mon époux l'est.

Voltaire blâme ce dernier vers j mais il n'en saisit pas précisément le défaut'.

Uais 5t quelque/'ii'.f, laf de forcer les murailles, boil. Que me sert, en effet, d'un admirateur /adr ? id. Un porteur de hucliet ' qui mal à projws sonne, moi,. Ce monsieur Loyaiporle un air bien déloyal, in. Pui9chsquecaflanipi-«n(iunbdtonpBrle bout, lafoht. , Il vous doit, a-t-JI dit, pluaqu'a Pursenna mime, volt. Vous seule, vous, ma fille, en abusant trop d'elles, id.

" Il n'est personne, dit La Harpe, qui ne sente combien ce pronom d'rllfs, qui finit la phrase et le vers, produitun mauvais effet'.

Ciel! quel vaste concours! A grandissez- cous, t'-mptes- gilbsbi.

H 11 fallait , dit le même critique , que l'auteur eût bien peu d'oreille pour supporter une chute si misérable. »

I. ■ Pourquoi, dll-ll, peut-on llnlr un vers par je le luis, el que mon i|poua l'eif ni proialque. lalble et durT Calque cm irolA!iylUb«sj> le mil ■rulilenl n« compoaer qu'un mol ; c'eit que l'oreille n'eti poiiU ble»séei luais ce mol l'fil, ôétitM et Snlssanl la pbrase, détruit loutr harmonie. > D'abord il ne s'iglt pu)U latolrs'll ya kl quelque chow de proiaîifue ni àe faible : a D'est quMioa qoe d'Itarmonle. Or le déraul d'hirmonlc tknl, non pas a b qualité de U sylbibe l'rât, niali bkn k l'arrent du mol i|ul I» pr<«Ë'<e. i^oui. Cela est ti vrai, qu'on dirait bl'n. en supprliiiuil cet acecnt I la pi!nollKme :

3. Oimct rite lequrl nn appelle ou l'on avprtil de loin tes cl

I. • Et cet effet, a]oute-t-ll, sp retrouvera dîna toutes le«plirMesdUitieuie

lenre, ta prose comme en ter». ' l.a Harpe ne s'i^Ialt pas bien rendu

compte du déliut d'harmonie qui le frappait dans ce vers , el II a gén'ralisit

a tort II criuque. En comUnut mieux les acceoit, le mot d'elle pourri

IfUtt bien être adniU 1 1) fia du ten ;

. le gernlHOii lelB d-tll>.

Le seDtimeDt de la cadence ferait condamner \tà vers suivants :

Le sort Ta, dit-on^ mtM en ses sévères mains... Et mes derniers regards ont vu les domaine fuir.,. Va, je suis Clytemnestre, et je suis surtout reine.

Mais il est satisfait quand on met :

Le sort , dit-on, Ta mise en ses sévères mains, rac. Et mes derniers regards ont vu fuir les Homains. m. Va, je suis Clytemnestre, et surtout je suis retne. volt.

On trouverait difGciiement un exemple où le rapprochement des accents fût d'un effet plus choquant que dans cet hémistiche de Piron :

Celte cruauté m'outra*.

On verra dans le chapitre suivant que Tharmonie imltative peut tirer des effets de Temploi irrégulier des accents.

Différentes manières de couper le vers. — ^ Le repos de rhémistiche n'est pas toujours le repos le plus marqué. Le poëte év^l^4a-4[iton^tqnie en arrêtant ridée et la prononciation après deux , trois ou quatre syllabes. Ce sont là autant de nouvelles césures.

Repos après deux syllabes :

Suiê-moi. Qu*à son lever le soleil aujourd'hui Trouve tout le chapitre éveillé devant lui. boil. Allez : pour ce grand jour il faut que Ton s'apprête, rac. Je sors, et vais pie joindre à la troupe fidèle...

Vivez; vous n'avez plus de reproche à vous faire...

Vivons, si vers la vie on peut me ramener...

Partons, et quelque prix qu'il m'en puisse coûter, etc. id.

Repos après trois syllabes :

Qui me révélera ta naissance secrète ,

Page 1