‹ Traité de yogaChapitre 37 sur 47 · I. Saddharma-Ponndarika, p. 121-iaa · texte numérisé non relu

I. Saddharma-Ponndarika, p. 121-iaa

corps astral (^Prana-Maya-koshà) ; ce sont : le don d’émettre sa force vitale (magnétisme curatif), la faculté de se nourrir de la lumière astrale, de pouvoir suspendre ou extérioriser les fonctions physiques, et de rejeter par conséquent hors du corps physique, tout ou partie du corps astral ; de pouvoir rendre celui-ci visible pour le vulgaire et de lui faire traverser l’opacité de la matière.

L’Initié peut enfin grandir ou diminuer son corps physique, le rendre lourd ou léger à volonté, et voir à distance ou dans l’intérieur des corps opaques, enfin de communiquer par l’ouïe, la vue et le toucher astraux avec les Entités du Plan astral, les Entités astrales.

Les Siddhis ou perfections du corps mental (wanamaya-kosha) sont : la faculté de lire dans l’esprit d’autrui et de pouvoir exercer sur lui-même un pouvoir; celui par exemple de le suggestionner sans passes, sans contact, sans le secours même du regard, et de lui faire voir ce qui n’existe pas ou l’empêcher de voir ce qui existe réellement, en un mot, de créer autour de lui l'illusion.

Ces Siddhis permettent aussi à V Initié de se rendre invisible et de produire les divers et nombreux phénomènes du Magnétisme ou Hypnotisme mental, et de communiquer avec les Entités des mondes spirituels et des Êtres divins ; la faculté de recevoir les enseignements directs des Entités supérieures, faculté

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que peut posséder un homme ordinaire pendant le profond sommeil, c’est-à-dire quand il s’est élevé dans les hauts plans de l’astral.

L'Initié peut également développer en lui la volonté et l’illumination de son mental, et posséder en un mot la vision, l’audition et l’action mentales transcendantes.

Et en effet, qu’est-ce qu’une Initiation ?Un ensemble d’actes, qui ont pour but de mettre l’homme en relation avec un nouvel aspect, un aspect tout à fait inconnu du monde et de lui ouvrir les portes d’un horizon inconnu.

C’est à l’aide et le secours de V Initiation, que nous pouvons atteindre à des plans ou plutôt à des sphères qui nous sont inaccessibles, si nous restons sur le plan, sur la sphère physique, celui où nous vivons (notre terre) et tout l’Univers physique qui l’environne.

Les sphères inaccessibles, sont la sphère divine, la plus élevée et la sphère invisible qui comprend tout ce qui se trouve entre la sphère physique et la sphère Divine, celle de l’Absolu et de ses émanations directes.

Chacune de ces sphères est en partie représentée dans chacune des créatures qui peuplent l’Univers ; sur notre globe, il y a des forces qui viennent des Emanations de l’Absolu et des forces qui nous viennent aussi du monde invisible.

Ainsi, si nous prenons l’homme, nous y trouvons, comme force venant des trois sphères énumérées, son âme de la sphère divine, sa mentalité du plan invisible et son corps de la sphère physique, et chacun de ces organismes ne peut guère s’élever et cela très rarement qu’au-dessus de l’origine dont il est sorti : le corps ne peut pas pénétrer dans la sphère des invisibles, ni dans la sphère divine, et vice-versa. Il résulte de ce fait que les pratiques de l’Initiation, ne peuvent guère que perfectionner l’une des trois sphères à laquelle sont appliquées les pratiques de l’Initiation. Ainsi comme exemple de ce qui précède, nous dirons que l’exercice musculaire développe le corps, les forces magnétiques, le corps magnétique ou astral, et la pensée le corps mental.

Les Siddhis ou Perfections du corps Buddhique, les perfections de conscience (vijgnama-majakosha) ou de Béatitude (ananada-maya-kosha), sont : le développement infini de l’Intelligence et de la volonté, et la connaissance spirituelle ; l’Initié a le contrôle des éléments et communie directement avec VEtre Suprême; il est presque omniscient et omnipotent.

Terminons ce que nous avons à dire sur ces Siddhis, qu’on peut trouver les moyens de les atteindre dans le texte du livre III de Patanjali et que ces pouvoirs d’analyse transcendantales sont le dernier terme de V Entraînement Occulte.

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Notre corps physique est aussi animé par sept Chakras ou roues, lesquelles correspondent à nos plexus : le plexus sacré est dénommé Muladara, le plexus prostatique Soaadis ; le plexus solaire, Maniparaka ; le plexus cardiaque Anahata; le plexus pharyngien Viandha ; le plexus caverneux Agneyà et la glande pinéale (trou de Brahma) Sahasrara.

Par la pratique quotidienne de la Yoga, le Yogi peut concentrer le grand courant animateur du corps (Kundalini) en fixant son regard entre ses deux sourcilsà la racine du nez, siège de la vision mentale {Œil de Swa).

La méditation, l’abstraction volontaire du monde sensible, l’auto-hypnotisation, le mépris des émotions personnelles permettent au Yogi de développer tes pouvoirs latents dans l’homme.

La fumée de certaines résines ou bois, la lumière, et des rythmes cadencés, sortes de mélopées, permettent d’atteindre à des résultats assez rapides.

« D’après Jacolliot, on ne verrait dans l’Inde, les Yogis qu’à l’occasion de la fête quinquennale du feu : ce jour-là, dit-il, ils apparaissent au milieu de la nuit, sur une estrade dressée au centre de l’étang sacré, semblables à des spectres, et par leurs conjurations ils illuminent l’espace. Une colonne de lumière semble s’élever autour d’eux de la terre jusqu’aux deux. Des bruits inconnus traversent alors les airs, et cinq à six cent mille Indous accourus de

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tous les points de l’Inde pour contempler ces demidieux, se jettent à plat ventre dans la poussière, en invoquant les âmes des ancêtres » (Pitris).

