I. Ci. De Valbezen. Les Anglais dansFInde
cymbales, marche fièrement en tête des Baïragees, qui s’avancent en un bataillon de plus de trois mille hommes, dont les hurlements accompagnent dignement l’infernale symphonie qui les précède. Il faudrait le crayon d’un Callot pour donner une idée de ces personnages extravagants avec leurs cheveux épars ou nattés de la façon la plus bizarre, leurs faces tatouées de raies de toutes les couleurs, drapés dans des couvertures d’une couleur jaunâtre ou le corps souillé de cendres ! Et cependant le Paris, chargé de distribuer la pomme à toutes ces laideurs eût, sans contredit, réservé le choix de ses préférences pour une file de deux cents hommes environ, qui se tenant par la main, marchaient deux à deux processionnellement dans le plus complet état de nudité.
« Jamais l’homme, même au plus chaud d’une orgie de carnaval, même dans les tristes enceintes d’une maison de fous, ne m’a semblé plus laid, plus ridicule que sous les espèces de deux cents Fakirs, et sans partager les fougueuses colères d’un digne ministre, mon compagnon de howdah (grande selle d’éléphant, sorte de siège), j’aurais, je l’avoue, récompensé avec joie d’un bon repas, le roquet hargneux, qui eût fait irruption au milieu de toutes ces nudités (i). »
I. Revue des Deux-Mondes, i5 mars 1857 ; les grandes villes de l’Inde.
Ceci est un des nombreux articles remplis d’exagérations, écrit pour démonétiser et détruire la philosophie hindoue qui n’a rien à voir ici et nous nous plaisons à redire que ces faits constituent l’exception de divers excentriques.
Disons en passant, qu’il n’y a pas lieu de s’étonner de ces chiffres énormes de pèlerins, certes ils ne peuvent tous pénétrer à la fois dans les sanctuaires, ils sont obligés de passer chacun à leur tour, par groupes plus ou moins nombreux, mais ces groupes pouvaient être considérables quand nous aurons dit par exemple que la Pagode Sri-Ringam, une des plus vastes de l’Inde, il est vrai, comporte autour de son sanctuaire principal, sept autres enceintes entre lesquelles existent des rues. Les plus rapprochées du centre contiennent jusqu’à quarante mille Brahmes ; les autres rues sont habitées par d’autres castes.
D’après Aristobule, Strabon nous rapporte, qu’Alexandre le Grand admit à sa table deux Brahmanes Gymnosophistes et que pour témoigner de leur dédain pour la douleur, ils se retirèrent dans un lieu tout proche de la tente royale, où le plus âgé se coucha sur le dos pour recevoir le soleil et la pluie (car il pleuvait en ce moment) tandis que le plus jeune s’appuyant sur un bâton de trois coudées (le bâton Dandhy) qu’il tenait dans ses mains, resta tout un jour debout, tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre.
Il ajoute : « Onésicrite rapporte de son côté, qu’il
TUAITK DE YOGA
fut envoyé par Alexandre pour converser avec des Sophistes (sages, mages). Or celui-ci trouva, à environ vingt stades de la ville, quinze hommes qui se tenaient tout nus et immobiles, dans des postures debout, assises ou couchées ; et ils conservaient ces postures tout le jour. Le soir ils se retiraient en ville. La plus dure de leur pénitence consistait à marcher pieds nus sur le sol brûlé par le soleil.
Il conVersa avec l’un d’eux nommé Calanus, qui plus tard suivit en Perse Alexandre, et fut incinéré à sa mort, suivant la coutume de son pays. Quand il s’approcha de lui, Onésicrite lui dit qu’il était venu de la part d’Alexandre pour entendre de lui la Sagesse des Philosophes, et en faire un rapport à son maître ; et que s’il voulait bien parler, il était tout prêt à l’entendre. Alors Calanus eut un long entretien avec l’envoyé du roi.
