CLASSE HOLOTHURIOIDEA1. HOLOTHURIES
Echinodermes cylindriques^ verrai formes, à téguments coriaces renfermant des particules calcaires, dépourvus de plaque madréporique externe, munis d'une couronne de tentacules buccaux, le plus souvent rélraclilcs, et d'un anus terminal.
Les Holothuries se rapprochent des Vers par leur forme allongée et par leur symétrie très nettement bilatérale. Elles offrent particulièrement avec les Géphyriens (Siponcles) une ressemblance extérieure si frappante, que pendant longtemps on les avait rangées dans le même groupe. L'organisation interne montre aussi entre ces animaux de nombreuses analogies, qui ont conduit à admettre à tort une parenté pbylogénétique directe entre ces deux groupes (fig. 586).
Les téguments ne forment jamais un test calcaire solide, comme dans les autres classes des Echinodermes, mais ils restent mous et coriaces, car l'incrustation de sels calcaires se borne au dépôt de particules de forme déterminée (spicules) disséminées dans leur épaisseur. Les unes, qui ressemblent à des ancres, à des roues, à des hameçons, sont placées superficiellement, tandis que d'autres qui ont la forme de baguettes ramifiées, de disques criblés, ou qui constituent des
1 Outre les travaux anciens de J. Planchus, Boliadsch, Pallas, 0. Fr. Mûller, Oken, etc., nous citerons particulièrement : G. F. Jaeger, De Holothuriis. Dissertio inaugnralis, Zurich, 1855. — J.-F. Brandt, Prodromus descriptionis animalium ab H. Mertensio in orbis terrarum circumnavigatione observatorum.Fasc. 1. Saint-Pétersbourg, 1855. — De Quatrefages, Mémoire sur la Synapte de Duvernoy. Ann. se. nat., 2° sér., vol. XVII, 1842. — J. Millier, Ueber Synapta digitata und iiber die Erzeugung von Schnecken in Holothurien. Berlin, 1852. — Gray, A description o[ Rhopalodina, a new form of Echinodermata. Ann. ofnat. hist., 2e sér., vol. XI, 1855. — A. Baur, Beitrâge zur Naturgeschic/tle der Synapta digitata. 5 Abhandlungen, Dresden, 1864, et Iena, 1805. — Kowalewsky, Beitrâge zur Enlwickelungsgeschichte der Holothurien. Saint-Pétersbourg, 1867. — Selenka, Beitrâge zur Anatomie und Systematik der Holothurien. Zeitsch. fur wiss. Zool., vol. XVII, 1867, et vol. XVIII, 1868. — C. Semper, Reisen im Archipel der Philippinen. Vol. I, Leipzig, 1868. — E. v. Marenzeller, Krilik adriatischer Holothurien. Verhandl. der zool. botan. Gesellscliaft. Wien, 1874. — H. Ludwig, Beitrâge zur Kenntniss der Holothurien. Arbeiten aus dem Zool. Institut. Wiirzburg, t. II, 1874.
Voyez encore les ouvrages ou Mémoires de Délie Chiaje, Lamarck, Sars, Dùben et Koren, Dalyell, Krohn, Leydig, Pourtales, Troschel, Ayres, A. Schneider, Costa, Selenka, Forbes, Grube, Verrill, A. Agassiz, W. Thomson, etc.
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plaques plus grandes de tissu calcaire spongieux, sont situées plus profondément dans le derme. Rarement la peau du dos est munie de grosses écailles (Psolus), qui peuvent même porter des appendices épineux: (Echinocacumis). Cette dernière conformation des téguments rappelle les plaques calcaires, qui se recouvrent à la manière des écailles, de certains Échinides (Échinothurides). Le squelette interne est représenté partout par un anneau calcaire solide, entourant l'œsophage, formé de dix pièces radiales et interradiales alternes, auquel se fixe les muscles longitudinaux de la peau.
