‹ Traité de yogaChapitre 39 sur 47 · Livres sacrés de l'Orient, vol, XL, p. 25i · texte numérisé non relu

Livres sacrés de l'Orient, vol, XL, p. 25i

nettoie son mental et son esprit de lui-même deviendra pur... Ce qui fait que les hommes ne peuvent atteindre à la pureté, c’est que leur mental n’a pas été nettoyé et leurs désirs expulsés. Pour celui qui a eu la force de chasser les désirs, s’il regarde dans son mental, il s’aperçoit qu’il ne lui appartient plus ; et s’il regarde les choses extérieures, il s’aperçoit qu’il n’a plus rien à faire avec elles. Quand il comprend ces trois choses, plus rien ne lui apparaît.

« Cette contemplation de rien, éveille en lui l’idée du vide. Sans ce vide, l’idée de rien ne pourrait être. L’idée d’un espace vide une fois disparue, celle du néant disparaît aussi ; et quand l’idée du néant a disparu, il s’établit une condition de calme et de constante sérénité.Dans cette condition de repos indépendante du lieu, quel désir pourrait naître ? Et lorsque nul désir ne s’élève plus, il y a le vrai silence et le repos. Ce vrai silence devient une qualité constante et répond aux choses antérieures. Oui cette vraie et constante qualité prend possession de la Nature. C’est dans cette constante réponse et dans ce silence constant que résident la Pureté et le Repos constants. Celui qui a la pureté absolue entre graduellement dans le vrai Tâo ; et y ayant pénétré, on le nomme le possesseur du Tâo ; mais en réalité, il ne pense pas lui, être devenu le possesseur de quoi que ce soit. C’est comme transformateur de tout ce qui vit^ qu’il est appelé Possesseur du Tâo. Celui qui est ca-

CONCLUSION

pable de comprendre ceci peut transmettre aux autres le Tâo sacré. » Avant de parler des autres sentiers que doit parcourir le Yogi, nous devons dire quelques mots sur les postures (Asanas) et la dactylogie ougestes des doigts (Moudras) utilisés par le Yogi dans leur pratique, dans leurs entraînements.

Pour ces divers exercices, le Yogi doit prendre des postures diverses, qui sont très nombreuses, il y en a plus de soixante-dix à quatre-vingts importantes ;

En voici quelques-unes des plus importantes, des plus usuelles pour cela :

La posture du Lotus (Padmâ asana) ; elle consiste à croiser les pieds sur les cuisses et tenir dans chaque main le talon qui y correspond ; c’est la posture la plus usitée de toutes ; puis vient Bhadra asana, qui consiste à placer les chevilles sous les fesses, en tenant avec les mains ses genoux ; la Gomoukha, consiste à placer la plante du pied gauche sous la fesse droite et réciproquement . dans la Majoura Asana, l’étudiant appuie son corps sur les P aumes de la main, les coudes aux côtes et sur la tête et il doit lever lesjambes ; dans Siddha Asana, W faut placer le talon gauche sous l’anus et le talon droit sous les organes génitaux et enfin centrer sa force entre les sourcils, sur l’œil de Si va.

Dans la posture du lion (Simha Asana), il faut placer le talon gauche sous la fesse droite et le talon droit sous la fesse gauche et tenir les mains grandes

ouvertes sur les cuisses. Dans la Swatiska Asana, il faut placer les pieds sous les cuisses tout en joignant les genoux ; dans la Vira Asana, on doit placer le pied droit sur le dessus de la cuisse gauche et le pied gauche sur le dessus de la cuisse droite en pensant à la syllabe sacrée.

Nous pourrions poursuivre la suite ou du moins une partie de la suite de la nomenclature des Asanas, nous ne le ferons pas, car nous pensons que ce que nous avons exposé ci-dessus suffira à faire comprendre à l’étudiant que tous ces exercices contribuent à former le caractère du Yogi et à briser son corps aux Ans d’obtenir chez le pratiquant, une force de volonté à toute épreuve ; mais nous observerons en terminant ce que nous avons à dire sur les Asanas que l’étudiant (Chéla) doit être guidé dans ses exercices physiques par un Gara, sans quoi ; il peut encourir des maladies nerveuses, dangereuses, tomber dans une neurasthénie très intense, amenant après elle la phtisie, l’épilepsie, le gâtisme ou même la folie. Cette observation est de la plus grande importance, nous ajouterons aussi que l’étudiant ne doit pratiquer ces exercices qu’en parfaite santé et éviter tout travail dans une crise de maladie ou s’il éprouve une grande fatigue mentale ou physique.

Disons quelques mots sur les Moudras, ou Dac- j tylogie. Chacun de nos doigts représente une des forces de la nature, et dans chacun d’eux réside la force

CONCLUSION'

représentée par le doigt, de sorte qu’en combinant leurs difTérents mouvements, on peut créer par eux un dynamisme particulier, tout spécial, puisque la Signature attire la vertu du Signe.

Mais ici, comme dans tous les exercices Yogiques, nous nous trouvons en face de divers systèmes de symbolisme, nous ferons connaître à l’étudiant deux principaux systèmes ; il y en a plus de cent, certainement, environ cent dix. Moudras ou systèmes dactylogiques ; ils sont très variables comme effets, suivant les localités où résident ces forces astrales, suivant leurs pôles, leurs effets, leurs concordances avec les changements alternatifs et quotidiens ^ de l’atmosphère seconde de notre planète.

Dans l’un de ces systèmes, le pouce représente l’aither, l’auriculaire, la terre, l’index, l’air ; le médius, le feu ; l’annulaire, l’eau.

Dans un autre système, le pouce représente l’àme Universelle, l’auriculaire, son opposé, la matière, l’index, l’âme individuelle ; le médius, la pureté et l’annulaire la passion. En général la base du pouce est consacrée aux Védas, aux Ecritures sacrées ; la racine de l’auriculaire au Créateur de l’Univers, enfin l’extrémité des doigts, les phalangettes aux Dieux.

Les prières Védiques sont toujours accompagnées du Moudras, ainsi que les danses sacrées, fort nombreuses.

Le Yogi doit suivre encore les six sentiers qui

le conduiront à la connaissance, au savoir, à la Sagesse, à Bodhi.

Ces six sentiers sont la certitude que la vérité est {Sihi), la connaissance ou plutôt la recherche des causes (Dharrnavisha) ; la fermeté ( Virya) le volontaire détachement (Priti) la méditation {Samadhi) et la sérénité (Upaska).

Le Yogi doit constamment se perfectionner dans les cinq Forces (Balas) : de croyance, de courage, de mémoire, de réflexion, d’intellect ; puis dans les dix transcendances, qui sont : la Compassion Universelle, la pureté, la patience, l’application intense, la Sagesse, la règle, la méthode, l’exaltation mystique, la vigueur de l’esprit, enfin la contemplation des abstractions.

Le Yogi doit se débarrasser de dix liens, savoir : la foi en l’immortalité de l’Individualité (i) ; le doute de pouvoir s’affranchir soi-même ; la supposition que cet affranchissement puisse être obtenu par les pratiques ordinaires de dévolution ; la soif des sens ; la haine, l’attachement à la vie terrestre, le souhait d’une vie future dans un paradis quelconque ; la vanité ou le désir de l’approbation d’autrui, la vanité ou le contentement de soi-même, enfin l’aveuglement.

Par ceci, le Yogi doit arriver à des pouvoirs trans-

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