‹ Traité de versification françaiseChapitre 65 sur 212 · VERS DB CINQ STL|4B£S · texte numérisé non relu

VERS DB CINQ STL|4B£S

Le vers de cinq syllabes , ou de deux pieds et demi, est tantôt seul, tantôt joint à des mètres plus longs : dans les deux cas , il est spUYent destiné à la musique. Ex. :

Dieu descend, el revient habiter parmi nous : Terre, frémis d'allégresse et de crainte ; Et vous, sous sa majesté sainte, deux, abaissez-vous. rac.

On le trouve dans une chansonnette de Malherbe :

Cette Anne si belle, Qu'on vante si fort, Pourquoi ne vient-elle?

Vraiment elle a tort.

Dans des intermèdes de Molière :

Dans vos chants si doux.

Chantez à ma belle.

Oiseaux, chantez tous Ma peine mortelle.

Mais si la cruelle Se met en courroux Au récit fidèle Des maux que je sens pour elle, Oiseaux, taisez-vous.

Et souvent dans Quinault :

Chantons tour à tour Dans ces lieux aimables :

Les dieux favorables

Y font leur séjour; Les seuls traits d*amour

Y sont redoutables.

Chantons tour à tour Dans ces lieux aimables.

Rousseau l'a employé avec bonheur dans sa Cantate de Circé :

Sa voix redoutable Trouble les enfers ; Un bruit formidable Gronde dans les airs ; Un voile e£firoyabIe Couvre l'univers ; La terre tremblante Frémit de terreur*; L*onde turbulente Mugit de fureur ; La lune sanglante Recule d'horreur.

On s'en sert aussi dans des pièces de longue haleine, particulièrement du genre descriptif.

Madame Deshoulières Ta choisi pour son idylle allégorique, que tout le monde connaît :

Dans ces prés fleuris Qu'arrose la Seine, Cherchez qui vous mené, Mes chères brebis.

J'ai fait, pour vous rendre Le destin plus doux, t> qu'on peut attendre D'une amitié tendre ; Mais son long courroux Détruit, empoisonne Tous mes soins pour vous,

I. lu critique moderne, M. Onésimc Leroy, a signalé le méiue rbyUinie dans une ancienne pièce de la Passion :

I.e ciel s'obscurcit, I.u )uui' souffre nuit, La terre fréniil, Scntdot telle outrance.

VF«S DF DIFFfiRENTRS MESfRFiï. ^ QT

fUl vmis abandonne Aul filreiirs des lorjpa.

Seriei-ïoua leur proie, Aimable Irouppau, Vous de ce Itanieau L'honneur et lu joie? etc.

Gentil Bernard a écrit plusieurs pièces en ce mèp '. Voici un Tragmenl d'une ÉpUip mr l'Hiver -.

Coulez, mes journées.

Par un nœud si beau

Toujours enchittnées,

Toujours couronnées

D'un plaisir nouveau I

Qu'à son gré la Paniue

Hilte mes instans,

A son gré lee marque

Aus fastes du temps!

Je l'allends sans crainte :

l'or sa rudeaileinte

Haisj'auraivécu.

rilerons encore le commencement d'une

■srrifilion jioi'lifiiff du Malin, par Bernis :

I^ feu des étoiles

Commence à pâlir;

1^ Nuit dans ses voiles

T/iurt s'ensevelir ;

L'ombre diminue,

Rr, comme une Due,

S'éK-ve et s'enfuit;

Le jour la poursuit,

Kt pnr SB présence

Chasse le silence,

Rnranlde la nuit.

L'smoiircux Satyre,

r tkshoulièrrK cl Kpniiril v m

198 CËAPltftR XIV.

Au malin sourire, Déjà dans les bois Conte son martyre; Mais, sourde à sa voix, La nymphe timide Fuit d*un pas rapide.

Cdfl ters ont un accent intérieur^ dont la place varié *.

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A mesure que nous avançons ^ les mètres vont devenir d'un usage de plus en plus Nure.

Le vers de quatre syllabes^ ôd de deux pieds, s'emploie seul ou se mélange avec de plus grands vers *. 11 convient au genre lyrique et au genre familier :

Rompez vos fers, Tribus captives ; Troupes fugitives, Repaaset les monts et les mers. sAc.

Quinault en a fait souvent usage :

Que nos prairies

Seront fleuries!

Les cœurs glacés Pour jamais en sont chassés.

Ces lieux tranquilles

Sont les asiles

Des doux plaisirs Et des heureux loisirs.

La terre est belle,

La fleur nouvelle

Rit aux zéphyrs.

4. Voyei, à la fin du volume, la note 39. 3. Voyez la note 33.

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