Par les pages qui précédent, on peut voir qu’Alexandre fait un certain cas du Brahmanisme et de la Philosophie orientale qui était dès cette époque connue dans la Grèce et hautement appréciée. La Yoga était dès lors fort appréciée des philosophes les plus sérieux ; en effet, la Doctrine hindoue, la Philosophie orientale était ni plus ni moins que la Magie la plus avancée, la plus sérieuse et, disons-le, la plus honnête qui ait jamais existé ; et c’est pour cela qu’elle était tenue en haute estime et l’on savait alors, comme nous le savons aujourd’hui que pour le Brah-
iiib
manisme, la Yoga est la base de toute pratique occulte ; c’est une clef qui ouvre le mental à droite et à gauche, aussi faut-il savoir s’en servir, ce qui n’est pas donné à tout le monde, surtout à V Agnoscent car la Yoga est la clef de la doctrine secrète, de la Doctrine Esotérique ou Science secrète (Gupta vidya) dont nous avons traité à part, et que l’Etudiant devrait lire et méditer afin de pouvoir profiter, intégralement, des enseignements que nous donnons dans le présent ouvrage.
L’étude de la Doctrine Esotérique à travers les âges (i), permettrait à l’étudiant sérieux de voir, s’il doit ou non poursuivre ou du moins entamer le travail considérable que demande l’étude complète de la Yoga.
Nous terminerons ce chapitre et ce que nous avons à dire sur les Brahmanes et le Brahmanisme par une citation des Lois de Manou et d’un beau livre sanskrit ; ces citations suffiront, espéronsnous, à démontrer la pureté du Brahmanisme et de sa philosophie, qu’à l’heure actuelle, on cherche à dénigrer par tous les moyens, depuis surtout que la Théosophie Orientale a fait son apparition en Europe,
I. La Doctrine Esotérique à travers les âges, par Ernest Bosc. 2 vol. in-i8. Paris, 1908, H . Ghacornac et chez H. Daragon, éditeurs. Cf. également : Isis Dévoilée et Addha-nari ouV Occultisme antique dans V Inde pa.r le même auteur, chez les mêmes éditeurs.
avec les beaux travaux publiés par des penseurs d’élite, qui se nomment : H. P. B. colonel Olcoot, Annie Besant, P. Sinett, le docteur Pascal, etc., etc.
Ce qui a surtout contribué à répandre dans le monde la Philosophie Orientale, la Théosophie, ce sont les traductions de livres sanskrits en anglais, en allemands, en français et en d’autres langues encore.
On commence à savoir aujourd’hui que le Fakirisme n’est pas comme d’aucuns l’ont prétendu, une dérivation moderne du Brahmanisme.
Voici les deux citations ci-dessus annoncées : le Brahmane, d’après les Lois de Manon, le prêtre hindou est d’abord novice {Bramatchari ou Bramatcharin), puis il devient (Grihasta), maître de maison marié ; il ne doit vivre alors que d’aumônes et des mets (fruits ou céréales) offerts aux Dieux en sacrifice. Son pouvoir est assez grand sur les éléments de la nature et sur les Elémentals, et autres Entités de l’astral.
Voici d’après un ouvrage sanskrit, ce qu’est un Brahmane et prouve aussi que ce prêtre connaît parfaitement la magie.
Selon V Agroncha-Parikchai, le Brahmane Grihasta, après avoir exécuté ses ablutions, doit tracer devant la porte de sa demeure, des cercles magiques afin d’en interdire l’accès aux mauvaises
TKAITÉ DE YOGA
Entités de l’astral et surtout pour leur interdire l’accès dans le sanctuaire des ancêtres (Pitris).
Suivant le même écrit, le Brahmane qui a atteint le troisième degré d’initiation (le p«emier degré) passe par les trois états suivants : Unité de lien (Salokiam) ; dans cet état, il converse avec les ancêtres (Pitris) et il écrit sous leur impulsion ; Proximité (voyance des choses supra-terrestres) (Samipiam) ; ressemblance avec la Divinité, connaissance de l’Univers, lecture de l’Avenir (Souaroupiam) ; Identité (Union avec Dieu par la mort) (Sayodjvam).
D’après le même écrit, le Gourou supérieur des Evocations, chargé de diriger un groupe d’initiés du troisième degré, n’adore qu’un Dieu, a le pouvoir de mettre à sec les fleuves et les mers, d’abaisser les montagnes, de commander au feu, à la pluie et aux orages. Il connaît le passé, le présent et l’avenir, et peut (encercler) dans un cercle magique les mauvais Esprits de l’Univers.
