LA CADENCE
ChtTtnf-mt? E»-(u fils de quelque ïainl pmphele Auras-tu donc toujours dps yeux pour ne poini PtufÀt ingrat? Quoi! toujours les plus graodes ifuurr: donc, et gardei un silence inhurrmin... Juiir art: tout mon sang dans mes v
llepos après quatre syllabes :
'wic< tuitrt heure : allons célébrer ce griinil jour. nAC.
.\on, }« ite più* : lu vois mon trouble el mon effroi...
Jt luîs prèle ; je sais une secrète issue...
HattuTt^vous : le ciel a voulu vous le rendre...
Où lai^sé-je égarer mes vœux el mon e$pril?
y<l'gip«n'u; les dieux m'en ont ravi l'usage. tD. Cc3 nouvelles césures, et d'atilres encore, que l'on place dans le second héaiisliclie , sont plus oïdinairenieut employées pour produire quelqiie efTel d'harmonie iuiilative. Nous y revieudrons dans le chapitre suivant.
Cadekce dk la pEnioue. — La cadence se fait sentir non-seulement dans un vers, mais encore dans une suite de vers. UieQ ne serait plus monotone que les vers alesandrins , si chacun isolément reiifci-mait une idée , ou s'ils tombaient deux à deux. L'art consiste à faire disparattre la monotonie, en donnant plus ou moins d'étendue à la phrase poétique.
« Il faut, dit Voltaire, que les vers ne mart;lient pas toujours deux à deux ', mais que tantôt une pensée soit exprimée en un vers, tantôt en deux ou trois, quelquefois dans un seul hémistiche : on peut étendre une image dans une phrase de cinq ou six
I I. 0 (Hat ROqué quelque part de «lie iucicbsIdd de repos uniformes] VtM ttnt posr l> hme « fmaire puni le mii>.
142 GSAflTRB XII.
vers y ensuite on en renferme une dans nn ou deu^ * il faut souTent finir un sens par une rime, et coinmencer un autre sens par la rime correspondante- ^ Cette harmonie savante et variée, cette connaissance profonde de tous les effets du rhythme n'appartient qu'aux grands écrivains.
Notre poésie admet les périodes riches et nonc^^ breuses. Racine est le meilleur modèle pour ensei^ gner à les distribuer :
Faut-il le transporter aux plus affreux déserts?
Je suis prête : je sais une secrète issue
Par où , sans qu'on le voie , et sans être aperçue,
De Cédron avec lui traversant le torrent,
J*iraî dans ce désert où jadis en pleurant,
fit cherchant comme nous son salut dans la fiiite,
David d'un fils rebelle évita la poursuite.
Voici un autre exemple qui est également extrai ^ A^Athalie :
Jéhu, qu'avoit choisi sa sagesse profonde , Jéhu , sur qui je vois que votre espoir se fonde, D*un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits : Jéhu laisse d'Achab l'affreuse fille en paît , Suit des rois d'Israël les profanes exemples, Du vil dieu de l'Egypte a conservé les temples; Jéhu sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souflHr, N'a , pour servir sa cause et venger ses injures, Ni le cœur assez droit ni les mains assez pures.
Dans les vers à rimes mêlées, il y a un art particu^ lier de prolonger la période d*une manière harmonieuse. On le reconnaît notamment dans Gresset. Témoin ce passage de la Chartreuse :
Sur cette montagne empestée Où la fMila toujoun eroUéa
DB LA CADKNCB.
Tr«tia tsDs cause et bsd> repas , Vers ces demeures odieuses Où tègnenl les longs argumena Et tes harangues ennuyeuses , Loin du séjour des agrénians; EnGn pour 6xer voire vue, Dans celle pédanlcsque rue Où trcnle faquins d'imprimeurs, Avec un air de cons^uence, DODoeot froidemenl audience A cent faméliques auleurs, H est un édiGce immense Où, dans un loisir studieux, Les doctes erU forment l'enfance Des fils des bér«s et des dieux ; Là , du toit d'un cinqui6me élags Qui domine avec avantage Tout le dimol grammairien, S'étËve un antre aérien, Cn astrologique ermitage.
Qui parait mieux, dans le lointain, Le nid de quelque oiseau sauvage Que la retraite d'un humain.
C'est pourtant dans cette guérite, CCBt dans ce céleste tombeau , Que voire ami , nouveau Siylile, A la lueur d'un noir llamt)eau , Pencliésur un lil sans rideau, Dans un déshabilla d'ermite, Vous griffonne aujourd'hui sans fard, Et peut-être sans trop de suite.
Ces yers enfilés eu hasard ; Et tandis que pour vous je veilla Longtemps avant l'autw vermeille.
Empaqueté comme un Lapon, Cinquante rats à mon oreille Ronllenl encore en faux -bourdon.
Cette période, qui esl très-étendue, marche saaa DBoindre gèoe : l'harmonie en eet variée, les re-