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yeux, que sur une idée abstraite quelconque. On peut considérer l’objet extérieur comme un aimant, qui attire notre pensée, la retient et la fixe, comme le fer est attiré, retenu et fixé par cet aimant, et bien que l’effort à faire soit encore considérable, il est moins pénible en considérant cet objet extérieur, visible, saisissable, palpable.
Essayons donc de la méditation, avant de pratiquer la Yoga, et faisons tous nos efforts pour penser et méditer; comparons un objet extérieur à un autre ; étudions ce qui les différencie, analysons, disséquons ces objets entre eux ; et quand nous aurons pratiqué longtemps cet exercice, nous commencerons à savoir penser, savoir méditer, car nous nous plaisons à le répéter, la méditation est un enseignement profond, qui nous prépare à la pratique de la Yoga et qui nous conduit à savoir prier, enseignement que rien ne saurait remplacer.
La Méditation, nous démontre en outre, combien nous sommes peu les maîtres chez nous, dans la poursuite d’une pensée ; combien il nous est difficile de creuser un seul sujet. Nous n’avons pas plutôt fixé notre esprit sur une idée, qu’une autre arrivant, chasse la première et que successivement d’autres nouvelles s’emparent de notre esprit.
Il ne faut pas se laisser conduire par ses voyageuses vagabondes, qui partent, arrivent, surviennent tour à tour avec une désinvolture déconcertante, elles
TUAITé DE YOGA
s’imposent et disparaissent malgré nous, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, et dont en fait, nous qui devrions être le maître, n’en sommes que l’esclave soumis.
En résumé, l’étudiant de la Yoga doit moins lire, (sauf les ouvrages techniques sur cette philosophie) et doit méditer, s’il tient à se perfectionner, à devenir meilleur; à évoluer et à retourner dans le sein du Père ; en Nirwâna, qui n’est pas un anéantissement final, comme se plaisent à le répéter, quantité de sacerdotes ou d’Hiérophantes, de toutes les Religions diverses, qui voudraient tuer sous le ridicule la belle philosophie hindoue, le merveilleux Esotérisme théosophique Oriental.
Ce qui précède étant bien compris par l’étudiant de la Yoga, nous allons passer à l’étude de la Respiraliop et de l’Hivernage Humain, qui sont deux des principales branches de la Philosophie Yoga et que doit posséder à fond l’étudiant qui voudra progresser dans cette haute philosophie.
L’art et la science du souffle
La présente étude n’est, en définitive, qu’un essai, mais suffisant pour montrer comment l’art et la science du s'ouffle sont pratiqués par les Yogis de l’Inde.
Avant toute chose, nous devons faire observer au
lecteur que, non seulement les Ascètes, mais encore tout Brahmine, pratique l'art et la science du souffle, chaque jour après le bain, au moins pendant quelques minutes. C’est cette pratique qui est connue sous le terme technique de Pranâyâmâ (i), terme dérivé du Sanskrit (Praoubreath, souffle, elyama, contrôle).
La narine gauche et ses organes, à travers lesquels passe le souffle est dénommée techniquement en Sanskrit : Chandra Nadi (cette artère est gouvernée par la lune). La narine droite et ses organes sont dénommés en Sanskrit Suria Nadi (cette artère est gouvernée par le soleil).
Le souffle de la santé parfaite de l’individu est gouverné par certaines lois physiques.
Le temps que met le souffle à traverser une narine unique est de deux Bandas et demie (une heure).
Dans le premier jour de la quinzaine solaire, exac-
I . Cf. l’ouvrage le Livre des Respirations et le Dictionnaire d’ Orientalisme, d’ Occultisme et de Psychologie, 2 vol. in- 12 illustrés. Paris, même éditeur, et le Traité du Haschich.
Ajoutons qu’au sujet de ce terme, Pranâyâmâ, notre jeune ami, P. Sédir, dans le n® 3 du Voile d’isis, p. 5, dit : « Ce que M. E. Bosc appelle prana-mayana au lieu de Pranayama ». Je ne sais où Sédir a vu ce qu’il cite (probablement dans quelque article où un correcteur aura laissé passer la faute), mais dans mon Livre des Respirations, ch. VII, p. 126 à i34, il y a toujours 0 pranâyâmâ », ainsi que dans le glossaire, p. 2o4, qui le termine.
tement au lever de l’aurore, le souffle commence à s’écouler à travers la narine gauche et continue dans cette narine environ une heure, ensuite il passe après ce laps de temps à s’écouler par la narine droite.
