‹ Traité de versification françaiseChapitre 62 sur 212 · Le duc de la Trémouille · texte numérisé non relu

Le duc de la Trémouille

fltS n MPTÉlUms MESURES. 189

J'y voit 06 vaiBqoear de reovie, Qoi, par la ftffte et la génie, Mil la fortooe à la raison ; Qui des débris de sa maison Fit les fondemens de sa gioire, Aox grands projets donna fesser Et des ailes à la Victoire, Et la troatait trop lente encor.

5t SQitoat possède Tart de soutenir d'une harmonieuse et ? ariée une phrase qui a de

Des mortels j'ai vu leschîmères :

Sur leurs fortunes mensongères J*ai vu régner la folle erreur; J'ai vu mille peines cruelles Sous un vain masque de bonheur, Mille petitesses réelles Sous une éoorœ de grandeur, Mille làdietéi Infidèles Sous on coloris de candeur ; El j'ai dit du fond de mon cœur :

Heureux qui, dans la paix secrète D*une libr« et sûre retraite.

Vit ignoré, content de peu, Et qui ne se voit point sans cesse Jouet de Taveugle déesse, Ou dupe de Faveugle dieu !

Ts. <— On reconnaîtra dans ce vers tantôt ntAt trois accents, d'abord celui de la rime , ou deux autres dont la place peut changer ' :

Loin de vtmi Vêqiùlon fougueux

SiMÏÏie la \nquanie froidure ;

La lerrt reprend sa verdure :

Le ciel 6ra]le des plus beaux feux. suum».

d^èri-drMU», |». lU. Is aeie à Is Sa da lobauf .

190 CflâPiTH lif.

Se dissipe et 8*évanouif . ROuas.

Les Satyres tout hors d*b»ietiw Sur leurs thyrseè entrelaoés. i».

Cette mobilité de Taccent ou des accents intérieurs donne une grande variété à ce vers. Une oreille délicate sentira toutefois quand un aeceat sera mal placé. Ainsi dans ce vers :

Quand je te rediras ce dkani.

le premier accent^ rejeté trop loin, produit de la dureté.

Deux accents consécutifs choquent également :

Ma foi , je ne meotirat jà, marot.

Comme dans les vers de douze et de dix syllabes , Taccent porte quelquefois sur un e muet :

Àb ! sans un de j'aurais dû nailre. BéRANGEB.

Enjambement. — Dans ce vers, comme dans ceux dont nous avons parlé jusqu'ici , le mot de la rime ne doit pas être étroitement uni avec celui qui commence le vers suivant , comme on le voit dans ces exemples :

Veux-tu savoir à quelle fin

Je t'ai mis hors des œuvres miennes ?

Je l'ai fait tout exprès, afin

Que lu me mettes hors des tiennes, maiiot.

Car d'être mis au catalogue

Des poètes^ ah 1 ce n'est pas,

Comme tu pensois, petit cas. id.

Crois plutôt que jamais les cieux

Ne regardèrent favorables

Lenvie, et que les envieux

Sont toujours les plus misérables, votin.

Ces deux derniers rejets ne seraient permis que si le vers était complété par un nouveau membre de phrase :

▼ItS DE Dli^riMUtfiB MESURES. l9t

Dfs puëUi \eA plus fomenx...

L'efii*i> à VteSi loucha et bigird.

iToi pratique quelquefois dans co vers, comme celui de dix syllabes , renjambenienl de quatre 1)08*; mais ici les poètes postérieurs n'ont pas ion exemple , comme dans Tautre cas.

us retrouTerons le vers de huit syllabes quand parlerons des stances.

S 5. vus DE SEPT STLLAIIS.

vers de sept syllabes, ou de trois pieds et demi,

rnt, comme le précédent, à Vépître familière,

Dte , à Tode , à la chanson '.

Fontaine a fait plusieurs fables en vers de sept

«s. Voici le commencement de celle qui a pour

Jupiter et les Tonnerres :

Jupiter, voyant nos favlea, Dit unjuurdu haut des airs :

« Remplissons de nouveaux h6U% Les cantons de l'univeni Habita parcelle race ijui m'importune et me la^se.

Va-tVn, Mercure, aux enfers; Amene-moi la Furie La plus cruelle des troîiii.

Race que j'ai trop chérie.

Tu pi'riras cette fois ! »

Jupitt-r ne tarda f^ere

Il .ut f»i pcriui» «|b il • c ^''Uf l'a fovf 41 foi. Pt «|u'il Mf l>>u<*. . Lir-i^. *ii. ••*! 1 hruivt el Hnnie L fnlir:ttndfat. ^t^•i^ dit «ii». ■ .

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rjci U ovic ft la Sn du «olunii-.

A modérer son transport 0 vous, rois, qu'il voulut faire Arbitres de notre sort, Laissez, entre la colère Et Forage qui la suit, L'intervalle d'une nuit.

Chaulieu a su mettre dans ce vers, comme dans celui de quatre pieds , Télégance et Tharmonie :

Mais où suis-je? quelle ivresse Hors de moi m'a transporté !

Quel bruit 1 quel cri d'allégresse, Sur l'aile des vents porté.

Vient de frapper mon oreille !

Je vois du port de Marseille Tout le pompeux appareil, Et nos galères par^ Faire briller au soleil Leurs magnifiques livrées.

J'entends ces reines des mers Des cris de mille coupables Et de ces voix misérables Former de charmans concerts.

Je le vois : sur sa galère Ce général ' est monté :

Déjà son humanité Dans le sein de la misère Fait renaître la gaité.

Ce demi-dieu secourable Vient, dans un séjour affreux, D'un arrêt irrévocable Consoler les malheureux, Sûrs que son cœur pitoyable De leurs maux se touchera, El que, sensible à leurs peines, Ne pouvant briser leurs chaînes, Sa main les relâchera.

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