On a considéré avec raison l'anneau calcaire comme une sorte de squelette interne et on l'a comparé morphologiquement aux auricules des Échinides (Baur), ce qu'indiquent les rapports de position des nerfs et des troncs aquifères. L'anneau calcaire doit son origine à la calcification de la membrane conjonctive péri viscérale qui limite le sinus œsophagien. Les pièces radiales et interradiales sont formées par l'agglomération de particules calcaires, réunies entre elles par du tissu conjonctif hyalin ou fibreux. Ce même tissu réunit aussi les différentes pièces, qui ne sont pas articulées entre elles. Exceptionnellement l'anneau calcaire peut être représenté par de petits groupes de réseaux calcaires indépendants les uns des autres (Cucumaria japonica). Les pièces radiales et interradiales offrent des formes très diverses, qui donnent de bons caractères pour classer ces animaux. Chez les Âspidochirotes les pièces interradiales et radiales sont acuminées en avant et, quoique de taille diverse, ont cependant la même forme; chez la plupart des Dendrochirotes au contraire les pièces radiales se continuent avec deux appendices qui entourent les cinq vaisseaux tentaculaires. Le nombre des pièces radiales est constamment de cinq, celui des pièces interradiales varie chez les Synaptides avec le nombre des tentacules, tandis que, chez les Holothuries pulmonées présentant plus de dix tentacules, il est toujours de cinq.
La symétrie bilatérale ne résulte pas seulement de l'apparition d'organes impairs, mais principalement de la distinction, souvent très nettement marquée, entre la face ventrale et la face dorsale. Parfois, comme chez certaines Cucumaria, la face ventrale est légèrement proéminente en avant, de sorte que le biviurn, et avec lui la face dorsale, paraissent être raccourcis. Ces Cucumaria pourraient être considérées comme le point de départ d'une série de formes, dont la dernière est représentée par le genre remarquable Rhopalodina, dont on a, pendant longtemps, si mal interprété l'organisation. L'extrémité supérieure de la région du corps, allongée en forme de cou, correspond au pôle oral et au pôle aboral, ce que confirme la position de l'orifice sexuei entre la bouche et l'anus. Le corps a la forme d'une fiole; son pôle inférieur correspondrait au milieu de la face ventrale, dont la moitié orale et la moitié anal»', et par suite leurs ambulacres, se trouvent recourbées sur les côtés opposés, disposition qui a été démontrée par IL Ludvvig, contrairement à l'interprétation erronée de Semper, qui admet la présence, non pas de cinq, mais de dix ambulacres, et qui par suite crée, dans l'embranchement des Échinodermes, pour la Rhopalodina, une classe spéciale (Diplostomidea)1. Les tubes ambulacraires ne sont pas
1 II. Ludwig, Ueber Rhopalodina lagcni forints Gray. Morphologische Studien an Echinodermeu. Leipzig, 1877.
partout situés régulièrement dans les cinq zones radiales, mais ils sont irrégulièrement dispersés sur toute la surface du corps (Dendrochirotes sporadipodes) ou bien ne se rencontrent que sur le trivium, où ils remplissent les fonctions d'organes locomoteurs. Dans ce cas, l'Holothurie se meut sur la face ventrale, qui est plus ou moins transformée en face plantaire (Psolus). En général les pieds ou tubes ambulacraires ont la forme de cylindres terminés par une ventouse; sur la face dorsale ils sont souvent coniques, sont dépourvus de ventouses et constituent les papilles ambulacraires. Les tentacules, qui sont aussi en communication avec le canal aquifère annulaire, et que l'on doit considérer comme des appendices ambulacraires modifiés, sont simplement cylindriques ou pelles [Aspidoéhirota), ou rarement pinnés, ou fréquemment ramifiés (Dendrochirota). On ne rencontre que rarement un deuxième cercle interne de petits tentacules (Phyllophorus). Les tentacules buccaux existent partout sans exception, mais par contre dans une série de formes les tubes ambulacraires et même avec eux les canaux radiaires de l'appareil aquifère font complètement défaut (Synaptides), et les seuls appendices ambulacraires qui restent sur l'anneau œsophagien sont les tentacules. La présence des pieds ambulacraires est un des caractères essentiels du type des Échinodermes; aussi cette réduction a-t-elle une grande importance au point de vue de la classification, et doit-elle être prise en considération tout spécialement dans l'établissement des divisions primaires (Pedata, Apoda1), d'autant plus que les canaux radiaires et les .tubes ambulacraires apparaissent de très bonne heure dans le jeune animal.
Les mouvements du corps sont principalement sous la dépendance de l'enveloppe musculo-cutanée, qui est très développée, et qui constitue une couche continue de muscles circulaires tapissant le derme, d'où se détachent à la face interne cinq muscles longitudinaux radiaires, formés chacun de deux moitiés. Ces muscles s'insèrent sur les pièces radiales de l'anneau calcaire, directement ou bien par des faisceaux particuliers, qui traversent la cavité viscérale ; ils fonctionnent comme rétracteurs de l'œsophage (Dendrochirota) et déterminent l'invagination de la bouche.