Alors, le souffle commence à s’écouler à travers la narine gauche et ainsi de suite se continue la respiration.
Dans le premier jour de la quinzaine lunaire, exactement au lever du soleil, le souffle commence à s’écouler à travers la narine droite pendant une heure, ensuite à travers ta gauche quelque temps, puis à travers la droite et ainsi de suite.
Nous avons dit qu’en général le souffle traverse chaque narine environ une heure (plus ou moins) ; or, dans cette heure, cinq genres de souffles, différents l’un de l’autre dans leur nature s’écoulent à travers chaque narine. 11 faudrait fournir au lecteur de longs développements que nous ne pouvons malheureusement pas donner ici pour des raisons diverses.
Nous dirons cependant que les trois artères principales au travers desquelles s’écoute le souffle se nomment en Sanskrit : Ida, Pingala et Sasamna. Ida parcourt le côté gauche de l’épine dorsale, Pingala le côté droit et Susumna l’épine dorsale ellemême. Ida passe par la narine gauche et Pingala par la narine droite.
Pendant les trois premiers jours de la quinzaine
brillante (solaire), le souffle s’écoule à travers la narine gauche au lever du soleil et après, pendant la période qui suit, à travers la narine droite ; dans la quinzaine lunaire, le souffle s’écoule au lever du soleil, à travers la narine droite, pendant trois jours, après, à travers la gauche et ainsi de suite.
Dans les premier, second, septième, huitième, neuvième, treizième, quatorzième et quinzième jours de la quinzaine brillante, le souffle s’écoule (en supposant la personne en bonne santé) à travers la narine gauche, au lever du soleil.
Dans la quinzaine obscure (lunaire), dans les premier, second, troisième, septième, huitième, neuvième, treizième, quatorzième et quinzième jours de la lune, le souffle commence à s’écouler à travers la narine droite, exactement au lever du soleil ; mais ceci n’a lieu que chez les personnes d’une santé parfaite ou chez les individus qui jouissent au moins, d’une santé moyenne.
Ces faits peuvent être expérimentalement prouvés. Quand il y a violation des lois de !a nature, principalement en ce qui concerne le souffle, la santé peut être affectée d’une façon plus ou moins dangereuse dans cette quinzaine.
Quand le souffle s’écoule par la narine gauche, les lundi, mercredi, jeudi et vendredi, le travail de l’homme est alors excellent. Si, à ces jours, vient s’ajouter une quinzaine solaire, le résultat devient
extrêmement favorable. Les dimanche, mardi et samedi, quand le souffle s’écoule à travers la narine droite, tous les faits accomplis eu ce moment le sont d'une manière favorable, et cela plus particulièrement dans la quinzaine lunaire.
Dans ce qui précède, nous avons donné quelques faits saillants de la science des souffles, mais tous ces détails ne sont que comme une goutte d’eau dans l’océan. Ajoutons que la science du souffle a existé de tous temps et l’homme qui connaît pleinement ses lois peut être considéré comme ayant le contrôle sur toutes les forces de la nature.
La quinzaine brillante (solaire) commence le jour de la nouvelle lune et finit le jour de la pleine lune, c’est-à-dire quand la lune croît. La quinzaine obscure (lunaire) commence juste après la pleine lune et finit le jour de la nouvelle lune, c’est-à-dire qu’elle couvre la période de la lune, alors qu’elle est en décroissance.
Celui qui a quelque habitude de la science du souffle, peut déterminer par le cours de son souffle l’heure exacte, soit de jour, soit de nuit.
D’après ce qui précède, on pourrait interpréter la qualité du souffle par celui qui s’écoule à travers la narine droite ou gauche, car ce souffle n'est pas de même qualité en tous temps. Pendant un moment (une heure), quand le souffle s’écoule à travers la narine droite, ses qualités changent cinq fois, de là
leurs diverses facultés pour guérir des maladies diverses.
Durant les premières vingt minutes de cette heure, l’élément terrestre prédomine dans le souffle ; dans l’heure suivante, c’est l’élément aquatique qui domine; dans les onze minutes suivantes, c’est l’élément du feu ; dans les neuf minutes suivantes, c’est l’élément aither qui prédomine.
