‹ Traité de versification françaiseChapitre 44 sur 212 · Amar · texte numérisé non relu

Amar

S. ■ Ca ritoes nnores, mais qui «g perdent eo soni maigres, le batlemeot rfitért dD I air 11 syllabe sulTaule, loot entendre le carillon aioaotoiic <Ic ces ptOiM dodie*. • (Aiàb. )

4. Outre l'emploi de b lettre r. Il j a Id l'heureux elTel de l'Iilotus. Nous «■ parierau Gl-*|vtt.

l. I Quand l')mi(atl<>[i demanilc d« la rudesse dans les tons, nos bons appeler les coosomic» a leur secours, el dire, pour dépeindre

! indomptable taureau, c

iKleSb.)

Panni ces tristes voix, sur ie rivage sombre,

J*ai cru d^Érope en pleurs entendre gémir Tombre.

Dans de nombreux passages , Fauteur des Saisom, Saiot-Lambert, prouve une connaissaDce approfondie de Tari de produire ces effets :

Neptune a soulevé les plaines turbulentes : La mer tombe et bondit sur ses rives tremblantes; Elle remonte, gronde, et ses coups redoublés Font retentir l'abîme et les monts ébranlés.

La mer tombe et bondit... Elle remonte, gronde. Ces deux hémistiches ne font-ils pas entendre le bruit du flot qui heurte le rivage , ou qui est refoulé vers la haute mer ^ ?

La peur, l'airain sonnant, dans les temples sacrés Font entrer à grands flots les peuples égarés... Mais des traits enflammés ont sillonné la nue, Et la foudre en grondant roule dans l'étendue ; Elle redouble, vole, éclate dans les airs. id.

A-t-on jamais mieux rendu Teffet du tonnerre, dont le son se prolonge dans Téloignement, que dans ce vers admirable : Et la foudre en grondant *, etc.

Roucher a recherché avec affectation des imitations de ce genre ; mais il offre aussi beaucoup d'exemples qui sont justifiés par le goût :

La foudre qui sous lui roule, gronde et se brise... A la voix du tonnerre, au fracas des autans... Cependant qu'à leurs pieds les flots encore errans S'étendent en marais ou roulent en torrens... A l'aspect de ces monts suspendus en arcades, Et du fleuve tombant par bruyantes cascades, Et de la sombre horreur qui noircit les forêts.

{. La Harpe {Couu de Littérature, U VIII , p. 89). 1 La Harpe ( n>td. , p. 100).

RAlMOlflB miTATITB. 149

Ia Harpe toae ce yers expressif da môme poète , irlaot d'uQ fleuve débordé :

Il ïmi de loot ms flots la voûte qui Toppresse.

Delille imite ainsi le brait du canon :

El le brooieel rairain tonnant dans les combats.

li rend par un vers heureux l'impression d'une reor désagréable :

D'an acide piquant aiguise encor Taigreur.

T L*emploi de la lettre s conviendra quand le If te voudra exprimer un sifflement, un brait aigu :

La Discorde, à Tasped d*un calme qui Toflénse, Fait siffler ses serpens, s'excite à la vengeance, boil. lU viennent : je les vois; mon supplice s'apprête : Queb horribles serpens leur sifflent sur la tète ! id. Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos téCes? mac

Cet art n'était pas inconnu à La Fontaine, quand décrivait ainsi les efforts de Borée :

Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon.

Fait un vacarme de démon, Sitlle, souflle, tempête...

Entendez le mulet portant l'argent de la gabelle :

Il marchoit d'un pas relevé.

Et faisoit sonner sa sonnette.

On trouve une semblable intention dans ce vers t la H en ri ad e :

L'air siffle, 1^ ciel gronde, et Tonde au loin mugit, volt.

Boileau s>st servi de la même lettre pour exprier l'importunité d*un pédant :

Ceftl un pédant qu'on a toujours à ses oreilles *.

I • Il fMii firqwr, érrit J.-B. R«MitM»ao à BroHf tie, le cboii <kt lyl- ' liéoiliilriie, qui font une Imtffe du liflenent Importun à It

160 GHAFITRB XHI.

3* Noos avons dit * qu'il fallait éviter des rimes masculines et féminines* présentant auccessivement la même consonnance. Mais si le poète parvient à imiter un bruit par cette uniformité de désinences, ce qui serait en général un défaut devient un mérite. On a loué ce passage de Racine :

0 mont de SinaY, conserve la mémoira, ete.

Dis-nous pourquoi ces feux et ces édain. Ces torrens de fumée et ce bruit dans les air$.

Ces trompettes et ce Umnerrê :

Venoit-il renverser L'ordre des élémensT

Sur ses antiques fondemens

Venoit-il ébranler la terre?

Cette harmonie a été imitée par Rousseau * :

Le roi des deux et de la terre Descend au milieu des éclairs :

Sa voix, conune un bruyant tonnerre, S'est fait entendre dans les airs,

W" La répétition consécutive de la même coûsonnance, que nous avons blâmée en parlant de rharmonie en général, est quelquefois d'un heureux effet. Elle peint une action réitérée; elle montre un à ud tous les détails d'un événement ou d'un portrait :

Français, Anglais, Lorrains, que la fureur assemble. Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble.

[VOLTAIU.

nlson. Nous avons peu de rers dans notre langiue, qui expriment, comiP^ cdoi-cl, la cbote par le son, » U y en a on asseï grand oonlMre dans BoUea*''

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