L'extrémité antérieure du corps, avec le disque buccal et la couronne de tentacules qui l'entourent, n'est bien distincte et proboscidiforme et complètement
,r. 435. — Synapta inhaeretts, d'après Quatrefages. — 0, bouche ; A, anus. On aperçoit le tube digestif par transparence à travers la peau.
1 Contrairement à l'opinion de Brandt, qui divise les Holothuries en Pneumonopkora et Apneumona.M&is les poumons apparaissent à une période du développement embryonnaire bien postérieure, et, abstraction faite de leur fonction douteuse comme organe de la respiration, n'ont certainement pas la même importance pour l'Échinoderme que les pieds et les vaisseaux ambulacraires.
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rétractile que chez les Dendrochirotes, de sorte que le disque buccal peut s'invaginer et former un enfoncement infundibuliforme . L'œsophage est cylindrique, légèrement rétréci en arrière, et s'étend jusqu'au bord postérieur de l'anneau calcaire. Le segment suivant du tube digestif, que l'on peut considérer comme l'estomac, est d'ordinaire également court; il est souvent séparé par un léger étranglement de l'intestin moyen ou intestin grêle, et représente une sorte d'estomac musculeux. L'intestin est long, décrit une double circonvolution, et se termine par un large cloaque fixé par des muscles rayonnes à la paroi du corps. L'intestin n'est que rarement simple et étendu en ligne droite; d'ordinaire il décrit une double courbure. Dans sa partie antérieure il est suspendu par un mésentère, au milieu de la face dorsale. La portion ascendante de l'intestin et la portion descendante qui lui fait suite, sont aussi fixées par des replis mésentériques à deux aires interradiaires. Chez les Dendrochirotes il existe dans son intérieur plusieurs replis transversaux de la muqueuse, qui portent des vaisseaux sanguins, et qui fonctionneraient comme des branchies intestinales (?).
Le système nerveux est situé dans le disque buccal, contre l'anneau calcaire ; il en part cinq troncs qui passent par des ouvertures existant dans les cinq pièces radiales. Ces troncs envoient des branches aux tubes ambulacraires et aux téguments. Baur considère comme vésicules auditives dix petites vésicules situées à l'origine des nerfs radiaires des Synaptes. Le vaisseau annulaire du système ambulacraire entoure l'œsophage, au-dessous de l'anneau calcaire, et envoie en avant aux tentacules buccaux des canaux vasculaires avec des sacs accessoires et des ampoules. Au vaisseau annulaire sont annexés des vésicules de Poli, le plus souvent une seule, ainsi qu'un ou plusieurs canaux pierreux, qui peuvent se ramifier et se terminent dans la cavité viscérale par une extrémité libre, incrustée de calcaire, percée de pores, et comparable à une plaque madréporique. Le vaisseau annulaire envoie dans les rayons, sauf chez les Synaptides, des troncs vasculaires qui traversent avec les troncs nerveux les ' plaques radiales de l'anneau calcaire, se prolongent dans les ambulacres au milieu des champs musculaires, en envoyant, chemin faisant, des branches munies d'ampoules aux tubes ambulacraires. La cavité viscérale, tapissée d'un épithélium cilié, est très spacieuse. On doit considérer comme en faisant partie des sinus qui communiquent avec elle, un sinus œsophagien, qui sépare la paroi de l'œsophage de l'anneau calcaire, puis un sinus œsophagien accessoire et un sinus génital. Les ouvertures, par lesquelles l'eau de mer pénètre dans la cavité viscérale, se trouvent probablement dans la paroi du cloaque. Dans le système vasculaire sanguin on distingue un vaisseau dorsal et un vaisseau abdominal sur l'intestin. Le premier est formé par deux vaisseaux réunis par des réseaux, dont l'un (libre) envoie sur la branche ascendante de l'intestin une espèce de réseau admirable, qui, chez les Aspidochirotes et les Molpadides, entoure le poumon gauche. Au point où la branche ascendante se recourbe pour se continuer avec la branche descendante, le vaisseau libre et le vaisseau intestinal se confondent plus ou moins, et finissent par se terminer à quelque distance du cloaque. En avant le réseau vasculaire dorsal donne des branches aux glandes sexuelles. Le vaisseau ventral, plus simple, forme également des réseaux, qui rampent dans la tunique conjonctive de l'intestin et communiquent
avec ceux du vaisseau dorsal par de grosses anastomoses transversales. Sur le vaisseau annulaire aquifère, les réseaux vasculaires dorsal et ventral sont unis par un plexus circulaire. Un fait important, déjà connu de Tiedemann, c'est que le vaisseau ventral se contracte du milieu vers ses deux extrémités et par conséquent fonctionne comme cœur.