D’après le même auteur, les Yogis seraient des contemplatifs d’un ordre plus élevé que les Dwidjas (Initiés), dont la (i)nous dit:

« Les Dwidjas, qui appartiennent à ces quatre ordres doivent toujours, avec le plus grand soin, pratiquer les dix vertus, qui composent le devoir : la résignation, l’action de rendre le bien pour le mal, la tempérance, la probité, la pureté, la répression des sens, la connaissance des Sastrâs, celle de VAme Suprême, la véracité et l’abstinence de la colère ; telles sont les dix vertus en quoi consiste le devoir (des Dwidjas).

D’après certains auteurs, les Yogis sont aussi dénommés Vanaprasthas, comme nous l’avons déjà dit, et passent leur temps dans la prière, l’extase et la contemplation, dormant fort peu et n’ayant pour toute richesse qu’un bâton de bambou à sept nœuds, une calebasse, une peau de gazelle pour couche et d’après ces mêmes auteurs ne mangeraient qu'une fois tous les sept jours, après le coucher du soleil.

Gomment le Yogi peut-il atteindre à tous ces pouvoirs, perfections et hautes qualités. C’est par l’Illuminisme ou Illumination de son esprit, de son mental.

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C’est l’Illuminisme mystique qui développe le Yogi, qui l’amène à la Yoga parfaite, nous dit Patanjali dans sa Yoga Shastra, cette encyclopédie philosophique dont nous avons déjà parlé. 11 arrive à cet Etat d’union spirituelle avec la Divinité, en s’exerçant à deux états gradués de contemplation.

Il travaille à détruire la conscience de l’existence individuelle en oubliant la matière, sa réalité pour se convaincre que son âme est déjà confondue avec V Unité Suprême. Afin d’arriver à cette fin, le Yogi doit répéter intérieurement le nom d’une chose, s’appliquer à se croire, quoique ce soit dans un lieu ou un temps quelconque et se représenter d’une façon constante l’Esprit et la Nature unis, associés, afin de perdre connaissance de la matière, et afin surtout, que l’existence propre ne semble être plus qu’un simple effet de noire sens intime (intérieur).

La Psychologie hindoue reconnaît à l’homme, trois grands pouvoirs : la vie, la pensée et la faculté de s’efforcer.

D’après, notre confrère Guymiot, nous dirons que pour les Hindous Antakharana est l’intelligence ; Manas la faculté de douter et de distinguer ; Buddhi (la Sagesse) la partie de l’Intelligence, qui croit et affirme ; Chitta, l’imagination consciente ; Ahankara, le moi conscient.

« Les Facultés, nous l’avons déjà vu, s’opposent l’une à l’autre, et seul Buddhi est la force équili-

branle. Mais celle-ci peut tendre vers le doute ou vers la clarté {Manas on Chitta), elle peut être absorbée dans Ahankara, la raison égoïste comme dans Ahankharana, la conscience générale, qu’inspire le devoir. »

D’après la Philosophie de Sankaratcliarya, Antakharana, serait le sens intime, d’où naissent l’instinct, la voix du soi, de la soi-conscience et le don de la parole.

Le même Philosophe nous dit que le Baddhi, possède à son complet développement, la puissance d’extérioriser la pensée {Kriya-Sakti) que représente sa matérialisation, ce qui permet aux Initiés de faire apparaître aux yeux du Vulgaire, les figures les plus diverses et produire tous les effets et phénomènes psychiques.

Mais comme l’Etudiant a pu s’en apercevoir, la voie pour atteindre au Yogisme est longue, épineuse et pleine de difficultés, aussi le premier venu ne saurait pratiquer le Yogisme et c’est pourquoi, nous ne cesserons de le répéter ; bien fou serait celui qui se lancerait dans cette voie, tête baissée ; il ne saurait y trouver qu’ennuis et douleurs, maladie, folie ou même la mort.

Poursuivant ce qui nous reste à dire ici des divers mystiques de l’Inde, nous ajouterons qu’en ce qui concerne les Sannyasis, il en est de divers ordres : Nerhanees, Neranjunees, Bairaiges, Punchalées,

Oodaassees, etc. — Certains d’entre eux vivent ensevelis dans la terre jusqu’à mi-corps, d’autres sont assis sur des sièges garnis de clous, le corps souvent couvert de cendres, qu’ils rendent adhérentes à la peau avec un certain liquide, d’autres se déchirent les chairs à coup de lanières de fouet.

En fait de postures : l’un garde un bras en l’air, si longtemps que peut y pousser une plante, qu’il tient dans une poignée de terre, au milieu de ses doigts ankylosés ; un autre à ses poings fermés pendant des années et des années, aussi les ongles poussentils à travers les chairs de la paume de ses mains ; un autre se tient debout sur un seul pied, un autre se fait enterrer jusqu’au cou dans du sable brûlant, enfin d’autres pratiquent des choses encore plus excentriques (i) ajoutons que l’auteur a tort de donner ces faits comme usuels ; ils constituent l’exception, la grande exception même !... C’est dufanatisme.

Les grands pèlerinages dans l’Inde, comportent parfois quinze cents ou dix-huit cent mille pèlerins, à la tête desquels on peut voir jusqu’à deux et trois mille Sannyasis (baïragees), voici une description de ces pèlerinages faite par un témoin oculaire le major Fridolin, mais combien chargée :

« Une bande de musiciens armés de monstrueuses trompettes, d’énormes tambours, d’impitoyables

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