‹ Traité de versification françaiseChapitre 71 sur 212 · CHÀP. XV. — MÉLANGE DE MÈTRES · texte numérisé non relu

CHÀP. XV. — MÉLANGE DE MÈTRES

Contemple avec effiroi la funeste peinture Des maux dont gémit la nature :

Aux erreurs, aux tourmensle genre humain livré, Le crime, les fléaux de cette race impie

Dont le diable 8*est emparé.

Je dis au mont Etna : « Pourquoi tant de ravages, Et les sources de feu qui sortent de tes flancs? » Je redemande aux mers tous ces tristes rivages Disparus autrefois sous leurs flots écumans ; Et je dis aux tyrans:

« Vous avez troublé le monde Plus que les fureurs de l'onde Et les flammes des volcans. »

Enfln, lorsque j'envisage.

Dans ce malheureux séjour.

Quel est Thorrible partage De tout ce qui voit le jour, Et que ta loi suprême est qu*on soufl're et qu'on meure,

Je pleure.

Une tirade suivante se termine par les mots Je riîf qui forment également un vers d'un pied, et ces deux refrains ; d'un effet si heureux, reviennent encore une fois alternativement.

Dans sa première Messénienne^ Casimir Delavigne a donné un bel exemple de ce rejet d'un petit vers :

Parmi des tourbillons de flamme et de fumée, 0 douleur! quel spectacle à mes yeux vient s'offrir? Le bataillon sacré, seul devant une armée, S^arréte pour mourir.

Stanre vient d'un mot italien isUnizn) qui signifie "■epOB. D'après son étyinologie, \a.stiiiiire.sl donc une ^uile Je vers formant un sens complet'.

On donne eu particulier le nom de sttinces à une l'ièce de poésie composée d'uD certain nombre de siances.

Les stances sont irréguiibi-es ou ré'julii'rpx. Les premières ont plus ou moins de vers, de mesures difféppDles, et dont les rimes sont diversement entremêlées. Elles rentrent dans les vers libres; nous n'avons pas à nous en occuper.

Les stances rr;fiilièrrs présentent un nombre déterminé de vers, et assujetti, pour le mètre el pour le mélange des rimes, à. une rèf-le qui s'observe dans toute la pièce- Dans l'ode les i/aiiccs se nomment s/fo;)/ies, et cou- I jtlelis dans la chanson.

B DaDs les pièces de poésie intitulées stanceSf chaque

^L I. • L« itance «M lUK période poétique syuifirlqiieinetit composée. Il rsl

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* ifDctquFrols le Kns n'est que Mupendu ; mal» Je la prends, pour li définir, dans

M foraw U plus régulière; et au gré de l'oreille, comme au gré de l'esprit,

La mnee U nteui arromlle est cpIIc dont le eadrr embrasse une pensée unique,

•« qui N tenolne, comme elle et atec elle, par un plein repoi. ■ (UiuioiiTii.]

218 CHAPITRE XTI.

stance n'a ordinairement que quatre, cinq ou six vers.

Dans tout cet article nous ne nous servirons que du mot stance. II sera bien entendu que, s'il s'agit d'une ode , stance sera synonyme de strophe.

Une stance s'appelle quatrain^ si elle a quatre vers; sixain, si elle en a six ^ ; huitain ou octave, si elle en a huit; dizain, si elle en a dix.

Les stances peuvent employer un mètre unique, ou combiner ensemble différentes mesures.

Nous appellerons isomètres ' les stances qui n'auront qu'un seul genre de vers.

Les mesures qui se trouvent le plus souvent mélangées dans les stances sont l'alexandrin avec le vers de huit syllabes ou avec celui de six.

RÈGLRS GÉPrÉRALES.

r Le sens doit être complet à la fin de chaque stance.

2"" Une stance ne doit pas se terminer par une rime de même nature que celle qui commence la stance suivante; ou, ce qui revient presque toujours au même, une stance ne doit pas commencer et finir par des rimes de même nature '.

3"* Comme les stances se terminent presque tou-

4. Quelques auteurs appellent quinfil une atanee de cinq vers. J'ai vu ieptain pour stance de sept vers, mais ce mot est rare.

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