On considère comme des organes respiratoires les appendices ramifiés et arborescents de l'intestin terminal, ou poumons, dans lesquels l'eau pénètre par le cloaque, et dont le gauche, du moins chez les Aspidochirotes, est -entouré d'un réseau de vaisseaux sanguins. Les poumons sont le plus souvent au nombre de deux, mais il y a des Holothuries qui en possèdent trois (Haplodactijla molpadioides) ou quatre (Psolus complanatus, Echinocucumis adversaria, Rhopalodina). Chez les Synaplides ils n'existent point, mais on rencontre dans le mésentère des organes ciliés en forme d'entonnoir, isolés ou réunis par groupes, qui s'ouvrent dans la cavité du corps. Ils rappellent les canaux ciliés des Siponculides, qui ont la même connexion, et, de même que ceux-ci, servent peut-être à faire circuler le liquide de la cavité viscérale, ou bien sont des organes d'excrétion. Jusqu'ici on considérait généralement comme des organes d'excrétion d'autres appendices des cloaques, qui n'existent pas toujours (les Synaptides n'en possèdent jamais), connus sous le nom d'organes de Cuvier. Cependant Semper a récemment contesté qu'ils aient une structure glandulaire; ils serviraient, suivant lui, de moyens de défense, et pourraient à volonté être rejetés par le cloaque.
Les organes sexuels forment un ou deux (Stichopus et Dendrochirotes) groupes de tubes ramifiés, dont le conduit excréteur commun est situé dans le mésentère dorsal et vient s'ouvrir en avant sur la face dorsale (Aspidochirotes et Synaptides), ou entre les deux tentacules dorsaux (Dendrochirotes). Chez les Tkyones, l'orifice mâle est situé sur une proéminence filiforme, qui fonctionne peut-être comme un organe d'accouplement. Les Synaptides et aussi, suivant Semper, les Molpadides sont hermaphrodites et produisent dans les mêmes follicules des œufs et des spermatozoïdes, mais pas toujours en même temps. Le développement est fréquemment direct ; quand il existe des métamorphoses compliquées, les larves ont la forme d'AuricuIaria et passent par l'état de nymphe en forme de tonneau. Dans quelques cas les jeunes, dont les mères sont probablement vivipares, restent longtemps fixés sur le dos de celles-ci (Cladodactjjla crocea) ; d'autres fois ils se développent dans une véritable poche marsupiale sur le dos de la femelle, où de grandes écailles calcaires saillantes audessus des téguments et portées par des pédoncules, recouvrent des cellules renfermant les œufs (Psolus ephippiger).
Les Holothuries sont en partie des animaux nocturnes. Elles vivent le plus souvent près des côtes, dans des endroits peu profonds, où elles rampent lentement. Dans les régions septentrionales, elles paraissent en général habiter des eaux plus profondes. Les formes apodes se meuvent par les contractions de leur corps •et à l'aide des tentacules buccaux ; les Synaptides s'enfoncent dans le sable. Leur nourriture consiste en petits animaux marins, chez les Dendrochirotes amenés à la bouche par des tentacules. Les Aspidochirotes remplissent leur intestin de table, qui est entraîné au dehors par le courant déterminé par les poumons.
452 PEDATA.
Elles peuvent rejeter (principalement les Aspidochirotes) facilement par l'ouverture de l'anus le tube digestif tout entier, qui se déchire toujours en arrière du vaisseau annulaire, et peut se reproduire de nouveau. Les Synaptes morcellent leur corps en plusieurs parties par des contractions musculaires énergiques, quand on les tourmente, et quelques espèces de Stichopus possèdent, suivant Semper, la propriété de transformer leur peau en mucus. Parmi les nombreux parasites des Holothuries, qui vivent soit dans les poumons et la cavité viscérale, soit sur- la peau, les plus intéressants sont de petits Poissons appartenant au genre Fierasfer, ainsi que le fameux Gastéropode Entoconcha Mûtteri dans la Synapta digitata (aussi dans lïlolothuria edulis, suivant Semper). On a aussi rencontré comme parasites des espèces de Pinnotheres, Etdima, Stylifer, ainsi que ÏAnoplodium Schneubri.