Ces termes: éléments terrestre, aquatique, feu, air, aither, indiquent la qualité et la nature du souffle suivant leur état : grossiers ou plus ou moins aflinés.
Le souffle dans lequel l’élément terrestre prédomine, c’est la matière la plus grossière et celle dans laquelle l’élément aithérique domine est la matière la plus subtile.
Si le souffle est amené à s’écouler par un moyen quelconque à travers la narine gauche pendant le jour et à travers la narine droite pendant la nuit, le corps devient lumineux, exempt de toutes maladies, et le mental devient extrêmement subtil.
On peut obtenir tout ceci en fermant la narine gauche avec un tampon de coton, afin de diriger le courant du souffle dans l’autre narine seulement ; mais on ne saurait pratiquer sans une instruction complète cet exercice.
Nous avons dit ci-dessus que le souffle s’écoule à travers chaque narine pendant une heure, ce qui
équivaut à deux gathas environ, suivant la mesure du temps hindou.
Nous avons aussi établi que pendant cette heure, la qualité du souffle change et cinq éléments prédominent alternativement dans le cours du souffle.
Afin de déterminer quel élément prédomine en un temps donné, le souffle sera conduit à la surface d’un miroir. Si le souffle expiré prend la forme d’un carré, on pourra en conclure que c’est l’élément terrestre qui domine; si la forme de l’air expiré affecte celle d'un croissant, c’est l’élément aqueux qui domine ; si le souffle donne sur le miroir une forme en cercle ou courbe, c’est l’élément aérien ; si enfin lé souffle ne donne qu’un certain nombre de points, c’est un indice que l’élément aithérique est son générateur.
Les étudiants un peu avancés dans l’art du souffle, comprendront parfaitement les lignes qui précèdent, ceux qui sont moins avancés devront les bien méditer pour en saisir toute l’importance !...
Nous avons dit précédemment que la Yoga traite des divers procédés au moyen desquels, les mystiques hindous acquièrent la faculté de s’abstenir de manger et de respirer pendant un laps de temps considérable et de devenir insensibles à toutes les impressions extérieures. Nous avons dit aussi, que les Yogis prenaient deux postures dénommées Padmâsana et Siddhasana, en vue de respirer aussi fré-
laj
quemment que possible ; nous ajouterons ici que, quand les Yogis sont capables de rester pendant deux heures consécutives dans ces postures tranquilles, ils peuvent alors commencer à pratiquer le Pranâyâmâ, phase de trance volontaire caractérisée par une transpiration abondante, par des tremblements de tout le corps et un sentiment de légèreté dans tout l’organisme, qui peut faire pressentir, ce qu’est la Lévitation. Etudions bien, ce que c’est que le Pranàyâmâ, exercice des plus importants :
Si nous ouvrons le Dictionnaire d' Orientalisme à ce mot, nous y lisons :
« Exercice pratiqup par le Yogi ; il consiste à retenir son souffle,'^ d’abord quelques secondes, puis quelques minutes, enfin, par un long entraînement, quelques heures. »
Le Yogi s’entraîne au Pranâjâmâ pour accomplir l’exercice de la mort apparente, ce que nous dénommons en Occident Anabiose, c’est-à-dire suspension complète des fonctions vitales.
Quand le Yogi peut pratiquer à volonté le Pranâyâmâ, on lui fait sous la langue une incision, qu’on élargit un peu chaque semaine ; cette opération dénommée Kechari mudra est l’acte qui consiste à inciser le frein de la langue, ..puis il la trait, la tire avec la main.
I. Dictionnaire d’ Orientalisme, d’ Occultisme et de Psychologie, 3. vol., ill. Paris, H. Chacornac.
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Les pratiques du Pranâyâmâ sont accompagnées d’ablutions, de massages, de prières ; enfin d’une diététique ou régime alimentaire spécial ; il ne doit consommer que des légumes et ne prendre aucune médication.
PRANAYAMA VÉDIQUE
Le Pranâyâmâ védique (i) comporte trois parties : Ponraka, Khoumbaka et Retchaka.
Pouraka est l’inspiration de l’air par la narine gauche, en fermant la narine droite avec le bout du pouce droit.
Kumbaka est la rétention de l’air dans le corps en fermant la narine gauche par l’extrémité de l’annulaire ou de l’auriculaire de la main droite, en même temps que la narine droite reste fermée par le pouce.