L’Antiquité (Grecque et Romaine) a attribué les mêmes facultés et pouvoirs à leur magicienne, telle, celle que nous décrivent Apulée, Pétrone et autres auteurs anciens, ce qui démontre que les Grecs et les Romains connaissaient parfaitement la Doctrine Esotérique hindoue, comme le démontre aussi l’entrevue d’Alexandre le Grand avec les Brahmanes, que nous venons de rappeler ci-dessus.
Et les Grecs et les Romains n’étaient pas les seuls peuples qui connurent la Philosophie Orientale dénommée Yoga ; avant eux les Egyptiens, les Mèdes et les Perses, les Assyriens et les Chaldéens devaient également la connaître certainement, les derniers travaux des Assyriologues tendraient, du moins, à le démontrer ; notamment les travaux de Joachim Ménant, de François Lenormant, d’Opert, Darmesteter, Max Muller et autres Orientalistes ; en ce qui concerne plus spécialement les Israélites, les Enfants d’Israël, nous pouvons affirmer que la magie des Hébreux connaissait dès la plus haute Antiquité, l’Hypnotisme et ses divers Etats, qui amenaient la clairvoyance, l’insensibilité, la catalepsie, etc. ; ils connaissaient aussi la communication médianimique des esprits désincarnés et celle des Elémentals (Schedim) ; ils pratiquaient aussi l’extase, qui produit l’extériorisation, à la suite de laquelle, l’extériorisé pouvait se blesser gravement et guérir presque immédiatement les cicatrices de ses blessures ; enfin ils pratiquaient les exorcismes sur les sujets possédés par les esprits du mal, dénommés par eux Satanim .
Nous pouvons donc conclure par les connaissances qui précèdent, que les Hébreux connaissaient parfaitement les divers Yogas qui avaient cours dans l’Inde Antique, notamment la Hatha Yoga.
CONCLUSION
Lege, lege et relege invenies labora, ora et inventes.
Nous voici arrivé à la fin de notre tâche, de celle que nous nous étions imposée, car nous ne sommes pas arrivé, tant s’en faut, à exposer toute la Doctrine contenue dans les nombreuses et diverses Yogas.
Cependant nous pouvons bien dire que quelque résumé que soit notre Traité de Yoga, il pourra largement satisfaire les Etudiants, qui avaient soif de connaître et de se familiariser avec la Philosophie Orientale ; notre Œuvre à défaut d’autres qualités, aura au moins le mérite d’être la première écrite en français. Et nous nous plaisons à le répéter :
Nous espérons que notre Traité sera d’un grand secours pour ceux qui désirent étudier la grande Philosophie Orientale, qui n’est pour ainsi dire, qu’une sorte de vaste préface pour les traités beaucoup plus avancés de la Hatha Yoga et surtout de la Rajda Yoga, traités qui ne seront pas compris de longtemps encore dans notre Occident.
La connaissance de cette Philosophie Orientale est pleine de difficultés, et elle ne peut être utile, pro-
TKAITÉ DE YOGA
fitable à l’Etudiant, qu’autant que celui-ci ne se précipitera pas tête baissée dans la pratique qui pourrait lui être fatale, à moins qu’il n’y soit initié par un Guru qualifié.
Nous ajouterons que nous avons donné le plus d’explications possibles, pour rendre le sujet le plus intelligible.
Maintenant il ne nous reste qu’à résumer, qu’à synthétiser ici l’ensemble de notre longue étude, dans laquelle nous avons vu ce qu’étaient les diverses Yogas, les pénitences religieuses, l’influence de l’acide carbonique sur la respiration et partant sur la santé de l’homme, de l’ascète, nous avons vu que par la Yoga l’homme devenait clairvoyant, clairaudient. Psychomètre.
Avant d’aborder le Yogisme, nous avons parlé du Fakirisme que bien des gens confondent, et disonsle dans un but de dénigrement, le Fakir n’est pasun yogi; du reste le terme Fakir n’est ni Sanskrit, ni Hindou, ni dérivé d’aucun dialecte de l’Inde.
Ce terme est donc antirationnel ; il tsX. Arabe tl sert à désigner une classe sociale qui n’a guère pris naissance que lors du démembrement de l’Empire de Pharat.