lieaucoup de formes sont cosmopolites (Holothuria atra, arenicoia, impatiens), du moins elles habitent les mers tropicales, tout autour du globe; H. impatiens a été trouvée dans la Méditerranée. Trois espèces identiques des côtes orientales et occidentales de l'Amérique centrale {H. impatiens, subdivisa, glaberrima), de même que quelques autre exemples analogues offerts par les Poissons, semblent prouver que des émigrations ont eu lieu avant la formation de l'isthme de Panama. Les genres les plus répandus, tels que Holothuria, Thyone, Psolus, Cucumaria, Haplodaetyla, Chirodota, Synapla, semblent avoir eu comme centre primitif l'océan Indien. Quelques espèces, par exemple Synapta similis, vivent dans l'eau saumâtre.
Jusqu'à présent on ne sait que fort peu de chose sur la présence des Holothuries dans les époques géologiques antérieures à l'époque actuelle. On a décrit de nombreux corpuscules calcaires fossiles provenant de la peau des Synaptides et des vraies Holothuries; les plus anciens provenaient des terrains jurassiques.
i. ORDRE PEDATA
Holothuries pourvues de poumons ef de tubes ambulacraires, tantôt régulièrement distribués dans les aires radiales, tantôt disséminés sur toute la surface du corps, à se.ces séparés.
1. Fam. Aspidochirotae. Tentacules sculiformes, qui possèdent des ampoules faisant librement saillie dans la cavité viscérale. L'anneau calcaire se compose de 5 grandes pièces radiales et de 5 pièces interradiales plus petites. LVesophage est dépourvu de muscles rétracteurs. Le poumon gauche muni de vaisseaux venant du réseau dorsal. D'ordinaire un seul groupe de follicules sexuels sur l'un des cùlés du mésentère (à l'exception des Stichopus) .
Stichopus Brdt. Corps prismatique à quatre faces, 20 (18) tentacules. Tubes ambulacraires sur des tubercules, disposés sur 5 rangées longitudinales à la (ace ventrale aplatie. 2 groupes de- follicules sexuels dans le mésentère. St. regalis Cuv., Méditerranée. St. naso. varieyatus S., Philippines. St. japanicus Slk. , Japon.
Holothuria L. 20 (rarement 25 ou 50) tentacules. Tubes ambulacraires disséminés sur
PED.VTA. 453
la face ventrale aplatie, ceux de la face dorsale convexe papilliformes et disposés en rangées. Anus rond ou étoile. //. lulndosa Cmel. (Hololhuria. Tubes ambulacraires de la face ventrale beaucoup plus nombreux que les papilles du dos), Adriatique et Méditerranée. //. ititestinalis Rathke, nier du Nord. //. atra Jâger. Vit par troupes dans les endroits sablonneux des récifs de Coraux, îles Viti, Philippines.*/?, edulis Less.,Molluques, Nouvelle- Hollande; avec //. tremula, vagabunda et quelques autres espèces, est l'objet d'un commerce sous le nom de Trépang. //. (Bokadschia Jiiger, anus étoile à 5 brandies) argus J;ig. Célèbes. //. vitiensh S. //. ocellata Jàg., Célèbes. H. [Stichopodes S. Tubes ambulacraires en rangées) Graeffei S. Luçon. //. monacaria Less., côtes orientales d'Afrique, Australie. //. [Sporadiptts Gr. Pieds ambulacraires épais sur le dos, les autres caractères des Holothuries). Sp. impatiens Forsk., Adriatique (cosmopolite). Sp. arenicola S., Bohol. Sp. Poli Defle Ch., Adriatique et Méditerranée. Sp. glabra Gr. (Sp. Slellati Délie Gh.), Méditerranée.
Mûlleria Jag. 20 ou 25 tentacules. Face ventrale plane munie de pieds simples, liés nombreux, face dorsale convexe munie de pieds plus rares. Anus armé de 5 dents calcaires. .1/. lecanora Jàg., Philippines. M. nobilis SIL, Bohol. .1/. Agassizii Slk., Floride.