Retchaka est la sortie de l’air par la narine droite, qu’on ouvre en levant le pouce, la narine gauche restant fermée.
Pendant que le Yogi accomplit ces trois opérations, il doit fixer son intelligence sur les trois centres nerveux suivants : le nombril ou plexus épigastrique, le cœur ou plexus cardiaque et le milieu du front.
1. Pournendou Narayama Sinha (Lotus Bleu), n® du 27 juillet 1895, p, 224.
En lixanl, l’intellect au nombril, on doit penser à Brahma, coloré en rouge et assis sur le cygne {Hamsa).
En le fixant au cœur, il faut méditer sur Vishnou, coloré en bleu foncé et assis sur Garudha (i), le grand volatile fantastique.
En le fixant sur le front, il faut méditer sur Siva, coloré en blanc et assis sur le Taureau Nandi.
L’aspiration est la mise en rapport avec Puruscha Créateur, car le nombril est le centre créateur du corps et le rouge, couleur de Radja, est celle de la Création.
La rétention de l’haleine se rapporte à Puruscha, conservateur ; le cœur est le centre de la conservation, etc., et le bleu foncé est la couleur de Sattwa (la conservation).
L’expiration est en rapport avec le Puruscha destructeur ; le front est le centre de la dissolution.
Par le Pranâyâmâ, on se met en rapport avec la
I. Disons, une fois pour toutes, que le lecteur désireux de renseignements sur la Mythologie orientale, les trouvera dans le Dictionnaire d Orientalisme, d Occultisme et de Psychologie ; il y trouvera notamment la représentation figurée de Garoudha de Nandi et de quantité d’autres mythes, ainsi que les avatars des dieux, 3 vol. in- 12 avec fig. Paris, H. Chacornac ; et dans Addha-Nari, ou V Occultisme dans ÏInde antique ; même éditeur ; ce dernier ouvrage est presque épuisé, il n’en reste que quelques exemplaires.
loi cyclique. Pendant la première période de Kalpa, l’esprit descend dans la matière, il passe du blanc au rouge, de Kumara Nila hohita ou Rondrâ à la progéniture de Manou. Le Pranâyâmâ du cycle descendant part du front pour aboutir au nombril, car alors, toute chose tendait à la création, à la manifestation, la tendance cyclique allant de cette période de l’unité à la diversité, de l’homogénéité à l’hétérogénéité, de la spiritualité à la matérialité.
Maintenant nous sommes dans la période d’ascension et la montée est causée par une abondance de plus en plus grande de Sattwa (i) par la prédominance de Puruscha conservateur.
Cette montée conduira à la négation de la matière et à la possession de qualités spirituelles, dont la couleur est le blanc, la fusion, la synthèse de toutes les autres couleurs. C’est là, l’aspect spirituel de Lamas. La simple négation sans spiritualité, est son aspect sombre.
Dans notre Pranâyâmâ, nous parlons des diversités créées dont nous sommes le centre ; il nous faut aller de la Matière à l’Esprit. Mais dans ce voyage, nous devons seulement utiliser les meilleures de nosimpulsions créées, les plus inoffensives de nos activités, les tendances qui ne portent pas la marque de la
I. Cf. Sur les Tattwas, le Dictionnaire d" Orienlalisme d’Occultisme, et de Psychologie. V° Tattwas.
personnalité. Les impulsions existent et le changement ne demande pas longtemps.
Le travail au centre du nombril doit être court, conséquemment la méditation sur Brahma (l’ascète) ne dure guère.
Il faut penser à Brahma, comme portant dans une main une guirlande de Bondracha et dans l’autre un Kamandala (pot des ascètes).
Le travail le plus important est fait au cœur. C’est le travail du Cycle, l’infusion de Sattwahl en foncé, pour déterminer l’ascension spirituelle de l’homme.
La méditation, à ce centre, doit être longue, calme et profonde. Il faut fixer l’intelligence concentrée sur Puruscha conservateur, et s’efforcer de lui faire aborder quelque chose de sa couleur bleu foncé.
L’Expiration représente la fin, qui est la spiritualité.
Dans cette spiritualité, il n’y a aucune couleur, pas même celle de Sattwa. C’est le repos de Jiva dans l’àme Universelle.
Telle est la raison d’être du Prânâyàmâ Védique.
