LA PRATIQUE DE LA YOGA
Méditation. — Art et Science du Souffle. — Sommeil
Avec le présent chapitre nous allons entrer dans le domaine pins pratique encore de la Yoga, et nous allons exposer tout d’abord, comment l’étudiant doit rechercher en Soi, les moyens d'opérer sûrement avec les secrets de la Yoga philosophique qui est pratiquée par des millions d’Hindous et de Bouddhistes.
Disons avant toutes choses, que l’étudiant devra s’entraîner dans ta méditation, dans la méditation mystique surtout, dénommée en Sanskrit, comme nous l’avons déjà vu Japa.
Une excellente chose pour pratiquer la Yoga consiste à savoir méditer, à se livrer à la méditation. Ceci paraît bien simple et chose facile de se livrer à la méditation mystiqne ; or en réalité, rien n’est plus difficile, comme nous allons voir.
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Et cependant, ce n’est que par la méditation, que nous pouvons évoluer, que nous pouvons poursuivre les destinées de notre âme, de notre personnalité et pratiquer aussi avec fruit la Yoga.
Aujourd’hui, on lit beaucoup, (j’entends ceux qui lisent), car une classe de désœuvrés, ne lit pas du tout. Cette classe fait du Sport, rien que du Sport : courses, lawn-tennis, canotage, équitation, foot-ball, automobilisme, etc., etc. •
Cependant à notre époque bien des intellectuels lisent, lisent beaucoup, se farcissent la mémoire de quantité de choses, qui ne leur sont pas d’une grande utilité.
Or la lecture, ne vaut pas, tant s’en faut, la méditation.
Est-ce-à-dire qu’on ne doit pas lire ?
Celte idée est bien loin de notre pensée.
Par la lecture, on se distrait, on s’instruit, on apprend plus ou moins, suivant le genre de lecture qu’on poursuit ; par la lecture, on peut devenir un érudit, un savant, causer de tout, de omnire scibili et qaibusdam aliis !
Voilà ce qu’on apprend, ou du moins ce qu’on peut surtout apprendre par la lecture ; et beaucoup de gens après avoir lu longtemps, ont tout oublié au bout de quelques jours !...
La méditation au contraire, élève l’esprit, fortifie
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Tâme, crée une individualité et lui donne son self Governement.
Méditer est un effort difficile, qui demande, qui exige même, un entraînement constant et suivi. Et s’il n’est pas donné à tout le monde d’aller à Corinthe {si licet omnibus adiré Corinthum), il est encore moins permis à tout le monde, au premier venu, de pouvoir réfléchir, de pouvoir penser et méditer, car il n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire, de fixer son esprit sur une idée, sur une pensée, de la tourner et delà retourner, et de réfléchir sur cellerci. Et cependant, on ne saurait trop s’entraîner à cet exercice de la pensée, par lequel on arrive à la fixer sur une idée, à l'analyser, à l'étudier, à l’envisager sous tous ses aspects, à la comparer ensuite à d’autres idées du même genre ou d’un ordre different, suivant le cas qui se présente à l’esprit.
C’est dans la méditation, que réside le secret des idées nobles et fortes, de celles qui ne connaissent point la défaite; c’est enfin par la méditation, qu’on peut soutenir lame dans ses épreuves, dans ses aspirations, dans ses élans vers l’idéal, vers l’infini,
vers I’Absolu ou Dieu ! .
Et à ce titre la méditation est un Mantram, un Talisman unique, merveilleux, à nul autre pareil!... Ceci est si vrai, que rHindou dit en un aphorisme : « Celui qui ne sait pas méditer, ne saurait prier ! »
TRAITÉ DE VOGA
Et par la Prière, il faut entendre ici, la prière libre de toutes les mesquines aspirations de l’égoïsme, de V égotisme même, de tous désirs terrestres... de toute demande des biens de ce monde.
Il faut donc entendre, parce que nous venons de dire, la grande, la seule prière supérieure, celle qui est l’union ( Yoga) mystique de la créature avec son Créateur, de la prière qui illumine l’âme du Croyant et l’éblouit dans un merveilleux éclatement de lumière ; d’une lumière si intense, qu’il perd pied dans l’humanité...
C’est cette illumination sublime qui a fait dire à Léonard de Vinci, un grand Occultiste ignoré : qu’on ne peut avoir de plus grande Seigneurie que celle de Soi-même!...
Pensée profonde sur laquelle, on ne saurait trop méditer!... (i).
I. Léonard de Vinci, comme tous les grands artistes inspirés, connaissait beaucoup A' Occultisme , nous en avions souvent causé avec notre ami le regretté Eug. Muntz, Bibliothécaire-Conservateur de l’Ecole nationale des Beaux-Arts qui, à la suite de nos conversations avait écrit dans une Revue une belle étude sous ce titre : U Occultisme dans l’Œuvre de Léonard de Vinci.
Nous avons dit et écrit souvent que tous les grands artistes étaient médiums, voici ce que le grand peintre Orientaliste Eugène Fromentin pensait sur la mort :
« Je ne crois pas à la mort, c’est un passage sombre que chacun de nous doit rencontrer à un moment donné de la vie. Beaucoup de gens s’en alarment, ceux à qui l’obscurité fait
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Par la méditation seule, l’esprit apprend à se dégager de l’ambiance troublante qui l’entoure ; c’est par elle que l’âme de l’homme s’élève au-dessus des petites préoccupations de la vie quotidienne et qu’il peut, dans ses conditions, demeurer tout entier à ses réflexions et s’adonner entièrement à l’objet de ses réflexions, sans se laisser distraire par aucune pensée passagère, étrangère à l’idée de sa méditation.
C’est seulement alors, quand il a acquis le contrôle sur ses idées, que l’homme est véritablement le maître de ses pensées, et qu’il peut pratiquer la méditation parfaite. Mais comment arriver à celle-ci ou même seulement à la méditation, qui nous peut donner la puissance du contrôle sur le Soi intérieur ?
On peut y arriver de plusieurs manières, mais nous étudierons ici, le mode employé par les Orientaux.
En Orient, les Ascètes {Rishis) et les disciples (Lanoas, Chélas) s’entraînent en s’aidant tout d’abord des objets extérieurs. Cela se comprend, il est en effet, bien plus facile de réfléchir un certain temps sur un objet, une image objective, qu’on a sous les
peur, comme aux enfants. Quant à moi, les trois à quatre fois qu’il m’est arrivé de m’y trouver tout près, j’ai vu de l’autre côté, une petite lumière, je ne sais trop laquelle, mais évidente et qui m’a tout à fait tranquillisé. »