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INTRODUCTION

Le présent Traité contient non seulement la Théorie, mais aussi la Pratique de la Yoga, c’est-à-dire l’un des six systèmes de doctrine de la philosophie hindoue, de la philosophie orientale.

La Yoga traite des procédés à l’aide desquels les mystiques hindous, dénommés acquièrent des

facultés remarquables, assez surprenantes pour nous Occidentaux ; par exemple, ils acquièrent le pouvoir de s’abstenir de prendre aucune nourriture pendant des laps de temps considérables, bien autrement longs que ceux auxquels nous ont habitué les Merlatti, les Succi, les Tanner, les Sacco et autres jeûneurs connus (i) ou célèbres.

Les Yogis contractent aussi la faculté, ont le pouvoir de se montrer insensibles à toutes les intempéries de l’air, à toutes les impressions extérieures, à s’extérioriser, à se mettre en catalepsie, etc., etc.

Pour obtenir de pareils résultats, les Yogis doi-

I. Sacco a jeûné quarante-six jours au cours d’une exhibition à Londres en 1907 ; pendant cette période, il a perdu près de 26 kilos de son poids. (Expérience de janvier-février 1907.) Succi à Genève a jeûné trente-six jours.

vent pratiquer des exercices, s’entraîner pendant un temps fort long et pour mieux accomplir leurs pratiques et exercices, ils habitent des demeures souterraines, dénommées Gamph'as et Goump-Ha.

Ils ne connaissent pas l’usage du sel marin {chlorure de sodium) et ils font du lait leur nourriture principale ; ils en sont même très friands, ce sont là des faits connus de bien des personnes.

Pendant le jour, le Yogi reste enfermé dans sa demeure, dans son souterrain, mais la nuit venue, il sort pour faire de l’exercice, c'est un noctambule ; ce n’est, en effet, que pendant la nuit que les Yogis se promènent, ils accomplissent leur promenade très lentement, tous leurs mouvements sont, du reste, lents, ils ont l’air engourdis, on dirait des convalescents, c’est du reste un peu leur cas.

Quand les Yogis se reposent, ils affectent principalement deux postures, respectivement dénommées Padmâsana et Siddhâsana (i). Ces postures leur permettent de respirer aussi peu souvent que possible, ce qui allonge leur vie.

Cette manière de vivre ascétiquement, fait que le Yogi ne craint pas les changements brusques de température, ainsi que l’inclémence du temps et des saisons.

Quand les Yogis sont capables de rester deuxheu-

I. Conférer ces deux ternies in Glossaire dans le Livre des Respirations (Paris, H. Chacornac), et dans le cours de la présente étude aussi.

res dans les postures que nous venons de désigner ; alors, mais alors seulement, ils commencent à pratiquer les exercices de la Yoga, exercices fort nombreux comme nous allons le voir dans le cours de notre étude, et dont les principaux sont dénommés : Prânâjamâ, Prâthyâhara, Dhârana, Dhyâna Samadhi, etc., etc., car la nomenclature de ces exercices est asez longue.

Ceux qui connaissent bien les Yogas connaissent donc la Philosophie Orientale, aussi pouvons-nous dire avec raison que ceux qui veulent connaître celle-ci doivent étudier les Yogas.

La philosophie orientale est longue et compliquée dans ses nombreuses divisions, elle apprend beaucoup à l’homme (surtout l’auto-suggestion ou Magnétisme Personnel), elle contribue considérablement à son évolution, mais il est un point sur lequel elle insiste grandement, parce que celui-ci est la clef qui ouvre toutes les connaissances, la science intégrale à l’homme et lui fait parfaitement connaître les lois de la polarité, de l’Aimantation universelle, en un mot la Vie Cosmique.

La philosophie orientale fait également connaître : quelle est la nature de l’homme, la place qu’il occupe dans l’Univers, quel est le principe de l’Etre, en un mot l’adage Socratique ; « Connais-toi toi-même », qui correspond aux paroles de Jésus de Nazareth,

disant à ses disciples : de chercher en eux-mêmes le Royaume de Dieu.

Ce n’est en efiet, qu’en rentrant en nous-mêmes, que nous pouvons trouver la vérité, Dieu, comme en témoignera un passage d’un livre du P. Gratry que nous mentionnons plus loin, page 6.

L’homme dans son intégralité contient la Force Cosmique même.

Il n’y a donc qu’une chose que nous puissions étudier à fond : c’est nous-mêmes.

Ceci étant bien connu, nous connaissons la nature même de la Force cosmique.

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