Par la pratique du Prânâyàmâ, l’on peut arriver à supprimer pendant un temps fort long l’expiration, c’est avec son aide que le Yogi prétend acquérir VAstha Siddhi (les huit consommations) et vaincre la mort.
Aussi est-ce la pratique journalière de ceux des Yogis qui aspirent à l'hivernage humain dont nous parlerons.
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Nous avons dû longuement insister sur le Prânâyâmâ, car nous le répétons, cette opération a une grande importance.
Après le Prânâyâmâ, les Yogis pratiquent le Pratyâhara, phase d’auto-trance, durant lesquelles les fonctions des sens sont suspendues. Ils pratiquent le Dhârana, phase dans laquelle la sensibilité et le mouvement volontaire cessent complètement, tandis que le corps peut adopter telle posture qu’on lui donne et dans cette phase de la trance volontaire, on dit que l’esprit est quiescent.
Après avoir atteint le degré de Dhârana (état cataleptique), le Yogi aspireà la Z)Æjr«na, c’est-à-dire à la phase d’auto-trance supérieure, dans laquelle il est entouré par les éclats de la lumière ou Electricité Universelle et éternelle dénommée en Sanskrit Ananta-jyoli (lumière sans fin, omnipénétrante), dans cet état le Yogi est Clairvoyant.
La Dhyâna correspond à la Tarya Avastha., des Védantins, c’est l’extase des Médiums, la soi-contemplation des Hypnotiseurs allemands, la clairvoyance des Français.
Enfin le Yogi arrive à ce point peut entrer dans la dernière phase de l’auto-t rance dénommée Samaddhi.
Dans ce dernier état, le Yogi, acquiert la faculté de pouvoir se passer de l’air atmosphérique, et de se priver de nourriture et de boisson, comme le héris-
son, la marmotte, le hamster, le loir et autres animaux hivernants.
Il y a deux variétés de Samâdhis, respectivement dénommées Samprajna et Asamprajna.
« Un Yogi en Samâdhi considère toute chose avec un œil indifférent. »
Dans le premier état de Samâdhi, le Yogi peut à volonté, non seulement suspendre, mais arrêter même complètement les mouvements de son cœur et de ses artères, mourir et expirer à son gré, puis revenir de nouveau à la vie.
DaxisV Asamprajna, le Yogi, ayant la langue retournée dans l’arrière-gorge (pharynx) ne peut revenir à la vie, qu’avec l’aide et l’assistance d’une personne étrangère, comme nous l’avons déjà dit.
La revue The Theosophist (année 1880) nous apprend que dans les vingt-cinq dernières années écoulées, il y a eu trois cas de Samâdhis ou Hivernage humain, l’un à Calcutta, le second à Jesselmere et le troisième dans le Punjab.
Dans la même revue, le docteur M. Ghunder Paul nous informe avoir été témoin oculaire du premier, celui de Calcutta. Le même auteur cite également, comme exemple de Samâdhi, celui d’un colonel anglais Towsend, qui pouvait arrêter les mouvements de son cœur et de ses artères à volonté, et qui pouvait ainsi vivre et expirer à son gré pour revivre ; c’est là un exemple de Samprajna Samâdhi.
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Nous avons vu, et nous' pouvons raffîrmer personnellement, le jeûneur suisse Succi, arrêter à l’état cataleptique les mouvements de son cœur six secondes environ et les pulsations de son pouls vingt-neuf secondes (i).
Inspiration
Intervalle
Expiration
Prânâyâma. .
12 sec.
324 sec.
24 sec.
Prâtyâhara . .
Dliârana ....
Dliyâna .
Samâdhi ....
Les Yogis de Jesselmere, de Calcutta et du Punjab qui entraient dans un état analogue à celui de la mort, en retournant leur langue dans le pharynx ne pouvaient reprendre la vie à volonté qu’avec l’aide de personnes qui remettaient leur langue en place, étaient des exemples û' Asamprajna Samâdhi.
Etudions maintenant quelles sont les durées de l’inspiration et de la pause ou suspension de l’expiration dans les divers phases que nous venons d’énumérer.
Voici la durée normale de ces phases, elle est exprimée en secondes.
Il y a lieu d’ajouter que ce nombre varie beaucoup, avec les divers tempéraments.
1. Nous donnons ci-dessous un tableau ayant figuré suprà, afin de ne pas obliger le lecteur à le rechercher ci-dessus.