Labidodemas Slk. 20 tentacules. Tubes ambulacraires disposés par paires sur 5 rangées longitudinales. L. Sempetianum Slk., îles Sandwich. Aspidochir Brdt. 12 tentacules. Pieds ambulacraires sur ."> rangées, manquant en avant. Poumon divisé en 5 lobes. A. Mertensii Brdt., ile Sitcha.
2. Fam. Dendrochirotae. Tentacules ramifiés arborescents. Œsophage muni de muscles réfracteurs. Poumon gauche non entouré de vaisseaux. Organes sexuels formant deux groupes, un de chaque côté du mésentère.
a. Pieds ambulacraires distribués également sur tout le corps, sans être disposés en rangées (Sporadipoda) .
Tlujone Oken. 10 Tentacules. Anus avec des dents calcaires. Tli. fusus <». Fr. Mûll., Méditerranée, mer du Nord, etc.. Th. villosus S., Cébu. Th. raphanus Dub. Kor., Bergen. Th. (Stohis. Anus sans dents) gibber Slk., Th. Panama. St. firma Slk., Chine.
Thyonidium Pub. Kor. 20 tentacules, cinq paires plus grandes, cinq paires plus petites, alternes. Tubes ambulacraires souvent moins nombreux dans les rayons. Th. pellucidum Vahl., mers de l'Europe septentrionale. Th. Drummondii Thomps., Sund, Irlande. Th. cebuense S.
Orcula Tr. 15 tentacules, dont 5 plus petits. Anus dépourvu de dents. 0. Barthii Tr., Labrador. 0. punctata Slk., Charleston.
Phyllophorus Gr. 12-16 tentacules et en dedans un cycle de 5-6 tentacules plus petits. Pièces radiales de l'anneau calcaire perforées comme chez les Synaptides. Ph. urna Gr., Palerme, Naples. Ici se placent les genres Hemicrepis J. Midi. (//. (jranuJatus Gr.), Stereoderma Ayr.
/-. Tubes ambulacraires disposés en rangées distinctes. Les aires interradiales en sont presque toujours dépourvues (Stichopoda).
Cucumaria Blainv. Corps cylindrique à section sub-pentagone. 10 tentacules. Tubes ambulacraires simples, semblables, disposés en séries longitudinales dans les aires radiales. C. frondosa Gunner, C. pentactes L., mers septentrionales de l'Europe. C. Pldnci Brdt. (C. doliolum Aut.), Trieste. C. cucumis Risso, Adriatique et Méditerranée. C. Korenii Lùlk., mer du Nord.
Ocnus Forb. 10 tentacules. Sur le dos une seule rangée de tubes ambulacraires. Grosses écailles calcaires dans la peau. O. lactexis Forb., Norvège. O. minutus Fabr., Groenland. 0. assimilis Dub. Kor., Norvège. 0. Kirchsbergii Ilell., Adriatique.
Cladodactyla Less. 10 tentacules longs, fragiles, ramifiés. Aires interambulacraires latérales entre le bivium et le trivium très larges. Cl. crocea Less. Probablement vivipare. Les jeunes sont fixés sur les appendices ambulacraires rudimentaires du bivium.
ColochirusTv. 10 tentacules. Sur le dos des papilles ambulacraires seulement;
45i APODES.
les tubes ambulacraires de la face ventrale sur deux rangées nettement séparées. Anus avec des dents calcaires. C. doliolum Pall., Cap.
Ecliiiwcucumis Sars. 10 tentacules. Tubes ambulacraires sur cinq rangs. Peau recouverte d'écaillés calcaires portant chacune un long piquant. E. typica Sars., Norvège. E. adversaria S. Bohol.
Psolus Oken. Les tubes sont disposés en séries dislinctes sur un disque ventral nettement limité; la face dorsale, dont la peau coriace renferme de grandes écailles calcaires irrégulières, en est dépourvue. Ps. phantapus Strussenfeldt, mer du >'ord. Ps. antarcticus Philip., détroit de Magellan. Ps. ephippiger W. Th. Les embryons se développent sur le dos de la femelle.
5. Fam. Rhopalodinidae. Corps en forme de fiole; interradius de la face dorsale raccourci, trivium renflé sur la face ventrale. Tentacules pinnés. Bouche et anus situés l'un près de l'autre au bout de l'extrémité du corps allongée en cou.
Rhopalodina Gray. Bouche avec 10 tentacules pinnés. Anus entouré de 10 papilles radiales et de cinq saillies pointues interradiales. Dans chaque ambulacre une double rangée de lubesa