Le Fakir est une sorte de prestidigitateur très entraîné, beaucoup plus avancé et beaucoup plus fort que nos escamoteurs et prestidigitateurs européens ; parce que les Entraînements du Fakirisme
s’adressent à l’organisme aithérique de l’homme et le mettent en relation avec les forces électro-telluriques, magnétiques de l’aimantation Universelle et lui donnent sur elle une certaine maîtrise, mais qui ne saurait être comparée à la maîtrise des Yogis, qui comporte des études longues et pénibles, il suffît pour cela d’énumérer les nombreuses Yogas ; ce sont :
La Yoga du corps physique qui se nomme Hatha- Yoga, elle s’adresse à la vie des cellules matérielles. Elle est caractérisée par des postures et des rythmes respiratoires.
La Yoga-Sonique ou des sons se subdivise en Laya-Yoga et en Mantra-Yoga, elle consiste en méditation profonde sur certains sons ou sur certaines paroles.
La Yoga-Karma est la Yoga des œuvres, elle est à la portée de tous; elle consiste à être ou du moins à vouloir être en union d’intention avec la Divinité. Elle comprend deux divisions principales, et ne demande pas un genre de vie particulier ; ce sont : La Kriya- Yoga, qui consiste à accomplir tous les actes du culte auquel nous avons foi ; la Smara- Yoga, qui réclame des dévotions et des pénitences des prières, des récitations, des chants, l’exécution de musique religieuse, la peinture, la sculpture et l’architecture religieuses, la copie ou transcription de manuscrits ou de livres sacrés, etc., etc.
CONCLUSION
La Karma-Yoga est complétée par une partie supplémentaire, qui rattache le mysticisme vulgaire, simple à l’essor spirituel des plus grands extatiques ; cette Yoga supplémentaire est dénommée : Prâna- Yoga, la Yoga de la vie. C’estun reste de V Initiation antérieure à l’époque même des Védas.
On nomme Prânâ- Yogi, celui qui pratique cette Yoga, dans laquelle le Verbe était proposé, comme but aux efforts spirituels de l’homme pieux. Dans celte Yoga, l’homme devient altruiste, il s’oublie entièrement lui-même, il s’amoindrit et se donne aux autres tout entier : Intelligence, fortune, bonheur.
Les exercices qui caractérisent les diverses Yogas (il y en a une vingtaine) ont une base commune : les dix Yamas et les dix Nyamas. En outre de ces préparations, les divers Yogas (Karma et Prânâ-Yoga exceptées) ont deux autres bases qui leur sont communes ; Asanas (les postures) et Prânâyâma (la maîtrise de l’équilibre vital par des exercices respiratoires) ce sont ces deux dernières bases qui font la partie essentielle de la Hatha-Yoga.
Hatha Laya,Mantra Yogas développent en l’homme le corps électro-magnétique ; Radja ou Gnana Yogas notre corps causal.
Un Radja Yogi peut commander auxElémentals et à la matière même, et un Prânâ Yogi à un Radja Yogi, et cela parce que l’astral inférieur peut modi-
fier les choses pschysiques, tandis que l’astral supérieur peut modifier l’astral inférieur et par transmission le physique.
Arrivons à parler du corps électro-magnétique : de Prânâ-Maya-Kosha ou de l’enveloppe reflet des souffles, comme le disent les Védantins. Ce corps mesure 96 doigts de long ; son aura s’étend dans un rayon de 152 ; ajoutons que l’entraînement a pour effet de réduire cette aura et de la centrer au milieu du corps entre l’anus et le canal de l’urètre (périnée) en un triangle brillant comme l’or en fusion. Ce fait s’appelle le Mouladhhara Chakram, et comporte quatre pôles et au-dessus de ce feu s’élèvent six autres chakras {centres ou roues) que voici : Swadishtana - Chakra, placé à la naissance de l’urètre, il a six pôles, couleur rouge ; Manipura Chakra, plexus de l’ombilic, dix pôles, couleur jaune ; Anahata Chakra^ plexus cardiaque, douze pôles couleur blanche ; Visuddhâ Chakra, ^plexus pharyngien, seize pôles, couleur noir ; Agneya Chakra^ plexus caverneux, deux pôles, couleur rubis ; Sahasrara Chakra, — glande pinéale, trou de Brahma, (Brahmarundra) sans pôle, couleur de l’or fondu, (du soleil).
Voici, les bases et moteurs de ces plexus ou Chahras :
Le n» I, base du sens de l’odorat, moteur des organes sexuels.
Le n» 2, — du goût, moteur de l’estomac.
Le n“ 3, — de la vue, moteur des pieds .
CONCLUSION
Le n° 4»
Le n® 5, Le n®6, Le 1107,
du toucher, moteur des mains.
deTouïe, moteur de la voix, du moi (mental) moteur de la pensée .
de l’extase, moteur de l’imagination.
Par cette longue nomenclature, on voit que toute une vie n’est pas trop longue pour faire un parfait Yogi.
D’autant que la théorie et la pratique, doivent se donner mutuellement la main.
Et que de difficultés à vaincre en dehors de ce que nous avons dit dans le cours de notre Traité, et nous n’avons pas encore tout dit, tant s’en faut.
Ainsi, pour surmonter les cinq suivants :
la douleur, le chagrin, la peur, la perte du souffle et l’expiration, le Yogi doit renoncer à la haine, à l’amour, au désir, à l’espérance et s’habituer enfin à retenir son expiration en fixant son haleine sur un point quelconque.
Nous devons toucher ici à un point de doctrine qui a été fort mal interprété dans notre Occident, à savoir que le Yogi doit répéter dix mille fois le mot sacré Aam ou Om, et tout d’abord dire que ce chiffre de dix mille signifie un grand nombre de fois, moins de dix mille peut-être, mais plus aussi ; car en répétant ce nom sacré qui représente \diDivinité,\e Yogi, finit par être en sa présence. Quand il est ainsi préparé, il acquiert la parfaite connaissance en passant parles huit stages, dont nous avons précédemment
igo
parlé, dans le courant de notre étude. Ce qui l’aide à son avancement, c’est la répétition des incantations, son élévation à l’Etre suprême par la prière et cela à l’occasion de toute cérémonie en l’honneur de la Divinité. Il est encore secondé dans son action en prenant les vingt-quatre postures (Asanas) ascétiques, par le Prânâyâma (Inspiration lente et profonde, prolongée) et parle Prathyâhâra ou domination des sens et des organes.
C’est ainsi que le Yogi atteint les Siddhis ou pouvoirs surnaturels ; mais il doit aussi combattre quatre ennemis : la chair, les sens, le péché et la douleur, en acquérant les sept puretés du corps, de moeurs, d’intention et la croyance, de jugement, d’attitude et d’intelligence et cela par la bienveillance spirituelle et la ferme conviction que le Karma ou Loi des mérites et des démérites gouverne nos Etats successifs, enfin il doit avoir la perception intuitive de l’Absolu et les détachements de ce qu’on dénomme les biens de ce monde (des choses passagèi’es).
Pour atteindre Bodhy, le Yogi doit suivre six sentiers, comme nous allons voir, mais auparavant il doit avoir pratiqué ce qui conduit au Suprême, à Gnâna, que la Bagavad-Gitâ, nous décrit de la manière suivante : « L’homme dont le Buddhy s’est dégagé de tous les biens, qui s’est vaincu lui-même, qui a chassé les désirs, arrive, par le renoncement, à
la suprême perfection du repos, à l’immobilité émotionelle dans les œuvres. Apprends de moi en peu de mots, ô fils de Kunti ! Comment celui qui est parvenu à cette consommation atteint Brahma, ce qui est le terme suprême de Gnâna. Possesseur d’un Buddhi pur, et du ferme contrôle du Soi, détaché du son (vibrations) et des autres sensations, ayant chassé les attractions, les répulsions, seul en un lieu solitaire, mangeant avec modération, maître de sa parole, de son corps et de son mental, adonné à la Méditation, attentif à écarter les passions, exempt é' Ahankara, de violence, d’arrogance, de désir, de colère, de cupidité, ayant renoncé à toute influence, il atteint à la paix et devient digne de s’unir à Brahma. Uni à Brahma l’esprit tranquille et quiet, il ne s’afflige ni ne désire plus rien (i). »
Cette donnée philosophique était connue même des Chinois et cela dès la plus haute Antiquité.
Voici comment est décrit dans un livre sacré chinois « le sentier du Gnâna Yogi ».
L’Esprit de l’homme, dit le Tao te King{ï), aime la Pureté, mais son mental le trouble. — Le mental de l’homme aime le silence, mais ses désirs l’en éloignent. S’il pouvait toujours chasser ses désirs, son mental, de lui-même, s’établirait dans le calme, qu’il